En 1917, le lieutenant-colonel Souvairan de passage à Vissoie est invité par le curé Francey à assister aux cérémonies de la Fête-Dieu. Subjugué par la vivacité des traditions locales, il s’intéresse aux Mythes, contes et légendes de la région et publie Les légendes du val d’Anniviers.
Anniviers depuis le Besso 3669 mètres.
Un exemplaire de l’édition 1928 qui dormait dans une bibliothèque privée bâloise m’a été offert en 2000, c’est ma plus ancienne référence sur les mythes locaux. Je connaissais toutes les légendes par d’autres ouvrages parus plus tardivement, mais les mots ont ici la saveur du premier témoignage. Le fascicule se délite, je l’ai numérisé pour le sauvegarder et le partager, ce que je compte faire ces prochaines années avec les ouvrages qui ne seront d’évidence pas réédités. Bonne lecture !
Le site annitrek mue, il change de forme, de fonction et d’extension. Il mute également, en passant du pratique et efficace Google Sites à WordPress aux possibilités infinies. J’avais fixé le transfert au 4 septembre, premier jours de mon 50ème tour du soleil, la date est respectée malgré les manques. Soyez indulgents, le travail ne sera pas terminé de mon vivant; il se corrigera, évoluera, s’améliorera… Il y a eu de légers problèmes techniques au transfert du blog et de ses 400 articles, on retrouve néanmoins toutes les publications depuis 2009. Pour le reste, un petit film vaut mieux qu’un long article. A bientôt !
Dès le 4 septembre, le site annitrek et ce blog migreront vers une nouvelle version plus esthétique avec de meilleures possibilités d’intégration.
L’évolution du web et l’arrêt définitif des activités d’animation obligent cette adaptation. Peu de changements au niveau des informations partagées, mais un environnement plus beau et, hélas, de la publicité pour amortir les frais d’hébergement. Le premier article du blog.annitrek.ch était publié en 2009, il en compte 410 début août 2022 et totalise 173’500 vues.
Et si vous êtes fous, inscrivez-vous au trail du Besso. Merci pour votre confiance, à bientôt !
Un hiver moyen, mais du bon côté de la moyenne, pour imager l’impression générale. Avec 463 cm de cumul, il manque 76 cm pour atteindre la moyenne des 20 derniers hivers, le mercure n’est pas descendu sous -20° et les vents n’ont jamais atteint les 120 km/h à la Corne 2900m, nous avons un record de jours de beau temps. Donc côté météo une saison facile. Les remontées mécaniques m’engagent dès que l’enneigement permet de recevoir les premières équipe à l’entraînement, lundi 8 novembre pour ce millésime. Les compétiteurs apprécient la neige artificielle, les pistes maîtrisées, extrêmement dures sans pour autant tourner en glace. Ils ont trouvé leur compte dès novembre puis tout l’hiver sur les stades de la Corne de Sorebois.
La « vraie » neige s’est installée début décembre, discrètement mais résolument. Nous sommes souvent restés dubitatifs en regardant alternativement le terrain, la météo et le calendrier, mais le « produit pistes de ski » mérita son tarif tout l’hiver.
La nature a fait le spectacle, je retiens particulièrement le coucher du soleil exceptionnel du 23 décembre et la pleine lune du 18 mars. Cette journée fut remarquable en beaucoup de points, record de température l’après-midi, pourrissement du manteau jusqu’à 3000m, pleine lune exceptionnellement claire en soirée. Notons aussi les magnifiques périodes de beau temps la deuxième quinzaine de janvier et tout mars; vivre et travailler en montagne était euphorisant. Le « système » reprenait également vie après deux saisons marqués par la pandémie de coronavirus, nous avons retrouvé un mode de fonctionnement presque normal, les restaurants ouverts permettaient de s’abriter et de consommer, du moins pour ceux qui s’étaient pliés à la dictature du du pass sanitaire. L’épisode nous aura au moins rappelé que l’état est la principale limite à nos libertés individuelles, que son pouvoir est immense, que mépriser la politique est dangereux. Voter, faire en sorte que l’addition des intelligences domine l’opinion, est notre seul rempart contre les idées corrompues.
Nous avons expérimenté à Sorebois la télécabine inaugurée en décembre 2020 enfin à plein rendement. Contrairement à certaines craintes, la circulation est restée fluide même s’il fallait parfois un peu attendre à l’intermédiaire, et accepter de voyager avec des inconnus. Le masque est resté obligatoire dans les transports publics fermés, donc les cabines, une bonne partie de l’hiver.
Les chocards s’habituent à partager le ciel avec la nouvelle installation.
Ce fut mon plus long hiver au service des remontées mécaniques, du 8 novembre au 24 avril. Nous avons skié sur de l’artificiel, un peu de neige est arrivé début décembre, puis de quoi passer de bonnes fêtes en fin de mois. Le faible enneigement et les températures de décembre ont gelé le terrain ce qui se fait rare, nous n’avons pas connu de problèmes de reptations dans le vallon. Toujours du bon côté de la limite les pistes ont tenu jusqu’en février où nous avons enfin dépassé le mètre de couche à 2500m, mars est resté beau et sec à l’extrême, et quelques giboulées en avril ont entretenu l’essentiel du domaine jusqu’à la fermeture. Il a fait trop beau, trop sec, trop chaud. Pour parfaire l’impression de dérèglement climatique, les incursions de sables du Sahara longtemps en suspension dans un air trop chaud laissaient perplexes pour ne pas dire plus.
Ciel sablé le 18 mars à 9h
La météo n’est qu’un des facteurs surprenant dans l’équation actuelle des stations de ski; le comportement des touristes, des dirigeants, l’évolution du contexte social et économique posent bien des questions pour notre avenir dans cette industrie. Les clients connaissent évidemment la montagne, ils méprisent panneaux, filets et consignes du personnel car en plus de sachoir ils assument. Jusqu’aux problèmes quand eux-mêmes, leurs assurances et leurs familles cherchent un responsable. Les dirigeants veulent le beurre, l’argent du beurre, ne pas payer la crémière et endetter au maximum les sociétés pour se partager les investissements. Dans le contexte dépenser autant d’énergie électrique et de pétrole pour faire des glissades sur des pistes bien lisses sécurisées à coups de tonnes d’explosifs semble absurde. Mais reste-t-il un choix pour les régions de montagne, pouvons-nous faire autre choses que vendre des loisirs à ceux qui peuvent se payer le droit de polluer pour le fun.
Une petite saison au niveau des records également, les -20° n’ont pas été dépassés à la Corne de Sorebois 2900m et je me demande souvent s’il ne serait pas plus amusant de noter les records de chaleur. Le -18.8° qui occupe la deuxième place est arrivé début décembre, j’attendais des valeurs intéressantes pour les archiver mais le mercure est resté clément pour les frileux et cruel pour la neige. Je n’ai noté qu’un -17.7° pour la médaille en chocolat et ne vois pas l’intérêt de chercher les valeurs suivantes.
-17.7° le 03.04.2022 à 07h00
Rien non plus de bien folichon du côté des vents, un record à 114.1 km/h c’est du léger. Les courants du sud-ouest ont largement dominé la saison, ils viraient nord à l’arrivée des principales perturbations qui animèrent l’hiver. Comme le SLF, MétéoSuisse préfère surévaluer un situation que se laisser surprendre, nous avons plusieurs fois rangé le balisage suite à des alertes, pour finalement quelques bourrasques.
103 km/h WNW 296° le 09.01.2022 à 04h00, 96.5 km/h W 260° le 08.04.2022 à 03h30, 95.8 km/h WNW 292°, le 29.12.2021 à 00h30, 73.8 km/h W 276° le 04.12.2021 à 05h30, 65.5 km/h SSW 197° le 03.11.2021 à 08h00.
Il est tombé 463 cm de neige du 1er novembre au 30 avril à Sorebois 2500m, soit 76 cm de moins que la moyenne des hivers depuis l’an 2000. La moyenne du millénaire à perdu 4cm pour se fixer à 535 cm. La neige naturelle s’est installée début décembre sur un terrain gelé, ce qui devient rare et permet d’éviter les problèmes de reptation. Nous avons dépassé le mètre à Sorebois le 7 février, ce qui est tardif. Le printemps précoce à dégarni Zinal à la mi-avril, les amateurs de ski de randonnée ont dû beaucoup porter pour atteindre les cabanes. J’ai réuni le cumul par quinzaines et les courbes des couches sur le même tableau, il montre bien l’arrivée tardive du mètre nécessaire pour bien apprécier Sorebois.
02.11.2021 = 08 cm, 04.11.2021 = 21 cm, 14.11.2021 = 02 cm, 26.11.2021 = 03 cm, 27.11.2021 = 04 cm, 28.11.2022 = 09 cm, 29.11.2021 = 03 cm, 30.01.2021 = 01 cm, Total novembre 51 cm
02.12.2021 = 04 cm, 03.12.2021 = 05 cm, 04.12.2021 = 17 cm, 05.12.2021 = 24 cm, 07.12.2021 = 05 cm, 08.12.2021 = 10 cm, 09.12.2021 = 32 cm, 11.12.2021 = 11 cm, 27.12.2021 = 03 cm, 28.12.2021 = 08 cm, 29.12.2022 = 11 cm, 30.12.2021 = 17 cm, Total décembre 147 cm
05.01.2022 = 14 cm, 06.01.2022 = 04 cm, 09.01.2022 = 18 cm, 10.01.2022 = 12 cm, Total janvier 48 cm
01.02.2022 = 08 cm, 02.02.2022 = 09 cm, 03.02.2022 = 07 cm, 07.02.2022 = 20 cm, 11.02.2022 = 03 cm, 12.02.2022 = 08 cm, 15.02.2022 = 06 cm, 17.02.2022 = 13 cm, 19.02.2022 = 04 cm, 22.02.2022 = 18 cm, Total février 96 cm
14.03.2022 = 01 cm, 15.03.2022 = 02 cm sablés, 31.03.2022 = 02 cm, Total mars 05 cm
01.04.2022 = 06 cm, 02.04.2022 = 25 cm, 03.04.2022 = 11 cm, 07.04.2022 = 03 cm, 08.04.2022 = 28 cm, 09.04.2022 = 13 cm, 10.04.2022 = 09 cm, 24.04.2022 = 06 cm, 25.04.2022 = 07 cm, 26.04.2022 = 04 cm, 30.04.2022 = 04 cm, Total avril = 116 cm
Je note tous les matins la proportion du ciel occupée par des nuages à 8h, en cas d’absence j’utilise la webcam de la Vouarda. La saison fut belle avec 81 journées de beau temps, 43 avec moins de 50% de nébulosité et 57 avec une impression de mauvais avec plus de 50% de nébulosité. Le tableau ci-dessous place les journées dans ces trois catégories par quinzaines. Sur le compte je trouve seulement 29 matins complètement bouchés pour 62 de grand ciel bleu.
Le SLF publiait un premier bulletin régional le 27 novembre, Anniviers restait en degré 1 pour passer en deux le 29. Un bulletin pour le lendemain sort à 17h, il a tendance à prédire le pire; sur les cinq journées placées en degré 4 seules deux méritaient les précautions d’usage. L’épisode le plus anxiogène pour les services de sécurité s’est déroulé pendant les fêtes de fin d’année avec les stations pleines. Nous avons retrouvé le premier degré le 17 janvier, puis avons sagement attendu février pour frissonner quelque peu. Au printemps, les pentes dangereuses ont peu résisté aux déclenchements artificiels, les talus exposés et pentus sous 2500m se sont découvertes tôt et n’ont plus posé de problèmes. Sur les 165 jours, j’en ai compté 40 en degré 1, 66,5 en degré 2, 53,5 en degré 3 et 5 en degré 4 fort, dont 10 jours où le degré de danger changeait suite au réchauffement diurne.
En additionnant les degrés de danger par jour j’obtiens mon taux de stress du patrouilleur, soit 333 pour cet hiver 2022, soit 17 point de plus qu’en 2021. Le record reste à 395,5 points pour l’hiver 2018, qui battit d’un point et demi le remarquable millésime 2018 grâce aux neiges précoces de novembre. Je peux qualifier cet hiver de tranquille, les remontées mécaniques ont économisé de la munition. Les stats des accidents d’avalanches en Suisse et dans les Alpes confirment la relative tranquillité de l’hiver. Remarquez que j’ai enfin adapté mon graphique aux couleurs officielle.
Avec 6 cm mesurés le 1er avril au matin, nous avions déjà fait mieux qu’en mars. Des vents du nord apportèrent de l’air polaire et, enfin, quelques précipitations qui débordèrent à peine des Alpes bernoises. Le dimanche 3 au matin nous avions déjà 42cm supplémentaires en montagne, et la station était à nouveau blanche d’une vingtaine de cm. Les températures fléchirent jusqu’à -8.3° à Zinal et -17.7° à Sorebois le 3, elles n’iront pas plus bas cette saison. Le minage de cette première dégradation laissa peu de résultats, nous avons profité de quelques jours de bon skis et étions quelque peu rassurés, nous allions tenir jusqu’au 24, jour de la fermeture.
La Tzoucdana et les plats de la Lée le dimanche 3 à midi.
Après une petite accalmie et précédée d’un belle hausse des températures, une petite tempête aborda le pays le 7 avec des vents d’ouest modérés, plus belle rafale à 96 km/h le 8 au petit matin. Je notais le 10 un cumul de 53 cm en quatre jours, de quoi nous renvoyer à la mine pour la dernière fois de la saison. Les températures restèrent en-dessus des normes avec un soleil bien présent jusqu’au dernier week-end d’ouverture. Si bien que je me demande parfois s’il n’est pas obsolète de tenir blog sur la neige, je devrais m’intéresser aux fleurs observables bien plus longtemps.
Les fleurs d’avril en montagne, cliquez pour agrandir.
Derrière de gauche à droite : saxifrage à feuilles opposées au sommet de Durand, pulsatilles et tussilages photographiés à la Combe le 17 avril. Dessous des gentianes de Koch, soldanelles et crocus vus à Zinal le 22. J’ai également trouvé quelques morilles le 13 sous le village de Pinsec. Le printemps est précoce, la vallée libre de neige voit un réveil prématuré de la végétation, les pentes exposées au soleil sont libres de neige quelques jours après les dernières précipitations qui ne tiennent pas sur une terre déjà chaude.
La saison touristique traina en longueur, les températures nous obligèrent à fermer certaines pistes définitivement et d’autres l’après-midi. Ce n’est pas toujours facile à expliquer aux clients qui n’ont pas conscience du danger que représente la neige mouillée.
Le vendredi 23, deux personnes ont traversé les avalanches de l’arête du Col pour skier le secteur des Italiens, une exposition nord où la couche subsistait. C’est heureusement le premier arrivé qui déclencha une grosse coulée. Le 19 avril 2003 au même endroit, un père déclencha une avalanche similaire alors que son jeune fils était engagé dans la pente, il ne survécut pas.
Couloir des Italiens le 22 avril à 15h30
C’est incompréhensible pour nous, comme de se jeter dans une mer où tournoient des ailerons de requins. Ils sont ensuite revenus sur leurs pas, autant malhabiles sur des skis qu’à pied dans le terrain. Pour éviter que la saison se termine par un drame, un patrouilleur est resté les deux jours suivants pour compléter le filet et les panneaux d’interdiction. La neige était vraiment pourrie la dernière semaine, le lac s’est doucement formé au fond de Barthélémy, des téméraires se sont amusés au waterslide.
Le lac de Barthélémy le 21, la piste fermait l’après-midi.
Nous avons subi quelques giboulées les 24, 25 et 26 pour un total de 17 cm sur lesquelles s’ajoutèrent 4 cm le 31 au matin. Le total d’avril est d’un bon 116cm, la dernière perturbation laissa ses flocons au mois de mai qui n’entre pas dans mes calculs. La moyenne des extrêmes donne une température dans les normes pour avril, la sensation générale est restée douce. Il était vraiment temps de fermer les pistes le 24, même si les tronçons enneigés artificiellement auraient pu terminer le mois. Retrouvez au bout des liens le bulletin climatologique avril 2022 de MétéoSuisse et mes mesures sur la feuille de calcul avril 2022.
Avec 5 cm de cumul de neige fraîche, une température moyenne sur la Corne à 8h de -6.5° et une nébulosité moyenne de 18%, mars sembla exceptionnellement beau, doux et sec. Les sensations et la mémoire se jouent de nous, j’ai vérifié les chiffres depuis depuis 2015, je sers la science et c’est ma joie. Il n’est tombé qu’un cm de neige en décembre 2016, notre mars est en deuxième position suivi de décembre 2015 avec 7 cm. Par contre, le 18% de nébulosité en font le mars le plus ensoleillé, les -6.5° mesurés le matin à la Corne 2900m sont moins d’un degré sous la moyenne
Des chiffres mensuels rares; le côté exceptionnel vient de la nature de la nébulosité que je note chaque matin à 8h en % du ciel occupé par des nuages. C’est subjectif, on peut comparer mes évaluations à l’historique de la webcam de la Vouarda, que j’utilise mes jour d’absence. Du 11 au 20, une remontées de sables du Sahara a troublé l’atmosphère de particules très fines et persistantes. Le phénomène arrive régulièrement, on trouve souvent dans les profils un couche de sable, parfois rougeâtre, en plus ou moins fine couche d’après qu’elle soit déposée par le vent ou accompagnant un épisode neigeux. Le sable était cette fois beige-gris et extrêmement fin, dix jours durant l’air est resté laiteux. Le 18 mars, journée charnière, pleine lune, l’air semblait plus pure à la Corne et j’envoyais le drone faire un panoramique vers 11h. Comment juger ce type de nébulosité, cette « laitosité » en pourcentage du ciel occupé par des nuages?
Ce même 18 mars dans l’après-midi l’athmosphère devint étouffante, je mesurais 4.8° à 13h à la Corne de Sorebois, des cumulus se formèrent, ils libérèrent quelques flocons en fin de journée. Le manteau n’avait pas encore mouillé en profondeur en amont de Sorebois, la couche régulière de plus d’un mètre transforma complètement. Nous avions pris quelques coups pour tester les pentes à la fermeture des pistes. Au vu des résultats su l’arête du Col nous somme retourné en station faire le plein avant de miner les pentes pourries proches des pistes et des installations. Je déclenchais une spectaculaire coulée sous la ligne du télécabine avec 2.5kg, les copains obtenaient aussi de bons résultats sur le col.
Tsarmettaz et le Col après le minage du 18 à 17h.
Ce fut l’unique minage du mois, nous avons dépensé trente coups de 2,5 kg pour nous ôter tout souci jusqu’en avril. On observait tussilages et crocus sur les pentes dangereuses sous 2500m. Un refroidissement stabilisa le manteau, nous avions perdu 4° le 19 au matin déjà, et 4° de moins le 22 avec -16.2 à 8h à la Corne. La neige regelée était partout stable mais le ski hors-pistes quasi impraticable. Le 21 nous démontions le matériel sur la piste de l’Aigle, irrécupérable même avec un improbable mètre de neige. Le 29 une perturbation annoncée et précédée d’un nouvel épisode sableux et doux troubla l’air, le 30 arrivèrent les premiers nuages, je mesurai 2cm le 31 au matin, ils portèrent le cumul définitif du mois à… 5 centimètres
Encore un beau mois facile à vivre, avec assez de neige pour proposer de superbes pistes et peu de soucis d’avalanches. Selon le bulletin climatologique mars 2022 il a encore fait trop beau et trop doux sur tout le pays, c’est litanique si le mot existe. Les profils publiés le 14 du mois montrent bien l’état du manteau avant le grand redoux-dégel. Il restait 90cm à 2500m pour débuter avril, 7cm en station, un peu plus sur les plats de la Lée qui bénéficient d’un effet « lac de froid » quand l’air est très stable. Trouvez les mesures illustrées sur le graphique ci-dessous sur la feuille de calcul Mars 2022.
Avant que la chaleur ne brouille définitivement les strates, j’ai effectué un profil sur le champ de mesures à 2500m. L’analyse du manteau est faite à l’aveugle, puis comparée aux mesures de la saison. L’hiver fut si calme que l’exercice inverse eut donné un résultat similaire. J’aurais pu dessiner un profil correcte avec mes notes. Un chose surprenante, les couches se sont considérablement durcies depuis la mi-février, on s’enfonçait alors jusqu’aux genoux en marchant, puis facilement jusqu’au sol en sautillant un coup. Les cristaux de neiges anciennes se sont liés, les souliers ne s’enfoncent que d’une vingtaine de cm sur le pack. La règle indiquait 105cm, la coupe à l’extrémité SE du carré atteignait les 120 cm, une fine couche d’un cm tombée la nuit précédente, dissipation de quelques nuages, couronnait le tout de cristaux quasi intacts.
Au contact du sol à peine gelé, 21 cm de beaux gobelets surmontés de faces planes curieusement liées entre elles, les neiges de novembre. De 47 à 53cm, une couche légère chapeautée d’une croûte probablement héritée du gros redoux du 4 décembre qui emmena des pluies à 2600m.
De 55 à 60 cm, les dernières neiges de début décembre, puis la croûte de gel-dégel de la période ensoleillée qui précéda les perturbations de la fin du mois. On retrouve à 68-70 cm le redoux et les pluies du 29 décembre; une croûte encore solide, à la hauteur de neige mesurée alors.
Viennent ensuite les neiges de février, une croûte de gel-dégel amorcée fin février puis les quelques flocons de la nuit précédente.
Après le profil au plat je suis monté derrière l’arête de la Corne, une zone assez pentue 30 mètres sous la piste permet des profils représentatifs des pentes N-NE. Elle ne se déclenche pas et n’est pas skiée, calée au fond par des rochers qui surplombent une petite falaise. Seul bémol au spot, les neiges produites par les canons peuvent s’y déposer par vents du sud en début de saison. Avec un patrouilleur en formation, nous avons effectué le profil complet, mesure des densités et bloc glissant compris. Nous avons également effectué un battage, mesures que mon logiciel n’intègre pas.
On trouve à la base les plus beaux cristaux surmontés de deux couches plus dures, probablement de la neige à canons. Suivent les neiges de novembre et décembre surmontées d’une croûte née des pluies du 29 décembre qui avaient atteint 2900m. Par dessus, des grains fins et des faces planes, les neiges de février entraînées par des vents du nord-ouest roulées par les vents, en phase de métamorphose. Encore une fois et comme constaté au plat, les grains se sont passablement liés depuis la mi-février.
Au test du bloc glissant, les couches supérieures se sont effritées lors des flexions, RB3, le reste n’a pas bougé. Le pack est stable, bien plus qu’il y a un mois; passé une phase, les faces planes se réagglomèrent. J’apprends, j’apprends…
Le ciel s’est dynamisé début février avec un premier apport de 24cm, cumul de trois jours bien ventilés nord-ouest. Ce même scénario s’est encore répété 4 fois dans le mois, avec quelques nuances. Des perturbations correctement annoncées par MétéoSuisse, avec des quantités prévues bien exagérées chez nous. Le graphique des vents sur la station de la Corne illustre ces micro-tempêtes successives, qui menèrent doucement la couche vers le mètre indispensable pour profiter pleinement de Sorebois.
Cinq jours après la première perturbation, appelons-là 106, vitesse maximale de ses vents, un système plus dynamique et rapide apporta 20cm toujours bien ventilés, nous le nommerons 112. Accalmie puis rebelote le 11 avec 11cm, elle sera 48. La suivant s’accompagna d’une hausse terrible des températures, la pluie monta à 2300 le 17, les 13 cm sur la planchette étaient bien tassés, la couche a perdu 5 cm et s’est gorgée d’eau en station. Les vents ont plafonné à 83 km/h mais se sont montrés constants pendant deux jours. Dernière et plus mignonne perturbation de février, 114 détient le record provisoire de la saison niveau vent, et les 18cm mesurés ne font pas honneur aux bienfaits de cette neige pour le domaine au début des vacances de carnaval. Nous avons dépassé le mètre le 7, les apports successifs ont compensé le tassement pour terminer avec une couche à 110cm bien stable.
Zinal et Sorebois le 28 février vers midi, cliquez pour agrandir l’image
Les virages de Singlinaz ont souffert du redoux, la piste rouge est restée fermée du 18 au 22, quand la dernière neige bien utilisée lui offrit un sursis favorisé par du froid. Ce même apport permit d’ouvrir la piste du Chamois le 24 après beaucoup de travail, à temps pour les plus hautes fréquentation de la saison. Deux minages hélico, un partiel le 3 et un complet le 22, ont complété les 5 minages traditionnels nécessaires pour sécuriser le domaine. Les résultats sont restés modestes, il y avait chaque fois du vent mais une vingtaine de cm bien mesurés pour chaque sortie. Les pentes près de Sorebois ont, une fois ou l’autre, quasi toutes été brassées. Le danger 4 du 7 était surestimé, mieux vaut prévenir dans le doute. Nous avons ri le 15 quand Davos descendit d’un degré pour le plaisir de le remonter le lendemain, j’ai aussi noté un danger 4 du bulletin de 17h le 21 à celui de 8h le 22. La nuit porte conseille.
Je retiens la première bombe du matin du 22, qui déclencha toute la plaque en amont du croisement Chiesso-Zinal. Les quantités étaient petites et la cassure d’une trentaine de cm, mais dans la même configuration avec plus de neige, c’eut été chaud pour le balisage en aval. Il nous arrive de nombreuses aventures avec une petite plaque en amont de la route de Tsirouc. La zone de déclenchement est petite mais, tôt ou tard, le morceau part. Dangereuse à atteindre car dans la pente, nous attendons l’ouverture de la route pour tenter la purge. J’y suis passé le 7, mon coup un peu haut n’a rien donné. C’est finalement des freeriders qui ont déclenché la plaque le 22 à 14h. L’affaire se répète, la pente est faible, la neige transforme et se tend lentement. Et un jour une pichenette déclenche le morceau. Un cas d’étude.
Depuis le sommet des Gardes à ordon le 28 février
La saison est décidément bien calme, mais l’enneigement suffisant pour apprécier le ski en-et-hors-pistes, la montagne reste belle et agréable. Les stations ont cartonné à carnaval, de quoi relancer l’économie locale si Poutine veut bien se calmer. Nous avons fait du beau tourisme et de bons sauvetages, j’ai aussi passé du temps à réaliser le film de prévention présenté dans l’article précédent. Le cumul n’atteint pas les 350cm, la couche est modeste en montagne, le Cervin et la Dent Blanche sont noirs. Pour la nature et l’approvisionnement en eau du continent, c’est mieux quand il neige bien sur les Alpes. La feuille de calcul février 2022 est en ligne, l’album public Hiver 2022 à jour. Le résumé de février sur le blog de MétéoSuisse parle de chaleur excessive et de sécheresse, comme souvent.
Les chefs des camps de ski demandaient des séances de prévention au service de sécurité. Comme nous devions répondre aux alarmes, ces rencontres sur les pistes étaient régulièrement interrompues. Je proposais depuis une dizaine d’années de me rendre le premier soir des camps dans les auberges; ces conférences illustrées sur grand écran permettaient une bonne prise de conscience des réalités de la sécurité sur les pistes, autant pour les élèves que pour leurs accompagnants.
J’appréciais ces rencontres, un film ne remplacera pas le dialogue et les échanges qui suivaient la conférence. Mais il sera ainsi possible de diffuser plus largement l’information, gratuitement. J’encourage les responsables à passer cette vidéo en début de camp, en gardant le doigt sur le bouton pause pour commenter ou apporter des suppléments. Je rencontre toujours des problèmes à maîtriser le son de mes vidéos et m’en excuse. Je suis néanmoins fier de présenter ma petite conférence résumée dans un film de 30 minutes. Les chefs de camps peuvent emprunter une clé USB aux caisses des remontées mécaniques, ou me demander directement le lien vers le fichier dans sa meilleur qualité.
La partie deux sera destinée aux accompagnants et moniteurs, elle donnera quelques clés pour faciliter la gestion des groupes et améliorer la coopération avec les stations. Bien plus courte, j’espère pouvoir la diffuser en début d’hiver prochain.
Ce blog est dédié à la neige, j’y recense aussi les records de froid et les plus belles rafales de vent. Il eut été plus intéressant en cette époque étrange de noter les records de chaleur et les aberrations climatiques. Le mercure nous gratifia d’un +6° à la Corne de Sorebois 2900m le premier jour de 2022 à 15h30, en station je mesurais +9.6° à 14h. Agréable à vivre mais inquiétant. Du 4 au 10, deux petites perturbations ramenèrent un semblant d’hiver, un pic de fraîcheur avec -19.1° le 5 à 22h30, saisissant contraste, et les seuls 48cm de neige fraîche à noter pour le mois. Côté vent, une pointe à 103 km/h WNW égaya ce janvier bien terne du point de vue du Bonhomme Hiver.
Fond de vallée le 15 janvier à 16h, juste la neige qu’il faut pour être heureux!
L’apport suffit à ouvrir la piste de l’Aigle, en grosse partie enneigée artificiellement, le samedi 15; on mesurait alors 80cm à Sorebois et 40cm à Zinal. Suivirent une dizaine de jours de grand beau temps qui achevèrent de transformer la neige sur toute son épaisseur. On trouvait d’énormes cristaux, les plus beaux près des cours d’eau en vallée, où un grosse couche de givre de surface surplombait du pur gros sel. Les anciens appelaient « pierre morte » les blocs de micaschistes qui s’érodent facilement en gravier, on en trouve dans les zones morainiques de la vallée. Nous avons pour la première fois parlé de « neige morte » en décrivant ce gros sel que même le tassement et le travail des machines n’arrive plus à agglomérer. Nous craignions un gros apport sur ce mauvais substrat, mais il n’arriva pas.
Côte de Singlinaz le 21 janvier au matin. C’est ma main, pas celle d’un gosse.
Ce mois nivologiquement plat laisse de la place à d’autres réflexions, la folie coronavirus s’estompe doucement, nous laisserons l’histoire juger la période. La problématique du loup agite les cantons campagnards, cohabiter avec des prédateurs de cette taille ne va pas sans frottements. Ce que les citadins ne visualisent pas, c’est que même les cantons alpins sont surpeuplés. L’homme maîtrise d’une façon ou d’une autre la quasi totalité du territoire. On bombarde même les hautes Alpes pour garantir la sécurité de la populaire et lucrative Patrouille des Glaciers. Sacrilège sans égal. Par l’exploitation agricole, principalement l’élevage, et le tourisme qui emmène des hordes citadines quasi partout, nous occupons l’espace n’en déplaise aux rêveurs. Le Valais est certes moins densément peuplé que Genève, il compte néanmoins 346’000 habitants, contre 115’000 en 1900. Le remplacement d’une partie de l’agriculture par le tourisme n’a pas soudainement agrandi le gâteau que se partagent les super-prédateurs. Les deux camps du débat m’hallucinent, mais les fantasmeurs des villes qui imposent leurs visions de bisounours sous-estiment gravement ces fauves. Et tous ces moyens, ces fonctionnaires, ce fric pour des chiens sauvages, alors que des compatriotes luttent pour vivre, c’est indécent. Ecolégoïstes des terres vendues, vous ne devriez pas nous imposer vos lois. Ce n’est même pas de la démocratie, le Valais a voté.
Pour revenir à notre neige, la fin du mois nous laissa entrevoir un changement de temps et l’espoir d’un rafraîchissement du manteau. Quelques nuages annoncèrent le changement, mais il fallut attendre les premiers jours de février pour ajouter enfin quelques cm au cumul saisonnier. Avec une moyenne de -6.1° à 8h à la Corne de Sorebois, nous avons vécu un janvier chaud et sec, ce que confirme le bulletin climatologique janvier 2022 de MétéoSuisse. La feuille de calcul Janvier 2022 résumées dans le graphique ci-dessous sera classée parmi les plus tristes millésimes. Uniquement d’un point de vue météo, le ski était agréable, les pistes en bon état et les coeurs se réjouissaient du déclin de la pandémie qui nous préoccupe depuis deux ans. Notons encore l’éruption géante aux îles Tonga survenue les 14 et 15 janvier, nous observerons sûrement des conséquences météo puis sociales ces prochaines années.
Dès le 4 décembre, un premier épisode nettement hivernal décrit dans un article précédent apporta une couche de fond bienvenue. On mesurait le 13 au matin 45cm en station et 58cm à 2500m, un bon début qui nous permit d’ouvrir les premières pistes en neige naturelle. Suivirent dix jours de beau temps et de douceur exceptionnelle qui découvrirent les pentes exposées jusqu’à 2600m. Ces redoux sont agréables à vivre pour les travailleurs de la montagne, mais étonnent voire interrogent l’observateur. A l’ouverture du domaine pour la saison le 18, on skiait très prudemment hors des pistes ouvertes.
Le 19 décembre à midi, un beau visuel mais un enneigement limite.
Un changement de temps annoncé bien à l’avance s’amorça par le spectaculaire coucher du soleil du 23, je partage ci-dessous une image prise par drone en 20 mégapixels. Suivirent trois jours de latence avant l’arrivée d’un front qui allait mettre en ébullition les fonctionnaires de la sécurité publique pour, au final, peu de problèmes. Certes un scénario à faire peur, jusqu’à 15mm d’eau pour le 27 et 60mm pour le 28, avec de la pluie jusqu’à 2600m. Avalanches lourdes jusqu’en vallées, inondation dans la plaine du Rhône, le tout pendant les fêtes dans des stations pleines à faire s’enfoncer les Alpes. J’ai cru bon de publier un article de prévention, alors que ce blog sert surtout à archiver les évènements.
Le coucher du soleil du 23.12 en haute définition, cliquez pour agrandir.
Il est tombé au final 28mm d’eau pendant l’épisode de 4 jours à la station MétéoSuisse de Mottec, j’ai mesuré 39cm de cumul de neige à 2500m. Les vents soutenus du nord-ouest n’ont pas dépassé le 100km/h, la pluie a détrempé le manteau jusqu’à 2000m, la neige était humide sur toute son épaisseur jusqu’à 2500m. Il a plu en fin d’épisode jusqu’à 2900m, croûtant le manteau pour rendre le hors-piste inskiable. Radar le 29.12.2021 à 11h
. Les pentes se sont déclenchées spontanément dès les premières accumulations, un fois la mauvaise couche de fond brassée, la neige s’est collée à la montagne. Le grand minage du 30 confirma l’impression de plaquage du manteau, seules les grandes pentes sous les vents d’ouest ont offert de beaux résultats. Nous disposions pour terminer 2021 de 80cm bien tassés à 2500m, on ne trouvait plus que 30cm détrempés en station, mais le paysage d’hiver comme les pistes de luge et de ski de fond se maintinrent. Les 29 et 30 furent placés en degré 4 fort, pour au final beaucoup d’émotions et un gain d’une trentaine de cm bienvenus sur le domaine skiable. La neige croûtée ne laissant aucun plaisir aux skieurs, ils sont restés sagement sur les pistes.
La station du télécabine à Zinal le jour de l’Immaculée Conception.
Zinal s’est métamorphosée, les travaux de réfection de la rue principale sont terminés, les échafaudages de l’hôtel des Diablons retirés. La très sobre gare de départ du nouveau télécabine expose d’entrée le renouveau de la station, qui propose une infrastructure efficace et intégrée dans ce que nous avons de mieux à montrer, une nature grandiose. Les vacances furent un succès malgré la pandémie, avec une bonne fréquentation et peu d’accidents.
Nouvelle nomenclature dans le flux du SLF : partiellement traître…
Le début du mois et ce tableau récapitulatif permettent d’affirmer que les températures de ce millésime furent dans la norme des sept précédents. En vrai, la deuxième moitié du mois fut exceptionnellement douce en montagne comme devrait le démontrer le bulletin climatologique de MétéoSuisse. La feuille de calcul décembre 2021 résumée dans le graphique ci-dessous décrit un mois intéressant qui laisse un substrat relativement solide aux neiges à venir.
27.12.2021 – Depuis les dernières précipitations du 11 décembre, la météo est restée belle et douce en montagne. Les nuits claires gelaient la surface, le gradient élevé transforma en gros sel la neige des zones plates et ombragées, alors que les faces ensoleillées se découvrirent jusqu’à 2800m. Le 23 au soir, le soleil colorait des nuages lenticulaires formés par des vents du sud, signes d’un changement de régime.
Le Weisshorn le 23 décembre à 17h
La situation a guère évolué depuis, la nébulosité s’est faite plus insistante dans un air toujours doux, l’impression de beau temps prévalait. On nous annonce pour ces prochains jours beaucoup de précipitations et un gros redoux. Des vents d’ouest à plus de 70 km/h seront également de la partie.
Météo du lundi 27 au samedi 1er janvier.
Les vacances de fin d’années remplissent les stations, de nombreux randonneurs parcourent la montagne. On compte 31cm en station et 45cm à 2500m, ce peu de neige donne une impression trompeuse de sécurité. Dans le scénario qui se profile, entre 15 et 20cm de neige humide devraient se poser demain avant le gros des précipitations mercredi, jusqu’à 60mm selon MétéoSuisse. Il fera alors doux, la pluie est attendue jusqu’à 2200 voire 2500m. En-dessus, la neige lourde se purgera spontanément dans toutes les pentes ombragées, la montagne même aux alentours des stations sera très dangereuse jusqu’à la fin des opérations de minage. Il faudra se montrer extrêmement prudents et obéir strictement aux consignes des services de sécurité de la commune et des stations. Les températures élevées qui suivront ne simplifieront hélas pas l’équation en ces jours de haute fréquentation.
13 décembre 2021 – Du 27 novembre au 10 décembre, de l’air maritime polaire (voir cet article intéressant sur Futura-sciences) nous amena de l’air assez froid pour produire de la neige artificielle et un chapelet de perturbations actives. En fin d’épisode, nous avons reçu 116 cm de neige fraîche à 2500m, la couche a atteint la valeur maximale de 68cm le 9.12 A 1700m en station, on brassait 50 cm avant que le tassement baisse ses chiffres à 62 et 40 cm ce lundi 13 au matin. Les vents sont restés relativement discrets toute la période, permettant une répartition régulière du manteau, établissant toutefois le record saisonnier provisoire à 73.8 km/h plein ouest samedi 4 au matin. La tendance est restée ouest, nord-ouest pendant les principaux épisodes neigeux.
Les vents à la Corne de Sorebois du 27.11 au 10.12.2021
Les pentes sud étaient libres de neige, les nord recouvertes d’une vingtaine de cm de gros sel, des flocons de début novembre fortement transformés. Nous avons reçu 41cm les 4 et 5, la neige posée sur le mauvais substrat des pentes ombragées s’est spontanément purgée, les avalanches provoquées autour du domaine skiable étaient petites et localisées aux couloirs minés. 47cm supplémentaires ont nécessité une minage par hélicoptère le 9, avec des résultats mitigés malgré les fortes charges. Le SLF a émis un premier bulletin régional le 27.11, le danger est passé à 3 marqué le 4 décembre, danger maintenu avec un pic un peu surévalué pour notre région à 4 fort le 9.
Minage par hélico de la bosse de Barthélémy le 9 à 15h.
Pourquoi si peu de résultats? Après la première purge spontanée des pentes affaiblies par la couche de fond, la nouvelle neige est arrivée par des températures de -10° à -15°, les grains très fins ne se sont pas liés, la neige n’était pas cohérente. L’onde de choc des explosifs creusait des « baignoires » sans déclencher de plaque. Le 12, les températures se sont envolées jusqu’à -3° à 2900m sous le soleil de dimanche, la neige s’est alors liée et de belles plaques se sont déclenchées, causant les premiers émois des patrouilleurs. Une corniche à rompu sous la Corne pour dévaler un couloir tracé plus tôt dans la journée, la coulée a parcouru 800 mètres. En m’approchant d’un promontoire pour contempler le phénomène, j’ai provoqué la plaque de la vidéo suivante sur une exposition similaire. La cassure est à quelques mètres de la piste.
Pour résumer la situation nous avons 40 cm en station et 60 cm à 2500m d’une neige magnifiquement poudreuse. On touche rapidement les cailloux même avec des skis larges, les bâtons touchent le fond. La purge des pentes nord a brassé le gros sel mais lissé le terrain. MétéoSuisse prévoit une période ensoleillées et très douce au plus lointain des modèles, peut-être jusqu’à Noël. Sous l’augmentation des températures, la couche supérieure du manteau se liera et des événements anodins, le passage d’un skieur, pourront déclencher des plaques qui glisseront sur la neige poudreuse en sous-couche. Malgré les faibles quantités, il ne faudra pas sous-évaluer le danger, les skieurs seront entraînés sur les cailloux. Si comme sur la vidéo ils finissent dans une digue ou un creux du terrain, ni DVA ni airbag ne les sauveront de la quantité de matière qui s’accumulera sur eux. Les personnes informées et prudentes profiteront d’une magnifique période en montagne, en particulier dans les paysages somptueux du Val d’Anniviers. Album public hiver 2022 .
Anniviers enneigé jusqu’en plaine à l’aube du 12 décembre 2021.
Comme prévu, le retour appuyé du soleil a rapidement eu raison des premières neiges de la saison. Les endroits exposés étaient libres jusqu’à 1800m dès le 7, une petite couche persista dans les zones ombragées. Au-dessus, seules les pentes sud étaient dégagées le 15 du mois; la neige se cristallisa fortement au nord, alors que la dizaine de cm persistant au plat se coiffa d’une fine croûte. La station offrait aux équipes de compétition une piste artificielle de la Corne au restaurant de Sorebois via le Goulet, cette clientèle apprécie la neige très dure.
Sorebois le 20.11.2021 à 14h.
Le 15, un épisode de foehn forma des nuages lenticulaires spectaculaires sur la vallée du Rhône permettant des prises de vues similaires à celles qui inondèrent les réseaux le 29 octobre. Après cet épisode, de magnifiques mers de brouillards sourirent aux objectifs des habitants des montagnes. Depuis quelques années, je peux vérifier mes notes météo sur Instagram ou Facebook, on ne manque pas d’y retrouver trace des épisodes intéressants.
Mer de brouillard à 1400m, le 17.11.2021 à 8h45.
Du 10 au 25, les températures restèrent bien supérieures aux normes saisonnières en montagne, la chute du mercure des cinq derniers jours mis la balance à -5.4 à la Corne les matins, dans la moyenne des dix dernières années. Les contrastes sont saisissant, -12.6° le 5 à 6h, +6.7° le 19 à 14h, -18.5° le 29 en fin de journée. Côté vents, je retiens trois rafales intéressantes, 65.5 km/h 197° le 3 au matin, 54 km/h SE 146° lors de l’épisode foehnique du 15, et 50 km/h plein nord le 29 à 13h. Pas de quoi décoiffer une vache. La neige tombée au début du mois n’a servi à rien, les 20 cm des derniers jours m’ont juste rappelé que mes skis larges étaient encore dans le foin.
Les températures à la Corne de Sorebois 2900m.
J’ai commencé lundi 8, jour des premiers entraînements à Sorebois. La station a organisé 4 slaloms géants et deux super-g FIS hommes en novembre, compétiteurs, entraîneurs et organisateurs semblaient satisfaits des conditions. Nous déplorons d’ailleurs peu de problèmes, alors qu’à ce niveau des pistes mal préparées ou des courses tracées sans talent laissent traces dans les rapports d’accidents. Le soleil dominant et les températures rendaient le travail en extérieur agréable, nous avons néanmoins accueilli avec joie les basses températures de la fin du mois qui permirent enfin une bonne production de neige artificielle. L’ouverture anticipée au public a été reportée les deux week-ends programmés en novembre.
4 novembre 2021 – 12h00 Octobre achève dans la douceur une saison estivale bipolaire avec trois premiers mois pourris, puis du beau temps dès août. Le bulletin climatologique de septembre place ce début d’automne parmi les plus doux, octobre devrait suivre la tendance. Pas de chantier cet été à Sorebois, les remontées mécaniques ont enclenché l’usine à neige dès que les températures nocturnes l’ont permis, mais le foehn des derniers jours d’octobre coupa cet élan. Ce sera le 14ème hiver décrit sur ce blog avec des méthodes similaires. A l’heure de reprendre les mesures journalières, l’abondance des points de comparaison stimule mon enthousiasme aux portes de cette saison sombre que j’espère enneigée, mais pas trop. Je me suis inscrits sur Facebook et Instagram au printemps, j’y publierai des photos et signalerai les nouveaux articles du blog qui restera la vitrine « officielle » de mes hivers. Aux amis qui découvrent ces pages je conseille un tour préliminaire vers la description des méthodes de mesures, et souhaite un hiver glissant, mais pas trop.
Sorebois depuis le Tônet le 31 octobre à midi.
Octobre s’est terminé avec des températures très clémentes, on mesura à 2900m à 13h 4.6° le 28 et 4° le 31, le mercure titillait les -2° la nuit. Les neiges résiduelles dans les pentes ombragées au-dessus de 2800m datent principalement d’un crachin le 19 septembre, on mesure 5-10 cm avec une croûte superficielle. Seuls quelques cm de terre sont gelés jusqu’à 3000m, les pierriers sont bien apparents, ce substrat influencera peu la suite des évènements. Hasard du calendrier, un changement radical de temps s’annonce pour les premiers jours de novembre; encore un peu de foehn avant le passage d’un front froid qui apportera de la neige et une masse d’air bien fraîche dans sa traîne. J’attends la fin de l’épisode pour publier cette situation initiale. Ce jeudi 4, j’ai mesuré 14cm et -1.6° à Zinal 1700m et 28cm pour -9.3 à 2500m. Des jours bien ensoleillés s’annoncent pour une semaine au moins avec des températures nocturnes fraîches. La neige disparaîtra rapidement des zones ensoleillées sous 2000m mais devrait se maintenir en montagne. Elle isolera le terrain qui ne gèlera pas ou peu. La trentaine de cm se cristallisera fortement sur les pentes nord au-dessus de 2500m, la prochaine neige sera facile à déclencher. Il est 10h30, j’envoie le drone faire un tour du vallon…
Le vieux village et le fond de vallée ce 4.11 à 10h30.La vallée est blanchie dès 1400m.
Les premiers rayons du soleil délestent les arbres, ils reste des aiguilles sur les mélèzes, cette impression hivernale durera peu en vallée mais persistera au-dessus de 2500m. Le SLF émet des bulletins généralistes, pas encore de bulletin régional précis. Je bénis cette institution, ainsi que MétéoSuisse qui proposent des mesures et prévisions de grande qualité publiés sur des outils numériques efficaces. Outre quelques situations anecdotiques mises en exergue par d’éternels septiques, ils restent la référence.
J’ai entendu ce matin de nombreux chiffres sur l’enneigement du vallon, 20cm sur la voiture, 25 sur le balcon… Aux prémices de ce blog était une frustration devant les difficultés de parler météo, chacun défendant ses chiffres. Je mesure la neige sur une surface plane en boit peint en blanc, et dispose à Sorebois d’une zone protégée pour effectuer de mesures précises. Et pour rappel, le mètre doit se planter perpendiculairement à la surface plane…
C’est en pleine forme que je revêt lundi ma veste de patrouilleur, je piaffe de retrouver mes skis et le plaisir de dévaler les pentes. La station sera réservée aux équipes de compétition jusqu’au 20 novembre, puis ouverte au public les week-ends jusqu’à l’ouverture complète du 18 décembre.
Vos commentaires sur mes pages privées sont bienvenus s’ils concernent la météo, la neige et les avalanches. Pour le reste, les remontées mécaniques communiquent par leurs canaux, et tiennent un registre des plaintes. Le sorbier que je photographiais chaque année a cédé sa place au goudron, au progrès… Je vérifiais si la quantité de sorbes annonçait l’enneigement, comme des anciens l’affirmaient. Après dix ans il me semble qu’elle dépend plutôt de la douceur du printemps; pourris en 2021 comme en 2014, pas de sorbe pour les oiseaux. Comme chaque début d’hiver je pars motivé pour publier souvent, en restant objectif et précis. Ce n’est pas une priorité, le travail passe avant, particulièrement les jours de neige quand le minage se termine tard, je m’excuse déjà pour les retards de publications en périodes intéressantes et vous souhaite un bel hiver sur de solides genoux. Ci-dessous les liens vers les situations initiales des 13 derniers hivers :
Je vis le calendrier celte, la saison sombre débutait en novembre avec les festivités de Samain pour s’achever fin avril, suivaient les six mois clairs. La première moitié de notre saison claire 2021 n’a pas mérité l’appellation, froide et humide elle permit des récoltes de champignons record. « L’été des champignons », le titre que j’avais choisi pour ce résumé saisonnier, était déjà attribué au millésime 2014. Je me suis donc rabattu sur les gastéropodes si nombreux dans mes souvenirs d’enfance, encore bien représentés cet année.
Il fallut revoir cet article tellement il ressemblait à celui de 2014. Net progrès, j’ai exploité les données de la station MétéoSuisse de Mottec en ligne depuis 2015 qui propose une pluviométrie depuis 1973, certainement grâce aux chiffres de l’usine hydroélectrique voisine. Je résumé les données dans le tableau interactif ci-dessous, le cumul de 355mm pour mai, juin et juillet est le plus élevé de ces dix dernières années. 2014 suit, les 202mm alors mesurés en juillet ne sont battus que par les 225mm de janvier 2018.
Beaucoup de champignons, de souris, de petits rapaces comme le faucon crécerelle, une bonne fenaison pour ceux qui ont profité des créneaux météo, et comme en 2014 aucun fruit sur les sorbiers. Dans les différences, notons que les aroles on produit très peu de cônes, que les guêpes sont restées discrètes, que les effets conjugués du regel printanier et du mildiou ont provoqué la plus maigre vendange de l’histoire. Les vignes familiales n’ont donné que quelques raisins de table, du jamais vu. Il semble que ceux qui ont traité leurs vignes dans les bons créneaux avec des produit chimiques aient sauvé leurs récoltes, ceux qui se sont contentés de l’épandage bio par hélicoptère ont tout perdu. Le kérosène brûlé ne protège pas du mildiou. Nous sortîmes hébétés de la période, qui eut cru qu’il y eut tant d’eau dans les cieux? La seule semaine du camp des enfants aux Moyes du 12 au 15 juillet fut rincée par 78mm de pluie dont 40mm pour le mardi 13. Heureusement, après une période transitoire début août, la saison claire mérita enfin son nom. Phébus régna jusqu’à fin octobre tout en permettant un arrosage régulier très propice aux jardins potagers. Les milieux touristiques démoralisés fin juillet annoncent finalement de bons chiffres, on sent enfin une onde positive baigner la communauté.
Coucher du soleil « à travers » les Pointes de Nava le 9 août.
La crise du coronavirus continue avec ses fluctuations d’avis et de méthodes, l’humanité bêlante choisit d’essayer à large échelle des vaccins à ARN messager. A chacun son opinion; je constate que le seul ancien de ma grande famille à avoir succombé avait refusé le vaccin, mais ne peux omettre les doutes bien exposés par cet article de notre-planete.info. Vacciner les personnes affaiblies, à risques, et les anciens me semble légitime, mais toute la population avec un produit dont on ne sait rien des effets à long terme? J’aurais préféré affronter le virus et mener ce combat avec mes défenses naturelles, qu’elles luttent et deviennent plus fortes. Le conseil fédéral impose depuis le 13 septembre un pass sanitaire sous forme de QR code pour aller aux spectacles, manger dans un restaurant, et beaucoup d’activités de la vie normale. Tout en le déclarant facultatif, ils imposent le vaccin en rendant la vie impossible aux rebelles. Je me suis fait piquer pour gagner ma vie, seuls les fortunés peuvent échapper en payant des tests ou en vivant reclus. C’est bien plus grave que devoir s’incliner devant un chapeau, si je me transforme en zombie je sais qui bouffer !
Chanterelles d’été ou girolles dans la Zau Zoura, le 25 juillet.
Mes albums archivent les saisons, une photo parle plus que mille mots, l’album public Eté 2021 profite de trois excellents outils de capture. Engagé à pour assurer la sécurité de la course Sierre-Zinal, j’ai passé du temps dans les hauts d’Ayer, beaucoup d’images témoignent de l’avancée saisonnière marquée par un été tardif et un automne rayonnant. Le bulletin climatologique été 2021 de MétéoSuisse montre que l’ensoleillement touche les 100% de la norme à Sion, malgré des précipitations record. Notre beau Valais reste très agréable à vivre. Ce document succinct est une lecture obligée pour tous ceux qui parlent de la pluie et du beau temps.
Cybercontes? C’est toujours les contes et légendes d’Anniviers dits par Manu, sans artifice. Avec un écran géant pour remplacer le feu, et montrer les lieux des histoires. Des images grandioses de la plus belle des vallées. Venez fêter les grandes vacances avec vos enfants à La Tzoucdana, ou à SD Vissoie le 30 juillet au soir.
Ce ne sont pas les conditions météo qui font de l’hiver 2021 un millésime exceptionnel, mais bien la pandémie de covid; et le remplacement du mythique téléphérique par un télécabine de Zinal à 1700m jusqu’à la Vouarda 1000m plus haut. La nouvelle installation de base élimine l’ennui d’attendre une cabine, jusqu’à 20 minutes parfois, et la désormais intolérable promiscuité. Elle permet d’atteindre le téléphérique de liaison avec Grimentz en amont du domaine, au futur « Espace Weisshorn » qui méritera son nom quand un véritable restaurant avec WC sera construit. Ils moujatent nos dirigeants, et semblent riches… Les cabines inaugurées le jour prévu, la mécanique et les changements de flux des personnes nous ont évidemment posé quelques soucis. La faible fréquentation de cette saison nous a laissé un temps d’adaptation; à quelque chose malheur est bon.
Sorebois et sa nouvelle télécabine le 12 mars.
L’Italie et la France ont simplement fermé les domaines, nous avons pu skier à condition de porter des masques de protection, de limiter la proximité dans les transports, d’adapter les files d’attente pour permettre la « distanciation sociale ». Si j’avais pu botter le cul des philosophes qui bassinaient le personnel de leurs considérations, plusieurs paires de godasses y seraient passées. Les mesures contre la pandémie compliquèrent également la prise en charge des blessés, beaucoup moins nombreux par les effets combinés des excellentes conditions et de la faible fréquentation. Les restaurants d’altitude n’ont pu servir qu’en take-away, pas moyen de se réchauffer à l’intérieur.
File « covid » au départ du Chiesso le 13 décembre.
Le chantier en cours empêcha d’enneiger le domaine en octobre, novembre est resté beau, sec et chaud. Comme l’accès aux pistes était difficile, nous n’avons pas trop regretté d’avoir patienté jusqu’à décembre pour recevoir les premiers skieurs. La vraie neige pointa ses flocons tardivement, puis timidement jusqu’à mi-janvier. Le ciel qui s’en fout nous envoya des lueurs d’espoir, des instants de grâce où on est contents d’avoir un appareil photo. Un coup d’oeil derrière la Corne m’offrit une auréole sur Ayer, mon village de coeur. Ce sera la photo de l’hiver, retrouvez les autres sur l’album public Hiver 2021.
Ayer depuis l’arête de la Corne le 7 décembre 2020 à 14h.
Le général hiver s’est présenté fin janvier, -19.9°, des vents jusqu’à 122 km/h et plus d’un mètre en cinq jours. Joli sans trop, nous avons ensuite pleinement profité du domaine skiable. En février nous n’étions plus les fous ouverts au mépris de la pandémie mondiale, mais la seule activité permettant de s’aérer. Au dam des catastrophistes, pas de clusters en stations, juste un nouveau mot en franglais. Le manteau neigeux s’est maintenu jusqu’au refresh (je souris) de mi mars qui rajouta 70cm au cumul et garantit la fin de saison. Il fit ensuite trop chaude fin mars, puis trop froid début avril. Cinq providentiels centimètres le 30 avril permirent au cumul saisonnier d’atteindre 501cm, ce qui est honorable bien qu’en-deçà de la moyenne. Mai qui n’entre pas dans le calcul compensera largement ce que novembre n’a pas donné.
Sorebois le 23 avril 202. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.
Le bulletin climatologique hiver 2020-2021 de MétéoSuisse décrit une saison plus douce que la norme et bien arrosée, surtout au sud. Les températures au-dessus de 1500m en Anniviers sont restées dans les moyennes, un février doux compensant un janvier frais. Le terrain n’a véritablement gelé que sur les expositions nord ou les zones plates et sèches au-dessus de 2200m, les torrents, bisses et marécages ont coulé tout l’hiver.
Nous allons tourner la page des hivers 2020 et 2021 sans regret. L’impression du devoir accompli est certainement partagée par le ciel qui nous a fourni une prestation dans les normes. Espérons que la page de cette première pandémie mondiale se tourne définitivement, que les stations redeviendront des lieux de fête, et que les loisirs de proximité prendront enfin le dessus sur cette manie de polluer la planète pour se faire bronzer ailleurs par, finalement, le même soleil.
Je retiens une valeur par épisode météo. L’hiver m’a semblé frais bien qu’il ait fallut attendre avril pour descendre sous les -20°. Nous verrons les moyennes au bilan de la saison. Eole est aussi resté sage, rien d’exceptionnel mais la barre psychologique des 120km/h a été franchie, signe que nous avons vécu un véritable hiver. Ces chiffres viennent de la station Météo de la Corne de Sorebois à 2900m.
Suivent : -18.4° le 26.12.2020 à 04h00, -16.9° le 13.04.2021 à 06h30, -16.7° le 08.01.2021 à 07h00, -16.4° le 14.03.2021 à 09h30, -15.9° le 16.01.2021 à 05h00, -14.4° le 09.12.2020 à 23h00
Suivent : 80.3 km/h NW 304° le 14.12.2021 à 04h00, 80 km/h WNW 204° le 25.01.2021 à 08h00, 78.0 km/h S 174° le 05.12.2020 à 00h00.
Avec 501cm de cumul fin avril, l’hiver est au-dessous de la moyenne des 22 derniers qui est de 539cm, retrouvez les valeurs au bout de ce lien. Je rédige cet article le 18 mai, mois qui n’entre pas dans les calculs mais compense largement le manque statistique, il fait pourri comme rarement, la mesure est toujours supérieure au mètre à 2500m… Revenons à la plage observée: la neige est arrivée tard, le chantier du télécabine n’a pas permis l’enneigement mécanique possible en octobre déjà, je n’ai mis les lattes que début décembre. La couche n’a pas dépassé 40cm jusqu’à mi-janvier et il fallut attendre le 29 pour enfin dépasser le mètre. Plus de problème ensuite, nous aurions pu fermer mi-mai au-dessus de 2500m. Plus haute valeur en 24h le 29 janvier au matin avec 34cm, 32cm la veille. Petit…
La couche mesurée chaque quinzaine.Le cumul de précipitations par quinzaine.
La proportion du ciel occupée par des nuages est estimée chaque matin à 8h, sur la webcam de la Vouarda en cas d’absence ou de retard. J’ai constaté cet hiver 66 matins de grand beau temps avec une nébulosité de moins de 10%, 52 matins mitigés et 63 matins où les nuages recouvraient plus de la moitié du ciel, dont 35 totalement nébuleux. J’ai vérifié ces chiffres plusieurs fois, ils sont similaires à l’an passé qui comptait un jour mitigé de plus, année bissextile oblige.
La nébulosité à 8h à Sorebois par quinzaine.
Une grosse différence entre les deux hivers « covid », l’an passé les beaux jours illuminent la fin de saison confinée alors que c’est novembre, également non skié mais pour cause de chantier, qui concentre les beaux matins ce millésime. On ne se plaint pas de la deuxième quinzaine de février ni du dernier mois de ski en 2021. Lien vers l’article La nébulosité 2020 qui comptait 40 matins complètement bouchés, histoire de méditer sur la coïncidence.
Le premier bulletin d’avalanches régional fut publié le 4 décembre, le SLF anticipait la première véritable perturbation de l’hiver. Concrètement, nous avons effectué le premier minage le 25 décembre pour peu de neige mais une situation réellement dangereuse. Etre entraîné par une plaquelette sur les cailloux, ça peut faire plus mal que passer dix minutes sous la neige. Sur 128 jours observés jusqu’à fin avril, 14 furent estimés en degré 1 faible, 47,5 en degré 2 limité, 58,5 en degré 3 marqué et 8 en degré 4 fort. Je rappelle que les 1/2 degrés correspondent aux 22 jours où le réchauffement diurne augmentait le danger vers la mi-journée. Pas de degré 5 cette saison encore, ce n’est plus arrivé depuis janvier 2018.
Nous avons globalement approuvé l’estimation du SLF pour notre région, même si la situation est parfois radicalement différente entre Chandolin et Zinal qui figurent sur la même zone. Parfois, comme le samedi 16 janvier rétrogradé au degré 3 après deux jours en 4, nous aurions préféré au moins par prévention un jour de plus signalé comme fort, histoire de refroidir quelques têtes brulées. Les derniers jours de janvier furent les plus tendus, mais on peut considérer un hiver tranquille. Je calcule un indice de « stresse saisonnier du patrouilleur » en additionnant le degré de danger journalier, ce qui nous donne 316 pour l’hiver 2021. Par comparaison, j’arrivais à 379 en 2020, 395.5 en 2019, 394 en 2018, 363 en 2017, 354 en 2016, 242 en 2015. J’aime bien cet indice, mais il souffre d’un changements de paradigme du SLF qui utilise plus qu’autrefois le degré 4 en prévention.
On me reproche de ne pas utiliser les couleurs officielles sur mon graphique et je le regrette. Quand j’ai commencé mes observations en 2009, mon logiciel ne permettait pas de choisir les couleurs des aires. La continuité des méthodes de mesures permet la comparaison, cette même continuité valorise mon travail sur ce blog et mon expertise sur le terrain. Trop vieux pour changer…
Dans la continuité des derniers jours de mars, avril débuta sous des températures exceptionnelles. Elles mirent à rude épreuve les pistes de retour en station que nous espérions, et avons tenues ouvertes jusqu’au week-end pascal. Les faces exposées au sud étaient libres de neige, limitant le danger d’avalanches mouillées sur les pentes les plus problématiques.
Relevons l’excellente tenue de la piste de l’Aigle cette saison, le nouveau système d’enneigement a démontré sa pertinence. La route impraticable depuis fin mars, le mur noir est resté ouvert et enneigé jusqu’au lundi de Pâques. Le glissement des talus de la Latta laissa plus d’un mètre de neige sur la route alors que tout avait fondu alentour. La partie haute de la piste en neige naturelle s’est maintenue tard grâce au bon enneigement général de cette fin de saison. Amusant, de nombreux randonneurs partaient de Zinal pour se retrouver sur une route boueuse dès les premiers lacets de Singlinaz. Un accident en fin de saison relance le débat sur l’interdiction du ski de randonnée sur les pistes. Je n’ai pour ma part aucun doute, il faut rapidement prohiber la pratique, pour la sécurité des skieurs qui financent les remontées mécaniques et les pistes de descente sécurisées que nous leur préparons.
Revenons à la neige; dès le 3, les températures se sont effondrées pour atteindre le 7 au matin la plus basse valeur de l’hiver avec -20.9° à 7h30.
Ce qui eut pour conséquence de figer en profondeur tout le manteau sous 3000m, ne laissant qu’un danger d’avalanches résiduel sur les expositions nord en haute montagne. Nous avons pu consacrer notre fin de saison au ski, au tourisme et au rangement, sans soucis pour la stabilité des pentes. Il fallut juste fermer la piste du Chamois quelques après-midi pour éviter les couloirs exposés en-dessous de 1800m côté Grimentz. La station ferma le dimanche 18 avril, nous sommes remontés ranger le lundi. Le domaine skiable était parfait, le paysage montrait un printemps d’apparence normal, une vallée libre de neige jusqu’à 2000m et des prés qui commençaient à verdoyer autour des villages.
Anniviers le 19 avril 2021 à 14h.
Les dernières neiges quittèrent mon aire de mesures en station le 19, les Plats de la Lée et et les versants nord mirent plus longtemps à fondre. Je remontais le 30 avril pour prendre les mesures à 2500m, 5cm sur la planchette permirent au cumul saisonnier de juste dépasser les 5 mètres, il restait 80cm au jalon. Le paysage montrait quelques coulées printanières dans les couloirs pentus, le SLF remonta d’ailleurs le degré de danger à 3 pour cette journée ensoleillée qui suivait une nuit couverte.
Couloir Peter le 30 avril, le manteau n’avait pas serré la nuit.
Le bulletin climatologique de MétéoSuisse annonce le mois d’avril le plus froid de ces vingt dernières années en moyenne nationale. Une catastrophe pour l’agriculture, particulièrement pour les vergers en plaine boostés par les chaleurs de fin mars, en pleine floraison au retour du froid. Ce même froid qui ôta l’épée de Damoclès qui pèse sur les professionnels en gelant profondément le manteau. Nous aurions sans problème pu tenir les pistes ouvertes jusqu’en mai, retrouvez les données résumées dans le graphique sur la feuille de calcul avril 2021
Les indépendants du tourisme se réinventent, la crise du coronavirus nous laisse prostrés, abandonnés au bord de l’autoroute économique. La confiance en l’avenir passera par des plans de repli, une diversification, pourquoi pas un nouveau chemin? J’ai peu souffert, occupé six mois par les remontées mécaniques restées heureusement ouvertes, je sors d’un période intense. Le manque à gagner n’a pas été dépensé en loisirs, la balance se maintient. Je vis plus simplement, avec des valeurs que j’admirais mais peinais à suivre distrait par le contexte social, le Pub…
Je ne ferai plus d’accompagnement professionnel, la décision date d’avant la crise. Comme j’ai rédigé un travail de mémoire il y a 23 ans, je vais produire un travail de retraite dès mai. Mon challenge : transmettre avec les outils numériques ce que j’ai appris sur ma vallée, en essayant de rester intéressant et constant. Mon site www.annitrek.com ne vendra plus de randonnées, il sera un espace de regroupement des publications libre de publicité, mon QG numérique dès le 10 mai. Je publierai comme autrefois les films sur la chaîne YouTube et les articles sur ce blog, le compte Twitter (X) sera complété par Facebook et Instagram, désormais je réseaute.
Je ferai à ma façon, sans cours de communication, ni web publishing, sans # ça me fait mal aux yeux. Comme j’aime dans la mesure des moyens techniques et de la créativité à disposition. Je suis désormais cyber-conteur, mais dès que possible rendez-vous autour du feu !
Du beau temps et des températures faciles en février subliment la plus haute période touristique, du moins quand l’enneigement est suffisant. Un soleil même insistant n’attaque que superficiellement un manteau d’un mètre dans notre fond de vallée ombragé. Début mars, déjà gavés de lumière et de ski, nous commencions à craindre pour notre neige. Pas de précipitation à l’horizon, des températures trop clémentes et une neige sale qui supportera mal le soleil printanier. Les restrictions covid nous privant d’une grosse partie de la clientèle, j’appréhendais la suite de la saison. Heureusement le team Events prévoyait moult courses, dont les championnats nationaux du 22 au 28.
Pente sud de Combe Durand le 4 mars 2021.
Puis on annonça de grosses perturbations avec un fort apport de neige. La Corne mesura la deuxième rafale de l’hiver avec 116 km/h le 11 à 23h30, puis quelques giboulées nous mirent en condition, les véritables précipitations commencèrent la nuit du 13. La stratégie de MétéoSuisse semble d’alarmer pour ensuite baisser les prévisions au fur et à mesure que la situation se précise. C’est mieux que le contraire, mais un peu frustrant quand on aime les coups de tabac, les minages extraordinaires et les avalanches grandioses.
Un scénario parfait, plus de 20cm trois jours de suite pour un cumul sur trois jours de 72cm. Les vents soutenus du NW, dont deux rafales à 106 km/h, portèrent la neige dans la cuvette de Sorebois sans commettre d’excès. Le premiers minages du 14 vit de beaux résultats, la surface du manteau rejetait la nouvelle neige, beaucoup d’avalanches spontanées. Le minage hélico final du 16 mars programmé au matin dut attendre la fin de journée, trop de vent sur les arêtes. La couche toucha ce matin-là la plus haute côte de la saison. La neige se tassa visiblement pendant la journée, les résultats restèrent moyens voire faible, ce qui repoussa le problème. Le SLF plaça les 15 et 16 en degré 4 fort, les prévisions et le degré de danger pour notre région étaient conformes aux observations sur le terrain.
Puis vint l’étrange samedi 20 mars; les aficionados avaient déserté le télétravail pour tracer la neige fraîche pendant la semaine, mais un apport d’une dizaine de cm et un ciel azur promettait un beau week-end. Un fort vent d’est s’invita à la fête, déplaçant la neige fraîche sur les sommets et dessinant d’hallucinants nuages, sans gêner le ski. De gros cristaux de givre de surface faisaient scintiller la montagne.
Le 20 mars 2021 à 9h30, photo de Laeti.
Anticyclone, températures fraîches mais en augmentation constante, la fête s’annonçait superbe pour les organisateurs des championnats suisses. Tout se passa très bien, j’en profite pour faire un clin d’œil aux bénévoles qui permettent à Zinal d’organiser tant de courses au long de l’hiver.
Merci ! Sans vous, sans courses, la saison eut paru bien longue.
Toute la fin du mois fut belle, une micro-perturbation le 27 freina la hausse des températures qui atteignirent 8.8° à 2900m le 30 en fin de journée. Je me dis souvent qu’il vaudrait mieux noter les records de chaleur que de froid, ils deviennent plus spectaculaires. Le rapport climatologique mars 2021 de MétéoSuisse parle de records de chaleur battus dans de nombreuses stations du pays. La feuille de calcul mars 2021 confirme le bilan national, deux profils publiés précédemment gardent mémoire de la configuration neigeuse.
Un profil de deux mètres prend deux heures, en se contentant d’un test de compression. J’ai choisi une pente nord une vingtaine de mètres sous l’arête de la Corne, un endroit qui subit l’influence du vent, mais qui n’a été ni skié ni déclenché de la saison, une rareté fin mars. Le sol est gelé, toutes les strates sèches, alors que le soleil de printemps pousse doucement le 0° au-dessus de 3000m.
Cliquez sur l’image pour agrandir.
C’est vraiment intéressant de constater les différences d’évolution du manteau suivant l’emplacement. Les principales particularités de cette coupe, outre les 90cm en plus du jalon au plat :
– L’épaisse strate au sol est formée de neige très ancienne, probablement tombée en octobre et soufflée par le foehn; les cristaux sont gros mais soudés, ils faut gratter pour les recueillir. J’y vois une grosse métamorphose constructive en début de saison, puis modérément destructive.
– La deuxième strate résulte certainement de neige artificielle accumulée lors de l’effort d’enneigement de fin novembre. Les canons sont à 50 mètres.
– La troisième résulte des neiges de décembre, peu tassées par le vent et bien métamorphosées.
– Les trois couches suivantes sont tombées la deuxième quinzaine de janvier, la plus solide était poussée par des vents à plus de 120 km/h.
– Après un couche molle née des dernières neiges de janvier et des premières de février, on trouve la fameuse couche mêlée des sables du Sahara autour du 6 février. Pas de précipitation, seul le vent du sud modela cette state, mélange de neige soufflée et de sable.
– Puis une couche de faces planes très fragile. J’y vois les dernières neiges de la première quinzaine de février restées en surface jusqu’au 10 mars. Cette strate s’est effondrée après huit touchettes au test de compression. Là où plus de neige s’est accumulée dessus, elle présente le principal danger actuel et semble responsable de plusieurs accidents mortels (4 morts en Valais du 20 au 23 mars).
– En surface les dernières neiges de mars. La couche est fine, les forts vents du N-NW ont accumulé ces précipitations sur l’autre versant.
La deuxième faiblesse est à 60cm, j’ai pu découper jusque-là une fine lamelle et la déplacer pour l’observer à la lumière, l’ensemble est donc cohérent. La plupart des endroits similaires plus pentus se sont déjà déclenchées plusieurs fois cette saison. Jusqu’aux avalanches de printemps, le danger viendra principalement des neiges accumulées sur la très remarquable couche sablée.
Profil effectué près du carré de mesures à Sorebois 2500m le 4 mars à 13h. Un exercice intéressant qui permet de constater l’évolution de la neige à l’endroit des mesures. Ce sont donc les 349cm de flocons tombés depuis novembre tassés et transformés sur les 112cm profilés. La température de l’air était de +0.5°.
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Au moment d’entrer les observations dans le logiciel j’ai douté, certaines associations de grains me paraissent improbables comme les faces planes et les grains très fin vers 90cm. Le vent, le froid et l’ancienneté de la couche expliquent certaines évolutions. J’analyse ainsi les particularités des principales strates :
– Les gobelets au contact du sol, pourtant bien constitués, fondent et s’arrondissent. Peut-être les températures positives pendant le profilage.
– Nous trouvons la neige tombée jusqu’au 19 janvier sous une couche dure restée en surface à 37cm. Des journées ensoleillées et douces ont créé une croûte de fonte-regel désormais fragile.
– Les neiges de 37 à 96cm correspondent à l’épisode agité du 23 au 31 janvier, les petites faces planes à 90cm sont peut-être une métamorphose constructive des grains fins majoritaires ?
– On distingue des particules sur les dernières strates, probablement tombées du 13 au 17 février.
– En surface, une croûte fragile certainement formée par les vents, avec des creux en surface typiques de la vieille neige longtemps exposée.
Après l’accalmie du 31 janvier, de nouvelles perturbation apportèrent quelques précipitations dans un air très doux, et nous craignions qu’enfin libérés des cités, nos clients ne bravent les dangers sans discernement. La grande combe de Singlinaz qui domine la piste de l’Aigle avait résisté aux tirs de Gazex et au minage par hélicoptère, impossible d’ouvrir le retour en station dans ces conditions. Même fermées barricadées, ces pistes sont parcourues à contre-sens par de nombreux randonneurs souvent inconscients du danger. Je mesurais 2° à Zinal le 3 au petit matin, il pleuvait jusqu’à 2400m, de nombreux talus se déclenchèrent sous la limite des forêts. Nous redoutions le scénario de Noël 2012 que j’avais résumé ainsi :
Avalanche du 22 décembre 2012 à Singlinaz.
Suivant le même plan mais dans des proportions moindres, l’avalanche de Singlinaz se déclencha peu avant 15h, recouvrant la route de la Latta et la piste jusqu’au sommet du mur noir, et le bas de la route, épargnant encore une fois de peu les bâtisses de l’alpage. Cette neige lourde n’aurait laissé aucune chance aux randonneurs présents sur son passage, même équipés comme des lions aux portes du Colisée.
Singlinaz le 3 février à 16h.
Nous n’avions plus qu’à attendre que les talus en amont de la route du retour vers la Barmette se déclenchent pour envoyer les machines ouvrir la piste. Ce que permit finalement la grosse chute des températures du 8 qui figea les pentes humides sous 2500m, rabaissant le danger d’avalanches à 2 dans la région. Après ce jour, seules les coulées déclenchées par les freeriders dans le vallon de Moiry nous préoccupèrent, l’ensemble du domaine sécurisé resta stable et je ne mesurais que 10cm supplémentaire pour le reste du mois. Avec 48cm de neige tombée et une température moyenne de -1.5° le matin en station, février resta calme et trop doux. Malgré la phobie du covid, de nombreux skieurs profitèrent des relâches de carnaval pour s’aérer dans nos stations.
Sorebois le 6 février à 12h.
Deux incursions de nuages de sables du Sahara allaient colorer la montagne; celui des 5 et 6 fut le plus intense depuis le 21 février 2004 qui m’avait particulièrement marqué. Un retour moins spectaculaire des sables du 22 au 25 obscurcit longuement l’atmosphère, se déposant lentement jusqu’à ressembler à du stratus sur la plaine. On les remarque bien sur cette photo du coucher du soleil prise en fin d’épisode, le 24 février à 18h depuis la Corne de Sorebois. Notez qu’en 2004 le sable était mélangé à la neige, alors que cette année il s’est déposé par vents soutenus du sud, s’accumulant derrière les mouvements du terrain. Encore plus marquant en zoomant sur les Dents du Midi :
la feuille de calcul février 2021 et le bulletin climatologique de MétéoSuisse décrivent un février trop doux, insipide du point de vue nivologique. Je mesurais 88cm à 2500m et 44 au plat en station le 28, les talus exposés au sud sont découverts jusqu’à 2000m, on ne devrait pas tarder à cueillir les premiers tussilages.
Janvier commença dans une morosité palpable malgré les réjouissance obligatoires; du froid, peu de neige, des pistes artificielles comme succédané. Après l’épisode décrit dans l’article précédent nous reprîmes quelque espoir, la fin du mois rendit un sourire tendu aux amoureux de la neige conscients des dangers qu’elle emmène. Le graphique mensuel résume les mesures à 8h dans le vallon; barbare pour le néophyte j’y vois la synthèse des jours vécus. Seul Eole manque au tableau, j’ai rajouté en-dessous le résumé de ses frasques à la Corne :
Cliquez sur les images pour agrandir.
Les traits bleus du premier tableau résument l’enneigement; les verticaux montrent la neige tombée et les horizontaux l’évolution de la couche, le foncé à 2500m, le clair à 1700m en station. Pour ouvrir toutes les infrastructures dans les meilleures conditions il faut 50cm en station et 1 mètre à Sorebois, chiffres atteints le 28 d’une fin de mois agitée. Tout se combina pour créer une situation dangereuse, un mauvais fond heureusement brassé par l’épisode précédent, des précipitations, du vent et un gros redoux. Le danger 4 régna du 28 au 31, le raisonnable mètre de cumul évita les gros problèmes. Un minage régulier pendant l’épisode laissa des finitions au radieux samedi 30, et nous craignions peu pour les alentours du domaine skiable. La montée en cabine alarmait sur les conditions, tous les talus en-dessous de 2300m avaient cédé sous le poids d’un manteau alourdi par le réchauffement. Le danger résiduel menaçait principalement les pentes de basse altitude qui n’avaient pas encore lâché. La Montagne, où la gestion du danger d’avalanches est laissée au Point de Rupture, cachait ses pièges sur les pentes moyennes qui ne rompent que dans les pires configurations. Je n’avais jamais constaté autant de cassures dans les talus en aval du domaine skiable, espace que nous ne gérons d’ailleurs pas. Le minage hélico fut un peu plus spectaculaire que le précédent, mes images ne valent pas le détour. Côté Bendolla, une impressionnante vidéo du minage cartonne sur le web.
Zone en aval du domaine skiable, secteurs Chiesso et Tsarmettaz.
Le bulletin climatologique janvier 2021 de MétéoSuisse décrit un janvier hivernal et très arrosé, particulièrement en Suisse orientale. La feuille de calcul Janvier 2021 et le tableau comparatif ci-dessous confirment la tendance nationale, notez que ce sont les moyennes des températures à 8h chaque matin.
Le danger n’est pas proportionnel aux quantités de neige, la constitution du manteau prédomine. Je n’ai pas trouvé le chiffre des âmes perdues ce janvier, il est considérable mais infime relativement aux risques pris. La Montagne est généreuse; au vu des affronts qu’elle subi son prélèvement reste moindre. Des professionnels expérimentés se font parfois piéger, la gestion du danger ne l’élimine pas, la durée de fréquentation condamne statistiquement ceux qui s’exposent souvent . A ces passionnés je dédie la photo ci-dessous, une beauté immense qui les accueille désormais. Les premières images de l’album public Hiver 2021 sont en ligne.
Au bilan de l’épisode nous avons touché une soixantaine de cm, le bas de la fourchette au niveau Suisse. Avec les 30cm en place nous glissons désormais sur 65cm bien tassés à 2500m, ce qui améliore grandement le ski et redonne un aspect hivernal au vallon. L’excellent blog de MétéoSuisse résume techniquement les fluctuations météo de l’épisode qui profita particulièrement à la Suisse centrale et aux Grisons. Au niveau des avalanches, les principales pentes sont purgées mais de nombreux pièges persistent sur les déclinaisons moyennes et faibles, où la neige récente est posée sur du gros sel.
9 janvier 2021 – Nous avons commencé décembre avec entrain et espoir; le froid et la neige revenaient, les cafetiers investissaient dans le plexiglas, les remontées engageaient le personnel saisonnier. Le 2 au matin, une quinzaine de cm rendirent à la montagne le manteau hivernal dérobé par novembre. Nous n’imaginions certes pas commencer une saison normale, mais du moins offrir à nos hôtes grand air, sports de glisse et délassement. Les courses de coupe d’Europe des 7, 8 et 9 se sont déroulées dans de bonnes conditions malgré des températures très basses. Nous ouvrions au public le 12, après avoir reçu la veille l’autorisation d’exploiter la nouvelle télécabine. Une bonne bière au Pub après le ski, nous souriions sous nos masques malgré les étranges plexiglas .
Sorebois le 2 décembre, des tas artificiels et une maigre couche de fond.
Lundi 14 le front chaud annoncé par MétéoSuisse mouilla la neige jusqu’à 2600m, je mesurais quand-même 7cm à 2500m, une dizaine en amont. Nous trouvions 36cm à 2500m pour 42cm de neige tombée, donc une couche peu tassée, pas de quoi profiter du hors-pistes ni damer les naturelles. Les nuits suivantes, découvertes, transformèrent la neige en gros sel. Au retour du froid et des précipitations à Noël le substrat n’était que roulement à billes et je publiais une mise en garde, la neige annoncée ne tiendrait pas. Les grandes pentes se purgèrent spontanément mais d’innombrables pièges subsistaient sur les déclivités moyennes. Seules les expositions sud où la neige avait fondu ne présentaient aucun danger. Le SLF avait placé la région en degré 3 le 12 au matin et allait garder ce niveau alibi pour le reste du mois. L’épisode provoqua son lot de frayeurs à lire sur le site de la police cantonale. La photo ci-dessous au contraste accentué montre le sommet de la combe de Tsirouc, on constate que toutes les pentes se sont purgées spontanément, effaçant les traces des chanceux qui jouèrent inconsciemment leurs vies. Ceux qui ont emprunté le premier couloir pouvaient-ils savoir qu’il s’était déclenché avant la dernière neige? J’en doute, ils y vont c’est tout.
Les hauts de Tsirouc le 26.12, cliquez sur l’image pour agrandir.
Il était tombé en tout 91cm avant le premier minage de la saison le 25 décembre, dont 27 les trois jours précédents. Les dernières pentes nord ne résistèrent pas aux explosifs et le danger résiduel ne concernait que de petites plaques isolées. Une belle frayeur tout de même entre les Italiens et Barthélémy le 26, jour provisoirement le plus froid de la saison avec -18° à la Corne au matin. La surface de la neige à -26° ne glissait pas, compliquant la sortie des télésièges. Les pentes adjacentes aux domaines skiables stabilisées, restait la Montagne qui immola sa première victime dans la région le 29 au-dessus d’Hérémence. Les 28 et 29 faisaient l’objet d’une alerte vent de degré 3, nous rangeâmes toute la station pour une pointe mesurée à… 65 km/h. Nous trouvons depuis quelques congères d’au maximum 30cm à l’abris des vents d’ouest à nord.
Lever du soleil sur le Weisshorn le 21, trois heures avant le solstice.
Le coronavirus se mêla des fêtes, les bistrots refermèrent malgré les mesures prises. On ne servait plus les skieurs qu’en take-away, les clients glacés picoraient leurs frites au alentours des buvettes, certains squattaient les wc pour se réchauffer, alors que des milliers de francs avaient été investis pour équiper les restaurants. Le plus dur dans cette tempête sociétale sera désormais de faire confiance aux girouettes qui nous dirigent. La feuille de calcul Décembre 2020 et le tableau ci-dessous résument un décembre normalement frais, nuageux, peu neigeux dans notre région alors que partout ailleurs on annonce de beaux cumuls. Prions le Seigneur, comme dit ma coiffeuse.
24.12.2020 Nous espérons recevoir un peu de neige pour Noël, le substrat défavorable m’incite à publier un message de prévention avec mes voeux. Après un novembre chaud sans précipitation, ce qui a permis aux premiers décimètres de terrain de geler, une vague de fraîcheur et un peu de neige ont recouvert le sol d’une trentaine de cm. Les pistes bénéficient désormais d’une bonne base artificielle, le froid permet une bonne production. En début de deuxième quinzaine, le beau et les nuits fraîches ont métamorphosé la neige sous fort gradient. La couche s’est transformée en sel dès 1500m, disparaissant complètement en aval. Un fort redoux depuis le 20 mouilla le manteau sous 2200m, le croûta dès 2500m sur les versants touchés par le soleil. Les pentes nord sont restées en gros grains anguleux sans aucune cohérence. Lundi 21, les pentes abruptes sous 2500m se purgeaient sous l’effet de la couche supérieure alourdie par la chaleur et la pluie. Nous manquons cruellement de neige, mais la quantité ne fait pas le danger. On peut espérer 20-30cm d’ici samedi matin, un beau cadeau mais…
Les pentes ouest à sud-est en passant par le nord en-dessus de 2200m seront extrêmement instables!
Les protections indispensables pour sortir des pistes, DVA et sac airbag, ne serviront pas ou peu. Entraînés dans les pierres par de petites coulées, même équipés comme des lions, les membres se brisent, les fameuses premières 15 minutes ne sauvent plus.
Je n’ai pas croisé le traineau du Père Noël, mais plein de machines bizarres dont les superbes cabines en fonction depuis le 12 décembre. La dynamique de Zinal change complètement, les travaux exécutés par la commune dans la rue centrale du village participent au ressenti positif en cette période morose. De bonnes fêtes à tous, soyez prudents, respectez le balisage et les consignes. Que le sapin serve de décoration et pas d’emballage.
On bénéficie souvent d’une longue situation anticyclonique automnale, idéalement en octobre. Cette drôle d’année, l’été indien s’est maintenu tout novembre, à peine entrecoupé par deux insignifiantes perturbations. Le blog MétéoSuisse narre un automne exceptionnellement doux et sec qui frôle les records dans de nombreuses stations, au col du Grand St-Bernard dont les mesures initiales datent de 1818, c’est le deuxième novembre le plus doux après 2015. Pas grand chose à dire sur l’enneigement, les deux perturbations laissèrent 4cm le 16 et 2cm le 20 au matin, qui fondirent rapidement sur toutes les faces un tant soit peu ensoleillées. J’enregistrais une rafale à 75 km/h le 16 et -12° le 20 à la Corne de Sorebois, de minables records provisoires. Par contre deux mercures à 6.9° à 2900m les 2 et 18 du mois, ce qui semble surréaliste… Sur les pentes nord dès 2500m et en-dessus de 3000m, la neige se cristallisa fortement, la montagne exhalait un avant-goût d’hiver. Les alentours des sources et cours d’eaux gelaient lentement, traverser certains torrents pouvait se révéler dangereux. On atteignait encore facilement les cabanes, bon nombre de randonneurs profitèrent de ce novembre ensoleillé.
Le 29, on commence à étaler la neige artificielle sur l’arête de Sorebois.
Les températures près du sol et l’air très sec permirent la fabrication de neige artificielle dès le 12, les tas sur l’arête de Sorebois étaient quasi suffisants en fin de mois. Je commençais mon hiver auprès des remontées mécaniques le 16 par une semaine à Grimentz avant de regagner mon secteur le lundi suivant. Mon premier contrat hivernal date de l’hiver 90-91, et je me laisse encore surprendre par les caprices de cette montagne, le genre du mot ne m’étonne guère… J’ai fait un tour complet du nouveau télécabine le 27, je prends doucement conscience du changement qui se dessine et de l’outil extraordinaire qui sera mis en service le 12 décembre. Sorebois la belle s’offre une nouvelle jeunesse et si ce monde n’est pas le mien, je suis reconnaissant envers les techniciens, investisseurs et autres décideurs qui permettent ce renouveau.
Un trou dans l’emballage du cadeau de Noël des amoureux de Zinal.
Le terrain a gelé, ce qui n’est plus arrivé depuis l’hiver 2017, nous devrions avoir moins de soucis avec les avalanches de glissement. On annonce un changement radical de temps pour le 1er décembre, même si la neige naturelle ne vient pas, la baisse des températures permettra l’enneigement technique et nous espérons être prêts pour les courses de coupe d’Europe des 7-8-9 et l’ouverture au public le week-end du 12. Le lien vers la feuille de calcul Novembre 2020 suffira pour illustrer novembre, le graphique que je publie habituellement n’a aucun intérêt. La situation sanitaire jouera aussi un grand rôle cet hiver, et nous ne pouvons qu’espérer un peu de raison de la part des autorités comme des sportifs. Les premiers laisseront respirer la population en favorisant l’accès aux grands espaces montagnards, les autres respecteront les mesures sanitaires qui juguleront l’épidémie. Ainsi soit-il.
4 octobre 2020 – Après cinq semaines contrastées, nous vivons de douces journées printanières, les pentes exposées perdent leur neige jusqu’à 3000m. L’ambiance est automnale, il pleut des aiguilles de mélèze, une planète dorée aux journées trop courtes.
Sorebois le 31 octobre 2020 à 13h30
MétéoSuisse proclame un octobre frais et humide sur son blog, l’hiver a fait plusieurs incursions dans la période estivale. Le 30 août déjà, 10cm à 2600m, -4.3 à la Corne, puis du 25 au 28 septembre avec 20cm et -11.1°. Suivent en octobre une trentaine de cm répartis entre quatre épisodes frais, plus une quinzaine de journées de gel en montagne. Les pentes nord sont figées dès 2700m, le terrain gelé sur une dizaine de cm. L’épisode du 2 vit des vents du SE à plus de 115km/h, on trouve des congères de 40cm sur une moyenne de 20cm à 2800m. Neige dès 2200m, zones ensoleillées en fonte rapide jusqu’à 3000m, pentes nord en cristallisation. Peu de neige artificielle. En haute montagne c’est hivernal, on observe de petites coulées déstabilisées par le soleil. Parce qu’il fait chaud, 7.9° à la corne samedi, 6.9° lundi 2 novembre. Un rafraîchissement arrive ce mercredi.
Températures Corne de Sorebois octobre 2020, cliquez pour agrandir.
Comme chaque début d’hiver je photographie Sorebois depuis Le Tônet, près du sentier des Arolles. Un bel itinéraire automnale décrit sur le blog d’Images en ballade. Un couple d’aigles occupe ces contrées, ils se sont posés pour regarder deux intrus dévier du chemin. Des proies? Suffit qu’ils trébuchent…
Samain, Toussaint, Halloween, pas étonnant que les cérémonies se croisent, la période est cruciale pour la nature, l’hiver arrive, plus de marmottes. Les hommes aussi prennent le temps d’une saine réflexion, pensent à leurs défunts ou cachent leurs angoisses derrière des masques. Nous avons perdu la maîtrise de notre survie, un bûcher, un grenier et des granges pleines ne garantissent plus un hiver confortable. Nous vivons en interdépendance économique le plus souvent à flux tendu. La moindre anicroche perturbe tout, la surpopulation dépend du système. Indépendance et liberté ne sont plus que des mots, des concepts. La nature se fout du coronavirus, la morosité ne l’atteint pas, elle rit. Le soleil est au plus bas, l’hiver arrive l’écureuil est prêt, l’aigle se contentera de guetter ses erreurs.
Comme beaucoup d’indépendants et de saisonniers mon avenir immédiat est incertain, j’attends. C’est simple de relever des données pour remplir des classeurs, on ne m’en demande pas plus, les publications sur internet relèvent d’un effort gratuit. Exposer les données et décrire la problématique c’est poser l’équation. En authentique geek les outils numériques m’accompagnent dans toutes mes activités. Je pars donc pour un treizième hiver de mesures, de photos et de petits diagrammes qui ne diront pas ce qui arrive quand il neige, mais qui rappelleront sur quoi tombe la nouvelle couche.
Je garde exactement la procédure habituelle décrite l’an passé sur l’article méthode des mesures publiées sur Twitter. Je veux publier souvent, rester plus près de l’actualité qu’en résumant les mois. Mais quand il neige je travaille plus, et ne peux interférer avec la communication des remontées mécaniques ou du service de sécurité de la commune. Si la pandémie m’offre du temps, j’améliorerai mes pages numériques. Retrouvez pour comparaison les situations initiales des douze hivers précédents, et espérons un millésime neigeux, froid et glissant.
Les sorbiers sont gavés, la plupart des fruitiers ont bien donné.
Je n’étais pas seul sur le chemin du Tônet, je roucoule avec Laeti, mon éternel amour. Nous traverserons la saison ensemble dans mon petit mayen en zone rouge. Avec sa présence et son regard les rigueurs de l’hiver seront plus douces, la nature et les hommes plus beaux.
Octobre 2020 – L’été s’est déroulé entre deux vagues de contaminations au coronavirus, la plupart des manifestations, cours et autres rencontres qui jalonnent ma saison furent annulés. Le pays sortit progressivement du semi-confinement le 27 avril, l’école reprit le 11 mai. Ceux qui organisèrent des manifestations avec toutes les mesures exigées le firent le couteau sous la gorge, le risque de voir leur travail sali, jeté à la vindicte de « ceux qui l’avaient bien dit ». Ce sont les héros de mon été, en particulier les jeunes d’Ayer qui maintinrent le camp des Moyes pour les enfants et les organisateurs de Sierre-Zinal, qui trouvèrent des solutions pour ne pas se contenter d’annuler. A l’heure où je résume les six mois estivaux, nous affrontons une deuxième vague qui jette le doute sur l’avenir. Mais revenons au vallon de Zinal…
Le 6 mai, Zinal est libre de neige jusqu’à 2000m.
Le printemps parfait eut vite raison de l’enneigement abondant, un arrosage régulier et le soleil allaient favoriser le monde végétal. On peut considérer que nous avions deux semaines d’avance sur le cycle printanier à la mi-mai. L’abondance de nourriture rendit la faune plus discrète que de coutume, les grands herbivores n’eurent pas à se montrer pour s’alimenter. La présence insistante des promeneurs et autres confinés en quête de nature accentua certainement le phénomène. Il y avait des gens partout, sur les chemins, dans les forêts; les campings cars et des bivouaqueurs occupèrent les places tout l’été, la police et les propriétaires fermèrent les yeux. Les températures de juin furent, selon MétéoSuisse « exactement conformes à la norme 1981-2010 » et les précipitations abondantes, si bien qu’une fenaison supérieure aux moyennes fut engrangée lors de beaux épisodes ensoleillés en fin de mois.
Le 22 mai déjà, la vallée verdoie jusqu’aux alpages.
Juillet respecta les normes, sans excès de chaleur ni de précipitations. Les orages sont restés sympathiques, les plus gênants annoncés bien à l’avance n’ont surpris que les randonneurs mal organisés. Rapidement, les neiges résiduelles fondirent en haute montagne, ce qui découvre les pièges mais complique la progression, plus aisée sur les névés que les pierriers.
Pas de canicule ni d’interdiction de faire du feu, la période la plus chaude chevaucha juillet et août avec des records le 31 juillet vers 16h avec 36.7° à Sierre, 26.9° à Zinal et 14.6° à la Corne. Les sources ne faiblirent pas mais on peut constater sur la carte que notre région est une des seules à présenter un bilan hydrique positif. Fin août, une magnifique perturbation gâcha le Trail du Besso maintenu par la bravoure des organisateurs. Dimanche 30 au matin, on mesurait 8cm à Zinal. De beaux fronts froids blanchirent encore le vallon les 3 et 27 octobre, mois plus frais que la norme néanmoins agréable à vivre. Le rapport climatologique été 2020 de MétéoSuisse montre des températures moyennes supérieures aux normes, évidemment…
Je n’ai pas constaté d’autres anomalie côté faune, je suis juste surpris de la discrétion des souris surabondantes l’été passé. Pourquoi n’auraient-elles pas survécu à un hiver aux températures clémentes? Comme d’habitude, on cria à la surpopulation des guêpes dès qu’elles pointèrent leurs ailes, alors que je n’ai détruit aucun nid ni déploré d’accident. Les activités humaines resteront dans les annales outre les promeneurs et campeurs; l’infrastructure du village de Zinal est en mutation. La croix qui surplombe la chapelle depuis 1899 est remplacée, la rue centrale entièrement rénovée, l’hôtel Diablons qui a brûlé au printemps se reconstruit. Le téléphérique qui transforma le mayen en station de ski en 1967 sera remplacé cet hiver par un télécabine. Le pylône 2, notre tour Eiffel locale, a disparu du paysage.
Nous avons vendangé le 19 septembre sans parvenir au quota de poids, la teneur en sucre juste passable; le printemps fut sec en plaine. Les arolles on fait peu de cônes, les fruitiers ont produit abondamment, le « coup d’hiver » du 30 août ralentit les jardins potagers et précipita la coloration des feuillus et mélèzes.
La pandémie de covid-19 a mené de nombreux Suisses vers les beautés du pays, la nature fut littéralement envahie. La plupart sont respectueux mais le nombre poussera certainement nos autorités à restreindre l’utilisation du milieu, pour protéger la nature et le travail des paysans. La votation pour la loi sur la chasse montre un clivage radical entre ceux qui vivent dans la nature et ceux qui la fantasment depuis les villes. On parle de régulariser quand on tir des animaux pour diminuer leur pression sur l’écosystème. Je crains que l’homme n’ait rien inventé, la nature régularise… Retrouvez les photos de la saison dans l’album public été 2020. Pour conclure, j’ai volé l’image ci-dessous dans Le Temps, trop parfait…
Juin 2020 – Les hivers récents sont marqués par des températures clémentes et des épisodes brutaux, les contrastes influent rapidement sur un manteau neigeux difficile à appréhender. Quand les beaux jours, les apports de neige et les vacances s’ordonnent, le tourisme montagnard baronne. J’ignore si nos décideurs remarquent la coopération du ciel ces dernières saisons, ou s’ils s’attribuent les mérites d’une économie locale florissante. Pour résumer, il a fait froid en novembre pour produire la couche de fond artificielle, la neige est tombée pour Noël puis beau jusqu’à fin janvier, beaucoup de neige pour les vacances de carnaval, enfin un printemps radieux. Les stations battaient tous les records de fréquentation au début du confinement, mars et avril furent ensoleillés comme jamais avec un enneigement suffisant. Nous vivons des années de vaches grasses, le coronavirus a juste gâché la magnifique coopération du ciel au chiffre d’affaire des stations alpines.
Je constatais la première petite coulée sur les Gardes le 22 novembre, mais rien de sérieux en vue dans l’immensité du panorama. Le samedi 30, une skieur déclenchait une plaque artificielle dans la noire du Col en cours d’enneigement. Assez de neige pour ensevelir un malchanceux ou le coincer sur un canon en aval. J’eus été curieux des gesticulations juridiques en cas d’accident. Cet hiver encore nous n’avons que de légers incidents à déplorer dans le vallon, beaucoup d’émois peu de dégâts. La saison fut globalement facile à gérer au niveau des avalanches, les incidents sont arrivés dans la périphérie du domaine, loin des pistes que nous devons garantir.
Le secteur était fermé.
Les responsabilités laissent peu de marge à l’exploitation qui ferme les installations dès que le vent dépasse les 60km/h; ce n’est pas le seul critère. Le samedi 14 décembre fut perturbé par des vents à plus de 130km/h, les remontées ferment. Les abonnements ne sont pas remboursés, les employés congédiés, leurs heures déduites. Nous avons vécu 5 tempêtes avec des vents à plus de 100km/h dont 3 à plus de 130km/h cette saison. La station ferme, un grand minage est indispensable même si les précipitations restent faibles, du travail et des soucis dont tous se passeraient. Les clients ne comprennent pas toujours que la situation sur le domaine skiable est bien plus venteuse qu’en vallée. Après les neiges de Noël, les températures ont pris l’ascenseur jusqu’à provoquer des avalanches de glissement le premier janvier déjà. L’ensoleillement de Sorebois en janvier modère le risque, mais de belles plaques menaçaient et se déclenchaient dans les pentes sud. Le yoyo des températures nous confronte désormais tout l’hiver aux problèmes printaniers. Janvier est resté beau et les explosifs au coffre jusqu’au 29, puis commença février et ses tempêtes qui apportèrent 135cm en 4 épisodes remarquables.
Le jour de la St-Valentin par grand beau temps et sous des températures plus qu’agréables un deltiste s’est pris dans la ligne de communication du Chiesso. L’évènement a évidemment fait le buzz, gâchant la journée d’une centaine de personnes bloquées sur la ligne pendant presque deux heures. L’imprudent n’était pas blessé, mais imaginez le même scénario par -15° avec une petite bise, on se plaignait déjà d’un froid insupportable sur les sièges et il faisait -1.2° par vent nul. La propension des amateurs de vol libre à frimer en rasant les pistes, les installations et les terrasses est responsable de nombreux problèmes.
Le ski hors-pistes et de randonnée sur le domaine skiable provoque son comptant d’accidents et de situations déplorables, les employés et les patrouilleurs n’ont pas l’autorité pour raisonner les utilisateurs de la montagne. Les zones de tranquillité du gibier en aval du domaine skiable peu respectées ne font qu’augmenter le sentiment de non-droit et d’anarchie autour des stations de ski.
Fin janvier, la totalité du paysage observable était sillonné de traces de ski ou de raquettes. Le gibier autour des domaine est habitué aux skieurs; refoulés dans les forêts sauvages les adeptes de nature dérangent une faune farouche. Il eut été plus profitable de protéger de vastes zones sauvages que de petites région autour des domaines skiables. Mais bon…
Changement technologique important: des caméras et radars surveillent la montagne de Combe Durand jusqu’à la Lée. Les images sont stockées et nous pouvons reconstituer les événements, vérifier que personne ne parcours la montagne, ôter le doute sur certaines situations. Ces moyens complètent les Gazex qui sécurisent désormais la rive gauche. Des journalistes enquêtent et j’espère un beau reportage sur ces dispositifs que je ne manquerai pas de partager. Autre changement matériel important, le téléphérique a vécu sa dernière saison et laissera la place à un télécabine qui doublera au bas mot le débit de l’installation de base l’hiver 2021. C’est donc une des dernières mythiques « grosses queues de Zinal » que j’ai immortalisé par drone. Ce sera la photo de l’hiver 2020 :
Le 28 février 2020 à 10h.
Pour revenir à la météo et ses conséquences, nous avions 150cm de neige à Sorebois et 50cm à Zinal quand fut décrété le confinement le vendredi 13 mars. Une période printanière incroyable s’installa, avec des journées ensoleillées et des nuits assez fraîches pour maintenir et stabiliser la neige. Une montagne parfaite et fermée. Il fallut attendre les quatre derniers jours d’avril pour dépasser les 6m au cumul saisonnier, ce qui place l’enneigement du millésime bien au-dessus de la moyenne.
L’hiver 2020 fut parfait pour la pratique des sports d’hiver à Zinal, sans extrême météo. 620cm de neige, température minimale à 2900m de -17.7°, un peu plus d’agitation côté vents avec une rafale record à 137.5km/h. Parfait sans un certain vendredi 13…
La neige naturelle et les températures pour produire une base artificielle sont arrivées tôt, les entraînement débutèrent le 12 novembre sur l’arête de la Corne, les premières compétitions le 20. L’ouverture au public prévue le 16 fut déplacée au 23 novembre pour garantir des pistes de qualité. Décembre garantit un bon enneigement pour les vacances de fin d’année avec un magnifique minage le jour de Noël. La neige est mesurée à Sorebois 2500m sur un carré protégé de 9m de côté, le cumul en 24h est relevé tous les matins sur une planchette blanche. Le cumul de 620cm du 1er novembre au 30 avril place cet hiver au-dessus de la moyenne. Ces bons chiffres sont valables au-dessus de 2200m, en station les épisodes finissent souvent en pluie.
Le cumul par quinzaines
L’enneigement atteint son sommet la première quinzaine de mars pour s’effondrer ensuite sous les rayons d’un printemps précoce. Il n’y eut que quelques randonneurs pour apprécier ces excellentes conditions.
L’évolution de la couche par quinzaines.
03.11.2019 = 02 cm, 04.11.2019 = 04 cm, 05.11.2019 = 08 cm, 06.11.2019 = 05 cm, 08.11.2019 = 09 cm, 09.11.2019 = 10 cm, 15.11.2019 = 06 cm, 18.11.2019 = 06 cm, 28.11.2019 = 08 cm, 29.11.2019 = 08 cm, 30.11.2019 = 15 cm
Total novembre = 81 cm
02.12.2019 = 07 cm, 09.12.2019 = 04 cm, 10.12.2019 = 18 cm, 12.12.2019 = 09 cm, 13.12.2019 = 07 cm, 14.12.2019 = 32 cm, 21.12.2019 = 06 cm, 22.12.2019 = 08 cm, 23.12.2019 = 26 cm, 24.12.2019 = 31 cm, 25.12.2019 = 15 cm, 27.12.2019 = 12 cm, 28.12.2019 = 12 cm
Total décembre = 187 cm
18.01.2020 = 10 cm, 28.01.2020 = 12 cm, 29.01.2020 = 36 cm, 30.01.2020 = 14 cm, 31.01.2020 = 04 cm
Total janvier = 78 cm
03.02.2020 = 27 cm, 04.02.2020 = 11 cm, 5.02.2020 = 13 cm, 11.02.2020 = 08 cm, 12.02.2020 = 03 cm, 14.02.2020 = 19 cm, 18.02.2020 = 04 cm, 20.02.2020 = 07 cm, 26.02.2020 = 07 cm, 27.02.2020 = 15 cm, 28.02.2020 = 21 cm
Total février = 135 cm
01.03.2020 = 13 cm, 02.03.2020 = 10 cm, 03.03.2020 = 21 cm, 05.03.2020 = 09 cm, 06.03.2020 = 22 cm, 09.03.2020 = 05 cm, 11.03.2020 = 18 cm, 13.03.2020 = 08 cm, 30.03.2020 = 06 cm, 31.03.2020 = 03 cm
Total mars = 115 cm
27.04.2020 = 04 cm, 28.04.2020 = 04 cm, 29.04 2020 = 12 cm, 30.04.2020 = 04 cm
La saison a battu plusieurs records de chaleur, et les extrêmes de températures ne sont pas descendus bien bas. La station SLF de Sorebois à 2890m mesure les températures et les rafales de ce palmarès.
Les vents se sont montrés plus intéressants, rappelons que je ne retiens que la plus belle rafale de chaque épisode tempétueux.
Suivent : 124.6 km/h WNW 291° le 28.01.2020 à 06h30, 112.7 km/h SE 143° le 14.11.2019 à 23h30, 95.4 km/h SE 144° Le 23.11.2019 à 05h00
Sur 182 jours observés, année bissextile oblige, 66 jours étaient parfaits, 53 jours étaient agréables avec une nébulosité jusqu’à 50%, 63 jours l’impression était mauvaise avec plus de 50% de nébulosité, dont 40 au ciel complètement bouché. J’estime la nébulosité entre 8h et 8h30 chaque matin à Sorebois, sur la webcam de la Vouarda en cas d’absence.
Une saison bien équilibrée, des vacances de Noël enneigées suivies d’un beau mois de janvier. Mais le beau temps est réellement arrivé avec la fermeture des stations et le confinement la deuxième quinzaine de mars. Des week-ends ensoleillés et des périodes de pointe ponctuées de très belles journées. La saison avant sa fin abrupte dépassait tous les précédents records de fréquentation.
Le SLF émit le premier bulletin d’avalanches le 13 novembre déjà, 170 jours sont observés jusqu’au 30 avril. 22 jours étaient placés le matin en degré 1 et l’après-midi en degré 2, au total on compte 27 jours en degré 1 faible, 82 jours en degré 2 limité, 56 jours en degré 3 marqué et 5 jours en degré 4 fort.
Le millésime 2020 est assez similaire au précédent, décembre et février concentrent les journées dangereuses. En général, nous approuvions le pronostic du SLF à quelques grosses absurdités près, mais l’institution réagit rapidement et corrige les erreurs.
Les commerces sauf le supermarché fermés, des randonneurs au départ de Singlinaz, de nombreux pomeneurs, une neige en fonte rapide sous un ciel magnifique, avril ressemblait à mai. On connaît ici le semi-confinement, on le vit tous les creux quand touristes et saisonniers désertent. Depuis le 16 mars je n’ai plus accès à mon champ de mesures de Sorebois, j’ai envoyé six fois le drone photographier la règle, et me suis aligné aux mesures des sondes pour estimer la fonte journalière. Le résultat est précis sans atteindre l’exactitude habituelle. Nous avions 130cm à 2500m au début du mois, il n’en restait qu’une vingtaine en station, le cumul frôlait les six mètres. Les conditions sont restées parfaites, le ciel limpide, jusqu’à la date de fermeture des pistes. Un ciel couvert et un redoux le lundi 20 provoqua la première avalanche de la période sur les Gardes et la montée sur 3 du degré de danger; ils ne dormaient pas à Davos. Le 11 avril, impressionné par l’avancée du printemps, j’envoyais le drone faire un bilan du vallon.
Le vallon de Zinal et Sorebois le 11 avril à 13h.
La neige disparut de mon champ de mesures en station le 6, le 11 la fonte est bien engagée jusqu’à 2000m, les pentes sud sont libres jusqu’à 2800m, on pourrait facilement skier à Sorebois mais impossible déjà de descendre en station. A ce stade on peut qualifier de normal l’enneigement pour mi-avril. Vers 16h, le drone reprenait du service pour les pompiers, l’hôtel des Diablons brûlait. Les images spectaculaires appartiennent au service du feu qui m’a mandaté pour les faire, survoler ce genre d’événement est interdit. Vers 19h, le vent de montagne entraînait la fumées dans toute la vallée.
Le 11 avril à 19h30, la toiture de l’hôtel des Diablons flambe.
Il fit un rien moins beau la fin du mois, mais les températures dépassaient allègrement les normes. Il fallut attendre le 27 pour recevoir les 4cm qui permirent au cumul de dépasser les six mètres, 20cm allaient s’ajouter les trois derniers jours d’avril. La situation nivologique est restée absolument neutre et calme pendant la durée de la crise du coronavirus. Je cessais mes mesures le 30 avril, il restait 72cm au jalon de Sorebois 2500m. Comme l’indique MétéoSuisse dans son bulletin climatologique avril 2020, avril fut parfait, beau, évidemment trop doux et beaucoup trop sec. Retrouvez les données résumées dans le tableau ci-dessous dans la feuille de calcul avril 2020.
Février fut le mois des tempêtes, mars devait être celui des giboulées pour se conformer aux dictons. Ce fut le cas la première semaine, nous avons trouvé tous les matins assez de neige fraîche pour effacer les traces de la veille, sauf le magnifique mercredi 4 entièrement voué à Phoebus. Un minage à skis suffit à sécuriser le domaine le 3, un grand minage avec peu de résultat secoua le vallon le 6. La météo est ensuite restée mitigée jusqu’au 11 quand 18cm supplémentaires nous renvoyèrent à la mine. Nous étions après ces épisodes sûrs d’une chose: nous aurions largement assez de neige pour terminer la saison quoi qu’il arrive. Ce fut le cas, je ne m’attarde pas ici sur le sujet de l’article précédent, tout s’est terminée abruptement le vendredi 13.
Le Besso fait sa pub le 4 mars à 10h.
Nous observions en début de mois dans le paysage de vastes plaques spontanées, toute la couche glissait avec des résultats parfois spectaculaires. Nous nous sommes alarmés quand des talus entiers se déchargeaient au passage de freeriders à proximité du domaine. Une couche humide surplombait directement les gobelets au contact du terrain. Si nous avons rapidement remédié au problème près des pistes, nous craignions pour les nombreux et totalement indisciplinés randonneurs. A ce niveau, on peut affirmer que le coronavirus a sauvé quelques vies.
Les pentes ouest du Val des Arpettes le 12 mars, une cassure estimée à 2 mètres.
Le 7 mars à 12h30, soit le lendemain d’un minage hélico décevant, une longue corniche céda au sommet des Gardes de Bordon. De gros panaches d’aérosols envahirent les Plats de la Lée ouverts, une branche déborda sur Singlinaz et sa poussière atteint la piste suscitant quelques émotions. Nous étions interloqués, le lendemain d’un grand minage..? Sur place, nous avons constaté que ce n’étaient que de petites coulées confinées dans les couloirs bien loin du domaine skiable, mais que la poudre en surface avait provoqué de spectaculaires nuages, la vogra des anciens. Ainsi la petite coulée de la photo ci-dessous photographiée à 2200m projeta son aérosol jusqu’en vallée 400m plus bas. La neige des autres couloirs resta sur les déversoirs de la Lée.
Singlinaz au niveau de la Latta le 7 mars à 13h.
Les pentes exposées au soleil sous 2500m furent rapidement purgées à skis ou avec des explosifs, les endroits délicats sur les routes du Chiesso et de la Latta ne devaient plus poser de problème. Restait le « couloir à Georgy » dont la partie basse s’était déclenchée en janvier. Un minage réduit le danger le 11, si bien que nous n’avions plus de crainte lors du redoux du 13, la piste de l’Aigle ouverte tardivement allait le rester pour… pas bien longtemps hélas.
La route de la Forêt le 11 mars, juste assez pour décimer un petit groupe.
Du semi-confinement entamé le 14 à la fin du mois, le soleil domina le ciel et les nuits furent assez découvertes et fraîches pour garder un manteau stable. Quelques nuages nous visitèrent en fin de mois, les conditions pour les loisirs en montagne restèrent parfaites, un gâchis intégral. Le bulletin climatologique mars 2020 montre un mois globalement anticyclonique avec des températures, comme désormais de routine, en dessus de la norme. Retrouvez toutes les mesures de mars résumées dans le tableau ci-dessous sur la feuille de calcul mars 2020.
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Bizarrement pas de souris cet hiver, ni dans le bûcher ni aux clapiers... Bienvenue dans le quartier Dame Hermine, votre pelage fin décembre n'augure pas un hiver enneigé. Joyeux Noël quand même !
Pour que pros et miliciens du sauvetage passent de joyeuses fêtes, restez prudents ! Bonne fin d'année, un merci particulier à ceux qui s'engagent pour la sécurité et le bien-être de tous.
Un début de mois frais en Valais comme dans le vallon de Zinal où on a mesuré -16.4° à la Corne de Sorebois 2900m le 1er au lever du jour. Au même moment la station de Mottec affichait -10.5°à 1600m. La situation se rétablit, il fera même chaude ce week-end de Pâques avec plus de 12° en station sous un ciel parfait. Le premier crocus est apparu à la Tzoucdana sur un talus tourné vers le sud. On est que début avril, gardons tous nos fils. Joyeuses Pâques !
le 19 mars 2026 à 10 h 22 min
Un de mes lieux favoris, le mayen des Moyes dans la forêt d 'Ayer. Neige portante, mais les températures montent vite.
le 18 mars 2026 à 18 h 54 min
Tout fonctionne, me voilà tout neuf sur ce réseau. Peu de monde, je compte surtout l'utiliser pour publier directement sur mes pages web.