Bienvenue sur le blog qui a subi quelques transformations. Né en 2008 chez Blogger, je l’ai transféré en 2022 sur WordPress. La mise en page des publications s’est modifiée, ce que j’ai corrigé en 2025 sur 400 articles??? .
Une belle archive des conditions météo et d’enneigement, mais pas de mesures actualisées. Il faudra faire confiance aux infos officielles pifométriques sur InfoLive. Pour l’enneigement et le danger d’avalanche référez-vous au SLF, à MétéoSuisse pour la météo ils sont au top. Ce qui ne veut pas dire infaillibles, ça ne doit pas empêcher de réfléchir local dans notre vallée au climat si particulier.
Je conseille cette page pour les infrastructures de Zinal, les infos regroupées et lisibles. Mes publications restent centrées sur la météo, la neige et les phénomènes naturels en Anniviers. Merci, bonne visite de mon trek numérique !
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par annitrek.com le 16 mai 2026 à 8 h 26 min
Après Saint Servais, Saint Boniface et la froide Sophie du 15 mai, nous pouvons enfin planter les choux à la mode de Mayoux. Cette année, la réalité a touché les limites des mythes.
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Précipitations à Zinal, cinq vérités vraies
On parle beaucoup de la pluie et du beau temps, souvent une manière d’engager la conversation. Pour ceux qui vivent hors des bureaux, ateliers et autre commerces c’est toujours essentiel. Avant qu’on gaspille les bienfaits du progrès à produire des chimères c’était la base, le contexte initial. On y reviendra contraints par effet boomerang, à moins qu’on s’enterre. Alors où en est-on vraiment avec notre climat, que fait ce ciel que beaucoup voudraient radieux toutes l’année ? La science s’inquiète voire panique en ce début 2026, elle qui nous met en garde depuis 40 ans. Les températures mondiales explosent sous la mer comme au ciel, les prévisions de Copernicus pour l’été 2026 sont effrayantes. Les capteurs et satellites annoncent un épisode El Niño particulièrement marqué avec des répercutions globales. Au bilan de l’année dernières on constate des températures très élevées sur tout le continent comme au niveau mondial. Plus près l’hiver s’est montré avare en précipitations, mars et avril ravivent le spectre d’une sécheresse. Paniquons-nous pour rien après un nouvel hiver record pour la fréquentation des remontées mécaniques, nos pistes n’étaient-elles pas magnifiques ?
Il pleut enfin ce 6 mai, presque 8 mm à l’heure où je publie, on entend presque les végétaux chanter leur bonheur. Journée maussade propice à la bureautique, je reprends les données complètement libéralisées depuis 2024 de la station de Mottec, particulièrement la pluviométrie depuis 1973, mon année de naissance. Pour plus de clarté je recopie dans une feuille de calcul Google, que Gemini analysera facilement. A votre disposition le lien vers la feuille de calcul des précipitations mensuels à la station de Mottec depuis janvier 1973.
Passons aux vérités à coups de graphiques et d’une fonction intéressante, la ligne de tendance qui permet de visualiser en rouge l’idée essentielle. Rappelons que nous parlons de l’équivalent en eau des précipitations, neige grêle et autre givre sont fondus avant d’être mesurés. La moyenne des dix hivers finement mesurés de 2015 à 2024 montre un ration de 16.7 mm de neige à Sorebois 2500m pour chaque mm d’eau mesuré à Mottec. Première vérité vraie : les précipitations diminuent dans le vallon de Zinal comme l’indique le tableau interactif des précipitations. Notez une moyenne générale à 820.63 mm tout de même, le valeur nationale est de 1100 mm et celle de la région Valais central à 600 mm.
Mensuellement sans surprise janvier 2018 remporte la palme du mois le plus arrosé avec 225 mm, suivie de juillet 2014 avec 202.8 mm et de février 1990 avec 196.5 mm. A l’inverse octobre 1985 est seul à ne retenir aucune trace de précipitation, suivi de décembre 2016 avec 0.6 mm et février 2012 avec 1.2 mm, givre ou rosée certainement pour des chiffres aussi bas. Quand on s’amuse avec le fichier des données journalières on constate, toujours sans surprise que le 16 avril 2025 tient le haut du pavé avec 92.9 mm, suivi de loin du 27 mai 2007 avec ses 77 mm.
Divisons tout ça en deux tranches, avec les précipitations dans le vallon de Zinal pour les six mois d’hiver, de novembre à avril. La moyenne est de 353.25 mm soit avec mon extrapolation 590 cm de neige cumulée à 2500m. Deuxième vérité vraie : les précipitations hivernales diminuent fortement dans le vallon de Zinal, donc l’enneigement à 2500m; et vu la hausse conséquente des températures bien plus en-dessous.
Sur les tableaux mensuels, pas interactifs ceux-là, je constate la troisième vérité vraie : c’est en février et mars que les précipitations diminuent le plus. Ce qui explique en plus de l’enneigement artificiel le bon maintient des pistes essentiellement préparées en début de saison. Avril seul présente une tendance plate qui incite à garder tous ses fils.
Le tableau interactif des précipitations dans le vallon de Zinal pour, les six mois estivaux de mai à octobre, renseigne la quatrième vérité vraie : les précipitations diminuent en été dans le vallon de Zinal, mais dans une moindre mesure qu’en hiver. La moyenne depuis 1973 est de 467.38 mm.
Sur les tableaux mensuels mai et juin se compensent, alors que juillet et août enregistrent une très légère hausse. Septembre et octobre confirment la cinquième vérité vraie : nos automnes sont plus secs dans le vallon de Zinal. C’est particulièrement vrai sur la dernière décennie La baisse des précipitations en juin couplée à la hausse des températures provoque les sécheresses estivales à répétition depuis dix ans, la multiplications des restrictions de feu et le tarissement chronique des sources superficielles.
Moyenne 84.62 mm
Moyenne 85.94 mm
Moyenne 85.9 mm
Moyenne 58.83 mm
Moyenne 82.73
Moyenne 67.1 mm Les précipitations sont mesurées à Mottec depuis 1973, les autres données libérées depuis la mise en service de la station automatique en 2015. On peut donc effectuer le même travail pour les températures et l’ensoleillement des dix dernières années, mais c’est une autre histoire. D’autres station proposent des données bien plus anciennes. Spoiler : beau et beaucoup plus chaud, des courbes exponentielles, bien au-delà que le réchauffement continu depuis la fin du petit âge glacière, sans aucun rapport avec les phases de Milankovitch même si on préfèrerait. A noter que l’observatoire de Mauna Loa à Hawaï a mesuré des concentrations de CO2 dans l’atmosphère inédites, la réponse de l’administrations américaine actuelle sera certainement de fermer l’observatoire. Vous avez vu Dont Look Up ?
On me reproche des articles longs et indigestes, mais voilà, dehors il pleut-neige…
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La conquête de la Grande Couronne
Résumons l’histoire de l’alpinisme à Zinal, un village entouré par des sommets prestigieux qui ferment la vallée au sud, un ensemble appelé « Grande Couronne » tôt dans l’histoire. Bien que géographiquement privilégié, Zinal est resté longtemps isolé et discret en raison de l’accès difficile à la vallée, de la rudesse du relief (le versant de Zinal étant le plus abrupt) et de la barrière linguistique (les alpinistes anglais préférant souvent les vallées germanophones).
Cet article complète celui de 2010 « Les conquérants » qui résumait déjà cette séquence historique, et contribue à sauvegarder le texte du guide et auteur de Vissoie Guy Genoud publié dans le recueil « Zinal, défi à la montagne ». Autre article en lien sur ce site « Un météore – Georg Winkler » qui ne conquis aucun sommet de la Grande Couronne met y trouva une fin tragique.
L’alpinisme débute timidement à Zinal vers 1850 par des franchissements de cols, avant de connaître un « âge d’or » fulgurant entre 1860 et 1870, période durant laquelle tous les 4000 mètres sont conquis, principalement par des alpinistes britanniques accompagnés de guides locaux ou venus d’autres régions. L a période voit naitre la vocation des premiers guides anniviards, notamment Jean Martin et surtout Louis Theytaz, qui a œuvré pour valoriser les ascensions au départ de Zinal (comme l’arête Young au Weisshorn). L’histoire se poursuvra avec la conquête des faces nord dans les années 1930, les premières hivernales et l’évolution vers des courses plus techniques et rapides, illustrant la passion durable pour cette montagne. A lire dans le document en fin d’article.
La Grande Couronne est devenue « Impériale » sur le tard et pour les besoins de la promotions touristique du pays.
Premières ascensions des sommets entourant Zinal
- Besso (3667 m) : En 1852, le chasseur Georges Peter aurait foulé les deux sommets du Besso, mais pas de date précise pour une première ascension officielle « touristique » ou alpine classique, bien que des tentatives soient notées en 1849.
- Mt-Durand (3712 m) : Premières mention d’une descente le 9 septembre 1957 par Adrien Voillat, mais pas de date de la première ascension absolue, bien que des tentatives et passages de cols (Col Durand) soient notés dès 1858 et 1859.
- Weisshorn (4505 m) : 19 août 1861 – J. Tyndall, avec les guides J.J. Benren et U. Wenger (versant Randa).
- Dent Blanche (4356 m) : 18 juillet 1862 – Th. S. Kennedy et W. Wigram, avec les guides J. B. Croz et J. Kronig (versant Bricolla).
- Diablons (3609 m) : 24 août 1863 – Taylor Whatmann, avec les guides F. Andenmatten et Joseph Vianin (première ascension touristique).
- Rothorn (4221 m) : 22 août 1864 – S. Stephen et C. Grove, avec les guides Melchior et Jacob Anderegg (départ de Zinal).
- Grand Cornier (3961 m) : 16 juin 1865 – E. Whymper, avec les guides A. Almer, M. Croz et F. Biner (arête Est).
- Trifthorn (3728 m) : 5 juillet 1865 – F. Douglas, avec les guides P. Taugwalder et P. Inabit (première ascension conjointe avec la Wellenkuppe).
- Obergabelhorn (4062 m) : 6 juillet 1865 – Moore et H. Walker, avec le guide Jacob Anderegg.
- Cervin (4478) : le 14 juillet 1865 – Caravane de Whymper. Le Cervin ne fait partie que visuellement de la Grande Couronne de Zinal, sa première ascension et le drame qui vit la mort de quatre alpinistes sur sept partis est un point remarquable de l’histoire alpine.
- Pointe de Zinal (3790 m) : 1er juillet 1870 – A. de Torrenté, avec les guides Jean Martin et Elie Peter.
- Schalihorn (3974 m) : 20 juillet 1873 – T. Middlemore, avec les guides J.J. Jaun et C. Lauener.
- Bishorn (4153 m) : 28 juillet 1884 – Mme E. Burnaby, avec les guides J. Imboden et P. Sarbach (première ascension touristique, pas de première absolue distincte pour ce sommet spécifique avant cette date). Ascension facile, certainement réalisés très tôt.
Note : Pour le Bishorn, le Trifthorn, les Diablons et le Besso, les dates indiquées correspondent aux premières mentions explicites d’ascension ou de « première ascension touristique ». Les documents suggèrent parfois que des chasseurs ou locaux ont pu atteindre certains sommets plus tôt (comme le Besso en 1852), sans que cela soit formalisé comme une première ascension alpine classique. Lien vers le texte de Guy Genoud en .pdf
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Avalanche de la Lée du 13 février 2026
La neige arrive au bon moment, ou pas. Les deux semaines à venir seront chargées en Anniviers, les gens viennent profiter du paysage, vivre la convivialité des stations et jouer à la neige. Principalement jouer à la neige. L’hiver est calme, le manteau se transforme pendant de longues périodes sans précipitations. Quand arrive une livraison comme début janvier le neige se pose sur du gros sel, c’est instable. Six décès en Valais, 22 dans les Alpes.
Même scénario au début des vacances de carnaval, la neige en place s’est transformées pendant un mois. Il vient de tomber une trentaine de cm en station, 50cm bien tassés à 2500m, jsuqu’à 80cm à 3000m compliqués par des vents d’ouest soutenus, bien que restés sous la barre des 100km/h à la Corne. Ce vendredi 13 le ciel est parfait, le danger sur 4- fort, les avalanches ont rythmé la nuit de la Tzoucdana ( mayen crépi, réveillé mais pas eu le courage d’ouvrir l’oeil pour regarder l’heure du sinistre ), je me demandais s’il restait quelque chose à miner. C’est la Lée qui a fait le spectacle, comme d’habitude. J’ai fait un montage avec zoom, vidéos accélérées X 3 et musique pour les réseaux, en dessous les fichiers originaux. Il faudra jouer à la neige avec grande prudence ces prochains jours, on attend de nouvelles précipitations.
Et la version originale des deux caméras fixes depuis l’observatoire de la faune de la Tzoucdana :
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Notre-Dame des Clautis
Je vous présente la Dame des Clautis, un agglomérat imprégné de mysticisme. La statuette vient de Chartre, elle est juchée sur un granit du Mont St-Michel entouré de pierres rouges de Brocéliande, la grotte est faite de cailloux remarquables récoltés d’Anniviers à Ouessant, avec quelques morceaux d’océan. Elle veille sur la source qui alimente mon mayen; j’y ai déposé une bougie au soir du premier janvier. C’est historico-génétique, catho assis sur une pierre à cupules je sais l’éternité, intemporelle, ubique. Au-delà du savoir et de l’intelligence, j’ai la Foi, pour preuve mes doutes.

“Je suis plus effrayé par nos lâchetés que par leurs menaces” proclamait un pingouin du Groenland sur un dessin de presse. Le mot n’est pas de lui, l’Abbé Pierre, Camus peut-être, Gemini hésite. Ça dit tout, une de ces citations qui t’écrase par gravité. Une solution aussi.
Les tragédies nous menacent, on pourrait en éviter mais c’est dangereux ici-bas, toujours fatal. Entre des barrières matelassées ce n’est plus la vie. On peut s’engager, pompiers, sauveteurs, soignants; donner son temps, risquer sa stabilité émotionnelle. C’est du Haut-Courage.
Les lâchetés du vivre-ensemble s’étalent sur nos réseaux, dans les médias, du local à l’international. A rester droits dans nos bottes nous perdons dans un premier temps. Socialement, professionnellement, l’époque craint la franchise. Mais c’est long l’éternité avec des regrets.
Nos représentants devraient comme nous rester dignes, s’opposer ouvertement à l’injustifiable, contrarier les menteurs, replacer les goujats. Reste à répartir équitablement les conséquences du courage entre tous, sans forfaits ni privilèges. Parce que ça aussi c’est indigne d’une démocratie droite dans ses bottes.
On serait moins prospères, moins compétitifs, de droite mais dans nos bottes, la tête haute, tous ensemble. Plus des pingouins, des empereurs !
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Bonne année 2026 !

L’année commence difficilement dans notre région, on compte les victimes par dizaines après l’incendie d’un bar à Crans-Montana. Les secours sont saturés alors que les stations sont pleines, le canton est sidéré par l’ampleur du désastre. Il y aura de la joie et de la tristesse en 2026, c’est un lot qui accompagne le cadeau de la Vie.
« Moi je vous dis qu’elles sont inséparables. Elles viennent ensemble, et si l’une est assise avec vous, à votre table, rappelez-vous que l’autre est endormie sur votre lit. » Gibran – Le Prophète
The show must go on comme chantait Freddy, se sachant condamné à trépasser dans les pires souffrances. J’espère et souhaite la joie pour tous, malgré le côté impondérable des évènements qui jalonnent nos existences. Le pire, la tragédie de tous les temps, sont les misères évitables nées de la méchanceté, de l’orgueil et de la convoitise. L’ambition élève certains hommes, nous avons besoin de chefs, de meneurs; quand ils sacrifient le bonheur de leurs prochains pour satisfaire leur soif de pouvoir nous sommes confrontés au véritable mal, celui qui est évitable. Nous devons lutter contre, refuser de nous soumettre à ces tyrans. Ils sont souvent faciles à reconnaître, ils osent s’approprier Dieu. Reste a réaliser le subtil distinguo d’abord pour soi et ses propres actes. Mes résolutions pour 2026 : plus de sport, moins de réseaux, récupérer ce qu’on ma dérobé, écrire en Calibri, rester doux avec les justes, ferme avec les cons. Bonne année, bonne santé !
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Hiver 2026 – Situation initiale

Sorebois le 31 octobre 2025 à midi. Toujours pas de mesures actualisées l’hiver 2026. La fréquentation du blog augmente après les précipitations comme avant le week-end, je me doute bien que ces visiteurs cherchent des nouvelles fraîches du manteau neigeux plus que mes élucubrations météo-nivo-Manu-logiques. Restons à l’essentiel, soit les prémices de cet hiver 2026 que j’espère dynamique et glissant.
Septembre affiche 14mm de pluies au-dessus de la norme à la station de Mottec, également un léger surplus pour octobre, insuffisant pour couvrir le déficit de l’été les sources s’en ressentent. Nous avions au moins une bonne sensation d’automne, frisquounet humide et colorée comme on aime. Un épisode d’été indien début octobre, puis le premier blanchiment sérieux est arrivé avec la micro-tempête du 23, de quoi faire valser les mélèzes en station, 103.3 km/h 303° mesurés à la Corne à 15h, record du semestre d’été. Cette neige n’allait subsister que dans les revers au-dessus de 2000m, mais une deuxième couche le 28 donna à la montagne dès 1800m sa couleur hivernale, probablement pour la saison. Comme de tradition, tel le pèlerin du Monte Moro, je suis monté photographier Sorebois et le vallon depuis Lirec.
Sorebois et les Gardes à Bordon.
La Combe Durand.
La Corne de Sorebois.
Le drone est révisé, batteries et hélices neuves.
Le vallon de Zinal en automne. Le lien vers une photosphère prise en amont de Mottec, à visualiser sur Google Photos.
Le terrain n’est de loin pas gelé, la couche le protégera des froids annoncés en fin de semaine prochaine nous risquons des problèmes de reptations tout l’hiver. C’est également mieux quand les mélèzes se délestent de leurs aiguilles avant la première neige, elles ne souillent plus le manteau. Le 31 on ne mesure plus rien à Zinal, 20cm à 2000m et une quarantaine bien soufflée au-dessus de 1600m. La météo du début novembre prévoit du froid et de l’agitation, une perturbation que les météorologues voient arriver de loin, ce qu’il faut pour préparer le domaine skiable. Tout s’annonce sous les meilleurs hospices pour la préparation des pistes, croisons les doigts.
Pour le fun, les images de deux vols en drone effectués le 4 novembre depuis les Moyes, la vallée est automnale, la montagne hivernale, une belle perturbation en approche.
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Eté 2025 – L’été des faucons
Le mètre de neige tombé mi-avril sur un terrain déjà tiède avait disparu début mai jusqu’à la limite des forêts. Les cours d’eau étaient bien gonflés mais sans plus, c’est le terrain qui absorba l’essentiel des plus fortes précipitations en 24h de l’histoire. Les sources coulaient comme jamais, le climat général m’a semblé normal pour un mois de mai ce que confirment les données, légèrement trop chaud, légèrement plus de précipitations. La nature en vallée exultait, la végétation craint la sécheresse mais s’accommode bien d’un excès d’eau. Début juin les paysans estimaient à une dizaine de jours la précocité des cultures dans tout le pays. Pas de gros regel en plaine, on pouvait espérer une excellent production de tout ce qui pousse ce que l’automne a confirmé.
En montagne la neige fondait à son rythme, sans excès saturant les rivières malgré quelques alertes, les paysans ont inalpé aux dates habituelles après quelques hésitations. Nous étions à l’équilibre, même si les quantités de neige encore présentes en haute montagne menaçaient tel une l’épée de Damoclès. Un gros redoux, trop de pluie, un orage auraient très vite saturé le terrain et les cours d’eau. Rien n’est venu, la catastrophe qui nous préoccupa datait d’avril; une quantité invraisemblable d’arbres tombés encombrait la forêt, les chemins pédestres quasi tous impraticables, et la crainte d’un désastre phytosanitaire si des parasites proliféraient dans ce bois tombé.
La magnifique forêt des Morasses.
Entre Barneusa et Lirec le 29 mai.
A 2000m dans la Zau Zora d’Ayer. Les bûcherons ont travaillé comme jamais pour amoindrir le problème, dégageant routes, forêts et cours d’eau en priorité, puis sortant le bois tombé dans les forêts protectrices. La problème reste en suspens, le scolyte a des ailes et peut fort bien proliférer dans les forêts négligées pour essaimer ensuite partout. La partie n’est de loin pas jouée. Les arbres morts sur pied suite aux sécheresses de ces derniers étés, 2022 en particulier, sont tombés on ne les voit plus; c’est rassurant.
Les Moyes 1930m le 17 mai 2025, le pissenlit en fleurs.
Anniviers depuis la route de Vercorin le 26 mai 2025.
Les Ziettes de St-Jean le 11 juin 2025.
Le vallon de Zinal depuis Nava le 28 juin. Juin s’est montré beau, très sec, le deuxième plus chaud de la référence 1991-2020 avec un excédent de 3.8° en moyenne suisse. Avec un terrain encore gorgé, la nature a explosé permettant une magnifique fenaison et un herbage abondant pour le bétail. Malgré des précipitations sous la moyenne en juillet encore, nous avons gardé une sensation de normalité jusqu’à mi-août. Le canton a finalement décrété une interdiction de faire du feu du 19 août au 17 septembre. C’est le coeur du mois d’août qui fut le plus chaud, la météo de Sierre-Zinal fut similaire à 2024, très beau, très chaud, très sec. Le graphique des températures de la Corne de Sorebois 2900m donne une bonne vision des mercures de l’été, le record est mesuré le 13 août à 15h30 avec 16.6°, le pique du 26 juin à 15.9° celui du 19 septembre à 15.7°.
Températures, précipitations et ensoleillement font une soupe nommée climat, notre ressenti personnel comme collectif ajoute d’autres facteurs. J’aime la précision des chiffres, ils ne mentent que si on les trafique, ils se taisent si on les censure comme l’a bien compris le monstre orange de Washington. Ci-dessous les précipitations du semestre 2025 à Mottec, en gris les extrêmes depuis 1973, la barre noire montre la norme 1991-2020.
414mm pour le semestre 2025, moyenne depuis 1973 de 467mm, ce sont les trois mois d’été qui ont été déficitaire, avec une interdiction de feux.
La station météo de Mottec donne une mesure des précipitations depuis 1973, mon année de naissance. Demandez d’ajouter aux données une ligne de tendance pour hotter tout doute, les précipitations diminuent. Faites de même avec les températures et, n’en déplaise aux blablas des tocsons, elle monte spectaculairement. Je vais beaucoup m’amuser avec ces outils début 2026, après publications des derniers chiffres de l’année.
Cliquez sur l’image pour accéder au graphique interactif. Pour revenir au déroulé de l’été je déplore la météo des Trails du Besso le 30 août, neige à 2800m, ciel long à se dégager. L’automne se passa normalement, agréablement, J’ai profité du pic de chaleur du 19 pour passer une très agréable soirée à Nava 2400m, des températures rares en cette période. Désalpe le 20 septembre avec une production fromagère record, puis bonnes vendanges le 27, de belles quantités et un chasselas à 76° dans le secteur de la Croix près de Corin.
Cet été j’ai observé des faucons crécerelles partout. Facilement reconnaissables par leur fameux vol du « Saint-Esprit » j’en ai vu à toutes les altitudes, même au-dessus des vignes pendant les vendanges. Peut-être une conséquence de l’abondance de rongeurs signalée l’été 2024 ? Je n’ai tiré aucune bonne photo de ces rencontres, comme l’IA entre progressivement dans ma vie numérique j’ai demandé à Gemini d’incruster un crécerelle dans le paysage du petit lac de Bella-Lé à Nava, avec une souris de PC comme proie. J’ai aussi utilisé PhotoShop pour effacer les traces de satellites, des plaies désormais permanentes, sur la photo de la Voie Lactée sur la Corne de Sorebois le 18 septembre. C’est du faux, ou du semi-vrai, mais ça illustre bien l’époque.
Un bel automne pour clore un été sans catastrophe ce qui devient rare. Le terrain est resté chaud jusque fin octobre, deux apports ont blanchi la vallée le 24 et le 28, cela sera développé dans la situation initiale de l’hiver prochain. Pour l’heure l’album publique été 2025 est en ligne, et je remercie MétéoSuisse de publier un deuxième bulletin climatologique mensuel pour l’été 2025, je vous propose au bout de ce lien le résumé IA de ce pavé, il faut vivre avec son époque. Je reste dubitatif et méfiant, mais je compter bien m’amuser avec les nouveaux jouets à notre disposition.
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Paradigme de publication
Je modèle et remodèle annitrek.com depuis 2003, d’abord comme vitrine de mes activités professionnelles puis moyen d’expression. Vingt-deux ans plus tard le numérique a envahi nos vies. Mon pote dit que j’ai le cerveau sur une autoroute, j’établis des règles et m’y tiens farouchement, jusqu’à la catastrophe parfois. Où en suis-je avec le numérique ?
La première règle veut que je ne publie que sur la vallée et sa région, c’est un trekking numérique en Anniviers comme son nom l’indique. A quelques rares exceptions vous ne trouverez rien d’ailleurs, pas d’orteils ni de spritz devant de lointaines plages, aucun paysage capable de concurrencer la Couronne Impériales et ses jaloux 4000. Ailleurs non
Après plusieurs essais j’ai adopté la suite Google, Androïd pour le mobile, YouTube pour le partage vidéo dont certaines monétisées, ma seule concession à la publicité. Ils sont avant-gardistes, leurs produits vont droit aux buts, la synchronisation est parfaite et le tout bien sécurisé. Comme j’aime pas les pubs je paie pour ces services. Navigateur Chrome, natel Pixel, Chromebook, suite bureautique en ligne sur GoogleDrive, du tout bon. Je déplore juste l’abandon sans pitié ni recours des produit peu rentables, Reader, Google+, et d’autres trucs sur lesquels on a perdu du temps. Google toujours oui
J’ai rapidement adopté Twitter, le petit oiseau bleu trop mignon et ses gazouillis qu’on pouvait implanter sur plein de pages consultables sans connection. J’y diffusais tous les matins d’hiver les mesures du vallon de Zinal. L’oiseau bleu est mort, enseveli sous un X noir que seuls les connectés peuvent consulter. J’ai gardé le compte comme poubelle à idées bizarres, il m’en passe tout plein. X-Or
Il m’a fallu du temps pour adopter Facebook et Instagram, ceux qui s’intéressaient savaient où trouver mes publications et le reste du monde on s’en fout. Le comité a ouvert des comptes pour l’association Ayer pour demain, c’était dans l’air du temps difficile d’y échapper, je m’en suis servi comme un gros voyeur. En 2021 j’ouvrais des pages annitrek sur les deux réseaux, avec toujours l’idée de ne publier que sur la vallée, je m’y suis tenu. Si je partage avec mes connaissances des bouts d’ailleurs et des morceaux de moi en goguette aux quatre vents, j’utilise les actus de WhatsApp très rarement. Je n’ai pas essayé d’autres réseaux; il y a une idée d’archivage dans mes publications, l’éphémère ne m’amuse pas. Pour l’actu locale rien de tel que Facebook, je consulte tous les matins après les journaux. Rester sur les réseaux oui
Mais il y a un gros problème. Les algorithmes à la con cachent les nouvelles des amis pour servir une daube truffée de pubs tirée d’une pseudo analyse de la navigation, ça va loin. Ces boîtes revendent les données pour encore plus de ciblage, on se retrouve à la fois client et produit. Quand on publie quelque chose de sympa qui a du succès dans tout le fond de vallée, c’est au final les pires bousilleurs de planète sans déontologie qui en profitent. A l’avenir, mes publications géniales seront pour annitrek et son blog avec juste un lien sur Meta pour piéger le surfer. Publier sur les réseaux non
Reste le tournant tech du jour, la généralisation de ce qu’on a baptisé IA certainement pour faire honneur à Morpheus. C’est bluffant d’efficacité et de facilité, niveau photo on fait en un prompt ce qui demandait des heures autrefois, je n’ai pas exploré les capacités en vidéo mais on va s’amuser. Les autres fonctions comme le résumé et l’analyse de documents sont aussi géniales, je reclasse mes docs pour les soumettre par sujet à Gemini, puis je cause à mes sources. Comme tous les outils à mesure qu’ils sont apparus je vais utiliser cette fameuse IA, mais pas pour rédiger. Le français permet toutes les subtilités, si je m’exprime c’est pas un machin qui dit. J’écouter volontiers Gemini Claude et autres, ils hallucinent moins que beaucoup d’humains et c’est plus facile à vérifier. Restera toujours le poème de fond, pour faire un prompt il faut de l’imagination. C’est la plus grande capacité humaine avec la Foi dit-on. Mon Dieu il me vient un doute, que ce passera-t-il si l’IA trouve la Foi avant nous, quelle montagne déplacera-t-elle ? Asimov n’est plus là pour spéculer. L’IA oui, non, peut-être
Tout orbite autour du sujet. La localisation c’est réglé, moyens et supports aussi, reste le sujet. Les relevés de neige précis drainaient 80% des lecteurs du blog, peu s’attardaient sur mes analyses et ma tendance à pondre des pavés, ce qui fait mal. Si je documente ma vie de cuniculiculteur avec moult images de lapinous, j’aurais à coup sûr plus de visiteurs qu’en philosophant sur la météo du val d’Anniviers. Les stats sont pour l’amateur une flatterie de l’ego aussi satisfaisant que les revenus YouTube pour Inoxtag. Vaut mieux savoir de quoi on parle quand on s’étale sur le web, je dois rester à mes sujets d’expertise, la météo, la pratique en sécurité des sports de neige, le sauvetage, la culture, l’histoire du pays. Comme d’habitude en gros, mais mieux, et selon ce que tisseront les Moires. Culture, nature, neige, sport oui, lapins non
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Jeudi 17 avril 2025
Le jeudi 17 avril restera dans la mémoire des professionnels de la neige et de la sécurité en Valais central. Après une longue période calme et un printemps précoce, MétéoSuisse confirmait le samedi 12 un changement drastique de régime, avec de précipitations intenses après un épisode de foehn. On annonçait un mètre de cumul pour la région du Simplon avec un probable débordement sur le centre du canton; après un hiver aussi facile et calme on y croyait pas, on y croyait plus. La situation se confirma pendant la semaine, le foehn arriva la nuit du 16. Bien et régulièrement soufflé SSE avec une pointe à 104.4 km/h 155° en début d’épisode. La plus belle rafale de l’année et la troisième d’un hiver qui avait très touristiquement concentré ses tempêtes en début de saison, record à 131.4 km/h le 22 décembre. Dès l’affaiblissement du foehn vers midi le 16 les précipitations dépassèrent la crête sud des Alpes, c’est la situation qui apporte les plus gros cumuls journaliers à Zinal bien que sur plusieurs jours les situations d’ouest soient plus prolifiques. Le 7 avril la neige avait disparu de mon champ de mesures en station, les crocus envahissaient les prés, il restait 50 cm à 2500m.
Le vent à la Corne de Sorebois du 14 au 18 avril 2025. Le 16 en fin de journée il neigeait dru, les images radar et les modèles ne laissaient plus de doute. Je conseillais à ma compagne de rester en plaine si elle ne voulait pas manquer sa journée de travail du lendemain, précaution inutile les écoles n’ouvrirent pas. Une puissante avalanche dans les Gardes à Bordon ébranla mon mayen des Clautis à 2h30, en consultant l’heure je vis qu’il n’y avait plus de réseau et j’allumais ma radio selon nos procédures, il n’y avait rien à faire que dormir jusqu’au lever du jour. A 6h30 toujours pas de réseau, les pompiers m’informèrent de la situation par radio : les routes étaient coupées dans toute la vallée de même que le réseau électrique, les relais natel n’avaient tenu que quelques heures sur batteries. Une chape de 86 cm de neige lourde avait recouvert Zinal en une nuit, nous étions figés par la ouate froide.
Par la fenêtre du mayen au réveil. Chef des secours dans la vallée et répondant de l’OCVS à Zinal je devais rejoindre le village; 300m en raquettes avec de la neige jusqu’aux coudes, puis déblayer le véhicule. Heureusement un chasse-neige avait dégagé les principales routes de la station car même mon gros pick-up ne circule pas dans 90cm de fraîche. Pour rejoindre l’habituel rendez-vous en cas de crise à l’office ce fut tout une aventure, presque deux heures à patauger et peler.
Mon mayen aux Clautis.
Raquettes aux pieds, là-dessous.
Danger zone.
Au milieu des arbres craquants.
No comment. 
1h30 du mayen à l’office du tourisme. Arrivé je retrouve les responsables régionaux, l’électricité est le réseau Swisscom sont rétablis par moments. Toute la région est touchée, le canton à décrété la « situation particulière ». Avantage sécuritaire tout est bloqué, difficile de commettre des imprudence quand ouvrir la porte du chalet est déjà une aventure, aucune voiture de tourisme ne circule, c’est un autre monde. Le principale problème vient des arbres en pleine montée de sève qui n’ont pas supporté le poids de la neige lourde, ils sont tombés sur les routes et pylônes électriques. Tous les villages et hameaux sont bloqués jusqu’en plaine, où quelques 25cm bloquent également la circulation. Il neige encore à fond, des sauveteurs répondent dans tous les villages les habitants ne seront pas seuls en cas de problème, mais il vaut mieux éviter les accidents les évacuations sont totalement impossibles. Les routes sont des mikados géants d’arbres rompus par le poids de la neige, les hélicos ne volent pas. Une situation connue à Zinal et Chandolin, du jamais vu plus bas.
Le réseau électrique et les communications furent assez rapidement rétablis malgré des coupures intermittentes, les routes beaucoup plus lentement devant l’ampleur du travail et les risques résiduels. Tout est resté bloqué le 17, brouillard et neige empêchaient les hélicos de voler. Nous imaginions un retour rapide du soleil vendredi 18, des nappes de brouillard repoussèrent à 11h l’arrivée des premiers hélicoptères qui apportèrent du pain et surtout un chauffeur qualifié pour le trax qui allait dégager le village et les parkings. Les employés des remontées mécaniques préparèrent la station pour le dernier week-end, the show must go on. Pompiers, employés communaux et bûcherons permirent l’ouverture de la route le 18 à 19h45. L’efficacité et l’organisation des services de l’Etat ont été fortement remis en question suite à l’épisode. La vidéo ci-dessous donne une idée de l’ambiance de Zinal au matin du 17 avril.
Pour les belles images, visitez le blog de Claude qui a su prendre le temps de jeter son regard d’artiste sur Zinal. Au bilan les homme s’en sont très bien sortis, par chance pas de problème sanitaire majeur pendant le blocage. Un bras cassé, un respirateur en panne de batterie, des points de suture qui s’infectent, mais rien qui ne pouvait attendre l’arrivée des premiers hélicos. Nous tirerons de l’épisode les leçons qui s’imposent.
Niveau avalanches comme souvent quand la neige tombe très rapidement les fortes pentes se sont purgées spontanément en montagne. Sous 2200m il n’y avait plus de neige la masse est restée collée au terrain, les glissement de toits et les branches rompues se sont révélées plus dangereuses que les coulées. La seule à avoir causé des dégâts s’est déclenchée dans le couloir jouxtant mon mayen, un arole a cédé sous le poids de la neige et déclenché une avalanche qui déferla derrière le restaurant de la Tzoucdana, cassant une solide barrière, l’abri des chèvres puis s’invita dans des dépendances du bâtiment. Sur le domaine skiable, la quantité et le très brusque réchauffement ont très vite rendu le hors-pistes désagréable. Les stations ont pu terminer la saison dans la célébration de Dame la Neige. Au niveau du ski de randonnée, je voyais des groupes s’engager dès le samedi 19 vers la haute montagne ce que je n’aurais pas osé. Au bilan de la saison en Suisse, on a compté 11 décès après ces neiges tardives sur les 21 de l’hiver.
Chaud bouillant pour la Tzouc.
Soleil et chaleur le 18 à midi.
Un jeune mélèze parmi tant d’autres. C’est la forêt transformée en mikado qui a payé le plus lourd tribu à l’épisode, avec pour corolaire les chemins de randonnée qui la traversent. On estime à 140’000 m3 le bois mis au sol en Valais par ces intempéries, ce qui équivaut au volume exploité annuellement dans le canton. 15’000 hectares ont été touchés, dont certaines forêts protectrices qui auront désormais du mal à assumer leur fonction. On craint également une prolifération du bostryche sur le bois mort, qui pourrait ensuite s’attaquer aux arbres sains. Pour contrer le problème, les projets de coupe habituels sont repoussés et environ 10 millions supplémentaires alloués aux services forestier pour dégager le bois tombé. Consolation, les arbres morts sur pied suite aux sécheresses, en particulier celle de l’été 2023, sont tombés, on ne les voit plus. Beaucoup de chemins de randonnée secondaires n’ont pas été ouverts cet été, pour certains tronçons ce fut la catastrophe de trop.
Notre vallée subit une pression énorme, les catastrophes s’enchaînent, et nous n’avons qu’un remède : le pétrole. C’est un déferlement de camions et de pelles mécaniques pour refaire nos routes et chemins, consolider les berges des rivières, vider les digues. Même l’écologie ne se fait qu’à coup de machines pour faire là un lac, ici un marais, un joli bisse comme autrefois.
Et quand la nature se révolte et détruit nos « compensations écologiques » on recommence avec plus de camions et de pelles. Nous utilisons l’abondance d’énergie pour compenser les dégâts climatiques nés de la surconsommation d’énergie, parce que nous en avons, et ne savons pas quoi faire d’autre sans toucher la sacro-sainte économie.
Cette dernière est localement boostée par les catastrophe, les aides et subventions tombent, les entrepreneurs se régalent. Pour la forêt il a fallu prioritairement dégager le lit des torrents pour que l’eau s’écoule librement, puis dégager le bois tombé pour éviter les maladies et la prolifération du bostryche. Pour aider les bûcherons, des hélicos dont un Bell 205 ont tourné tout l’été, égayant la vallée de leurs incessants murmures. Des milliers de litres de kérosène, plus de 300 par heure pour ce mulet des airs conçu dans les années 1960. Guérir le mal par le mal, le principe de l’homéopathie. Je prône l’abstinence.
Dix jours plus tard il ne restait rien de cette neige sous 2000m, sa plus lente fonte en haute montagne a alimenté les sources pendant un été à nouveau beaucoup trop sec. Ces 110 mm d’eau traduits par 120 cm de neige à 2500m ont sauvé les statistiques d’un hiver déficitaire. Article « Bilan des fortes précipitations dans les Alpes » sur le blog de MétéoSuisse. Et nouveauté parmi les publications MétéoSuisse une « Etat du climat pour le semestre d’hiver », ce qui colle bien avec ma manière de séparer mes publications en deux semestres.
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Hiver 2025 – Conclusions
Bien qu’attentif je n’ai pris aucune mesure cet hiver, les données sont tirées des stations automatiques, je fais confiance aux patrouilleurs avec quelques corrections pour l’enneigement à 2500m. Je garde un œil entrainé, une analyse démontrée par les 17 hivers décrits sur ces pages, et toujours dans ma poche un excellent photophone. De quoi continuer à décrire et illustrer les saisons zinaloise. Après deux mois pluvieux et doux, novembre 2024 commença par une dizaine de jours superbes qui permirent la randonnée à pieds secs jusqu’à 3000m.
Le bas de la vallée le 6 novembre 2024.
Le vallon de Zinal le 10 novembre 2024. L’hiver s’annonça doucement le 12 avec une vingtaine de cm à 2500m et des températures permettant de produire de la neige « de culture ». Les choses sérieuses commencèrent le 20 avec une première tempête qui apporta 40cm de fraîche en montagne, et blanchit la vallée pour la saison. On mesura le 22 la plus basse température de la saison, un modeste -19°, et des vents qui ne furent dépassés que par la magnifique tempête de Noël. De petites perturbations améliorèrent régulièrement les conditions de neige, permettant de bien travailler la couche de fond sur les domaines skiables. Puis le 20, pile-poil pour les vacances de fin d’année, une belle tempête surnommée Enol poussée par un flux puissant du nord-ouest enneigea la Suisse jusqu’en plaine, abondamment en montagne. La plus belle rafale de la saison fut mesuré à 131.4 km/h 299° le 22 en début d’après-midi à la Corne de Sorebois; rien d’exagéré les stations doivent fermer, mais subissent peu de dégâts avec ces valeurs. Au total, on mesura 76cm de cumul du 20 au minage par hélico le 24 qui fut le plus impressionnant de l’hiver. Les Gazex ne laissent que l’avalanche de la Lée pour faire le spectacle, mais pour une fois j’ai eu le temps de placer le drone au bon endroit pour ramener une belle image globale du phénomène.
Le ciel se calma ensuite, permettant des vacances de Noël parfaites qui allaient remplir les stations, les pistes et les caisses. Je suis peu monté à Sorebois cette période, on skie peu, on socialise dans les files et sur les téléskis; je passe beaucoup de temps à expliquer aux habitués que je ne travaille plus sur les pistes. J’ai préféré profiter des autres domaines de la vallée, moins saturés. Nous avons eu beaucoup d’interventions avec le secours régional, la période était très active pour le tourisme et le sauvetage valaisan. Le ciel du creux de janvier, de moins en moins creux d’ailleurs, est resté dynamique avec de fréquents petits apports pour un cumul mensuel de 141cm. La meilleure journée de ski de la saison était incontestablement le mercredi 29 janvier, deux jours de précipitations laissèrent 50cm de fraîche en montagne et presque autant en station. Très peu de monde, une ouverture progressive des pistes avec la Combe Durand en fin d’après-midi, de la balle pour ceux qui ont pu profiter de cette journée. Dès le lendemain, le redoux et les nombreuses traces dégradaient l’expérience.
Givre de surface à 1500m début janvier.
La plaine depuis l’Ilhorn le 31 décembre. 
Weisshorn et Rothorn depuis St-Luc.
Un début d’hiver sélectif pour la faune.
28 janvier, le meilleur ski de la saison.
Les toits de Zinal en février. Il y a peu à dire sur le reste de l’hiver, 19cm en février, 24 en mars, rien en avril jusqu’au plus gros enneigement en 24h de l’histoire. Je ne vais pas m’attarder le prochain article est consacré à cet épisode exceptionnel. Notons un soubresaut d’hiver pour la Saint-Valentin le 14 février, les chiffres parlent : -16.9° à la Corne, 13cm de fraîche, 70km/h de vent. En temps normal je n’aurai pas mentionné l’épisode. Rien d’intéressant, mais une montagne douce et facile à vivre, de grosses économies de bombes et de mazout pour les remontées mécaniques, des chiffres de fréquentation au plafond, à la limite du supportable. Nous avons passé un stade. Ce qui se passe dans nos vallées est ironique pou la volonté des anciens, le virage du tourisme hivernal devait limiter l’exode rural et donner du travail à la population. Nos routes sont trop étroites, les pistes engorgées, les moindre bout de nature parcouru en tous sens, la population remplacée, la terre vendue, les traditions disneylandisées. Que faisons-nous, que font-ils, qu’espèrent-ils pour l’avenir, que reste-t-il à défendre ?
Revenons à la météo; si le vallon de Zinal encaissé et peu ensoleillé gardait un air hivernal, le bas de la vallée et le reste du pays ont bénéficié d’un printemps précoce. Comme de tradition le plus doux depuis le début des mesures selon le bulletin climatologique de MétéoSuisse qui se répète, répète, répète. On se promenait à pieds secs à Fang mi-février, à Ayer début mars, mon champ habituel de mesures était libre de neige à Zinal le 7 avril. La floraison précoce des fruitiers laissait craindre une catastrophe en cas de regel, il n’arriva le printemps fut fécond pour toutes les espèces. Le ciel du 30 mars surprit, les cirrus prenaient des formes étranges, jouant avec la lumière d’un soleil dominant.
Le 30 mars, o° à 2800m.
Peu de vent à 2900m, c’était plus haut.
Les cristaux jouent avec le soleil.
Sorebois le 5 février, parfait !
Merisier le 30 mars à Fang.
Le vallon de Zinal vu d’Ayer le 26 avril. Le gel ne revint que dans de moindres mesures, à peine de quoi griller quelques tonnes de paraffine dans le verger valaisan. Le printemps et la montée précoce de la sève dans les arbres préparaient une autre catastrophe. Après à un épisode de foehn le 15 avril, le précipitations passèrent la crête sud des Alpes et s’abattirent comme jamais en Valais central. Il tomba jusqu’en plaine une neige lourde sur des arbres gorgés de sève. la chute des arbre bloqua toute la région, Zinal est resté totalement inatteignable 36h, un véritable mikado encombrant les routes. Le printemps revint très vite, le mètre de neige avait disparu dix jours plus tard, gorgeant le terrain d’eau. Une catastrophe dont on risque de reparler longtemps, décrite dans l’article précédent. J’en tire tout de même la photo en exergue de cet hiver 2025 et une moralité : le véritable danger est par nature surprenant. MétéoSuisse à publié un Etat du climat dans les Alpes pour le semestre d’hiver 2024-2025 merci MétéoSuisse, continuez par semestre le printemps et l’automne ne sont que transition.
Sur les 542 cm de cumul de l’hiver 2025, c’est à dire 0,5 cm au dessus de la moyenne 2000-2025, 128 cm sont tombés les 16 et 17 avril. Comme si l’hiver avait voulu rattraper son retard au dernier moment.
Mon véhicule le 17 avril au matin. -
La couche 2025

Le cumul par quinzaine et l’évolution de la couche, également mesurée tous les 15 jours. 12.11.2024 = 14cm, 20.11.2024 = 13cm, 21.11.2024 = 05cm, 22.11.2024 = 32cm, 23.11.2024 = 07cm, 26.11.2024 = 07cm, 29.11.2024 = 10cm Total novembre 2024 = 94cm
03.12.2024 = 09cm, 06.12.2024 = 07cm, 08.12.2024 = 12cm, 09.12.2024 = 10cm, 15.12.2024 = 09cm, 20.12.2024 = 18cm, 22.12.2024 = 14cm, 23.12.2024 = 36cm, 24.12.2024 = 08cm Total décembre 2024 = 123cm
05.01.2025 = 5cm, 07.01.2025 = 12cm, 08.01.2025 = 6cm, 09.01.2025 = 11cm, 11.01.2025 = 15cm, 23.01.2025 = 04cm, 24.01.2025 = 08cm, 26.01.2025 = 12cm, 28.01.2025 = 38cm, 29.01.2025 = 12cm Total janvier 2025 = 141cm
12.02.2025 = 06cm, 14.02.2025 = 13cm, 26.02.2025 = 03cm Total février 2025 = 19cm
10.03.2025 = 05cm, 13.03.2025 = 09cm, 16.03.2025 = 08cm, 26.03.2025 = 02cm Total mars 2025 = 24cm
16.04.2025 = 110cm, 17.04.2025 = 18cm, 24.04.2025 = 10cm, 28.04.2025 = 03cm Total avril 2025 = 141cm
Neige tombée à 2500m du 1er novembre 2024 au 30 avril 2025 = 542 cm
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Les records 2025
Les records sont mesurés à la station automatique de la Corne de Sorebois à 2900m. La mesure extrême est retenue pour chaque épisode venteux ou vague de froid. Le mercure n’est pas passé sous la barre des -20°, seules trois perturbations méritent le qualificatif de tempête pendant l’hiver 2025, un millésime calme, ou presque.
Suivent -15.2° le 03.01.2025 à 9h, -12 le 01.03.2025 à 7h30.

Une égalité sur la troisième marche du podium, une première en 17 hivers observés. Pas de rafale mesurée à plus de 100 km/h pendant les autres épisodes venteux. Un 78.8 km/h 193° le 21.03.2025 à 18h30, 69.8 km/h 298° le 14.02.2025.