On parle beaucoup de la pluie et du beau temps, souvent une manière d’engager la conversation. Pour ceux qui vivent hors des bureaux, ateliers et autre commerces c’est toujours essentiel. Avant qu’on gaspille les bienfaits du progrès à produire des chimères c’était la base, le contexte initial. On y reviendra contraints par effet boomerang, à moins qu’on s’enterre. Alors où en est-on vraiment avec notre climat, que fait ce ciel que beaucoup voudraient radieux toutes l’année ? La science s’inquiète voire panique en ce début 2026, elle qui nous met en garde depuis 40 ans. Les températures mondiales explosent sous la mer comme au ciel, les prévisions de Copernicus pour l’été 2026 sont effrayantes. Les capteurs et satellites annoncent un épisode El Niño particulièrement marqué avec des répercutions globales. Au bilan de l’année dernières on constate des températures très élevées sur tout le continent comme au niveau mondial. Plus près l’hiver s’est montré avare en précipitations, mars et avril ravivent le spectre d’une sécheresse. Paniquons-nous pour rien après un nouvel hiver record pour la fréquentation des remontées mécaniques, nos pistes n’étaient-elles pas magnifiques ?
Il pleut enfin ce 6 mai, presque 8 mm à l’heure où je publie, on entend presque les végétaux chanter leur bonheur. Journée maussade propice à la bureautique, je reprends les données complètement libéralisées depuis 2024 de la station de Mottec, particulièrement la pluviométrie depuis 1973, mon année de naissance. Pour plus de clarté je recopie dans une feuille de calcul Google, que Gemini analysera facilement. A votre disposition le lien vers la feuille de calcul des précipitations mensuels à la station de Mottec depuis janvier 1973.
Passons aux vérités à coups de graphiques et d’une fonction intéressante, la ligne de tendance qui permet de visualiser en rouge l’idée essentielle. Rappelons que nous parlons de l’équivalent en eau des précipitations, neige grêle et autre givre sont fondus avant d’être mesurés. La moyenne des dix hivers finement mesurés de 2015 à 2024 montre un ration de 16.7 mm de neige à Sorebois 2500m pour chaque mm d’eau mesuré à Mottec. Première vérité vraie : les précipitations diminuent dans le vallon de Zinal comme l’indique le tableau interactif des précipitations. Notez une moyenne générale à 820.63 mm tout de même, le valeur nationale est de 1100 mm et celle de la région Valais central à 600 mm.
Mensuellement sans surprise janvier 2018 remporte la palme du mois le plus arrosé avec 225 mm, suivie de juillet 2014 avec 202.8 mm et de février 1990 avec 196.5 mm. A l’inverse octobre 1985 est seul à ne retenir aucune trace de précipitation, suivi de décembre 2016 avec 0.6 mm et février 2012 avec 1.2 mm, givre ou rosée certainement pour des chiffres aussi bas. Quand on s’amuse avec le fichier des données journalières on constate, toujours sans surprise que le 16 avril 2025 tient le haut du pavé avec 92.9 mm, suivi de loin du 27 mai 2007 avec ses 77 mm.
Divisons tout ça en deux tranches, avec les précipitations dans le vallon de Zinal pour les six mois d’hiver, de novembre à avril. La moyenne est de 353.25 mm soit avec mon extrapolation 590 cm de neige cumulée à 2500m. Deuxième vérité vraie : les précipitations hivernales diminuent fortement dans le vallon de Zinal, donc l’enneigement à 2500m; et vu la hausse conséquente des températures bien plus en-dessous.
Sur les tableaux mensuels, pas interactifs ceux-là, je constate la troisième vérité vraie : c’est en février et mars que les précipitations diminuent le plus. Ce qui explique en plus de l’enneigement artificiel le bon maintient des pistes essentiellement préparées en début de saison. Avril seul présente une tendance plate qui incite à garder tous ses fils.
Le tableau interactif des précipitations dans le vallon de Zinal pour, les six mois estivaux de mai à octobre, renseigne la quatrième vérité vraie : les précipitations diminuent en été dans le vallon de Zinal, mais dans une moindre mesure qu’en hiver. La moyenne depuis 1973 est de 467.38 mm.
Sur les tableaux mensuels mai et juin se compensent, alors que juillet et août enregistrent une très légère hausse. Septembre et octobre confirment la cinquième vérité vraie : nos automnes sont plus secs dans le vallon de Zinal. C’est particulièrement vrai sur la dernière décennie La baisse des précipitations en juin couplée à la hausse des températures provoque les sécheresses estivales à répétition depuis dix ans, la multiplications des restrictions de feu et le tarissement chronique des sources superficielles.
Les précipitations sont mesurées à Mottec depuis 1973, les autres données libérées depuis la mise en service de la station automatique en 2015. On peut donc effectuer le même travail pour les températures et l’ensoleillement des dix dernières années, mais c’est une autre histoire. D’autres station proposent des données bien plus anciennes. Spoiler : beau et beaucoup plus chaud, des courbes exponentielles, bien au-delà que le réchauffement continu depuis la fin du petit âge glacière, sans aucun rapport avec les phases de Milankovitch même si on préfèrerait. A noter que l’observatoire de Mauna Loa à Hawaï a mesuré des concentrations de CO2 dans l’atmosphère inédites, la réponse de l’administrations américaine actuelle sera certainement de fermer l’observatoire. Vous avez vu Dont Look Up ?
On me reproche des articles longs et indigestes, mais voilà, dehors il pleut-neige…