Enneigement et records hiver 2023

Mis à jour le 27.01.2023

Couche à Sorebois 2500m = 90 cm    Couche à Zinal 1700m = 25 cm

Dernière neige : le 19.01.2023 = 12 cm


04.11.2022 = 06cm, 05.11.2022 = 08cm, 10.11.2022 = 03cm, 14.11.2022 = 10cm, 15.11.2022 = 04cm, 16.11.2022 = 03cm, 17.11.2022 = 02cm, 18.11.2022 = 18cm, 21.11.2022 = 04cm, 22.11.2022 = 08cm, 24.11.2022 = 06cm, 26.11.2022 = 02 cm, 29.11.2022 = 02cm, 30.11.2022 = 08cm, Total novembre = 82 cm

05.12.2022 = 02cm, 09.12.2022 = 02cm, 10.12.2022 = 11cm, 11.12.2022 = 06cm, 13.12.2022 = 03cm, 16.12.2022 = 07cm, 22.12.2022 = 03cm, 23.12.2022 = 23cm, 24.12.2022 = 44cm, 27.12.2022 = 09cm, 30.12.2022 = 04cm, 31.12.2022 = 04 cm, Total décembre = 118 cm

09.01.2023 = 14cm, 10.01.2023 = 18cm, 12.01.2023 = 06cm, 13.01.2023 = 02cm, 15.01.2023 = 03cm, 16.01.2023 = 05cm, 17.01.2023 = 13cm, 18.01.2023 = 06cm, 19.01.2023 = 12cm, Total janvier 79 cm

Cumul hiver 2023 depuis le 1er novembre 2022 = 279 cm


Records de froid à la Corne de Sorebois

-21.2° le 21.01.2023 à 06h00

-19.7° le 11.12.2022 à 07h00

-16.2° le 18.01.2023 à 08h30

Records de vent à la Corne de Sorebois

106.5 km/h NW 334° le 09.01.2023 à 17h00

73.7 km/h WNW 292° le 20.11.2022 à 22h30

66.6 km/h NW 310° le 23.11.2022 à 19h00


Décembre 2022

Début décembre, nous avions suffisamment de neige de culture pour préparer le centre du domaine; les premiers clients, surtout des ski-clubs, profitèrent de l’ouverture anticipée le samedi 3 après deux reports. L’Immaculée Conception marqua l’ouverture saisonnière du secteur Sorebois, Bendolla suivit le 17. La montagne était douce et belle, pas grand chose à dire sur la neige si ce n’est que le peu en place se métamorphosait en gros cristaux. Le SLF publia un premier bulletin régional le 7, histoire d’être prêt pour le front froid du 10 qui laissa une quinzaine de cm à 2500m et blanchit la vallée dès 800m. Cette perturbation du NW entraîna un froid glacial qui plaça le record saisonnier à -19.7° le 11 à 7h, jusqu’à -27° en surface de la neige. Un manteau fin, un sol tiède et de grands froids accélérèrent la métamorphose constructive.

Anniviers le 11 décembre 2022 vers 11h.

On peut critiquer l’enneigement artificiel, il permet la survie voire l’essor économique de notre vallée en garantissant la saison touristique. La fréquentation des stations montre le besoin d’espace et d’évasion des citadins laborieux, leurs déplacements entre plaine et montagne inquiète bien plus mon œil d’écolo que la production de neige. Nous retenons l’eau pour la transformer en électricité, nous utilisons au passage un peu des deux ressources pour garantir l’attractivité touristique du pays. Que ceux qui critiquent présentent leurs bilans.

La météo se rétablit bien vite, nous approchions des fêtes sans pouvoir envisager l’ouverture des pistes naturelles quand le miracle de Noël se produisit : un front chaud très actif avec d’abondantes précipitations approchait, mais avec une limite pluie-neige entre 2000 et 2500m. Le déluge s’abattit le 23 décembre, je mesurais 23cm au matin, 44cm de plus le 24, mesures à 2500m. Les pluies rincèrent la montagne jusqu’à 2200m, jusqu’à 2400 en fin d’épisode. Au final, il subsista moins de 30cm de neige mouillée au départ du Chiesso à 2260m mais nous avions assez de matière plus haut pour préparer les pistes naturelles avant le rush des vacances de Noël. Au matin du 24, nous avions 96cm de neige lourde à 2500m, un manteau détrempé sous 2400m, des congères formées par trois jours de vents d’ouest modérés mais réguliers. Le tout posé sur un substrat d’une trentaine de cm de gros sel.

Nous skiions sur des œufs au minage du 24, des plaques énormes se déclenchaient à notre approche au-dessus de 2500m. Plus bas, tous les talus se détachaient facilement sous le poids d’un manteau détrempé, seules les faces exposées au sud et dégarnies de couche de fond et les faibles pentes gardaient le nouvel apport. L’épisode coûta peu en bombes, les zones de tir se déchargeaient à notre approche. Un minage tendu et impressionnant, avec de forts tassements sur les pentes moyennes et de nombreux départs sous nos skis. Les 25 au retour d’une bonne visibilité, nous constations que la montagne était purgée et qu’il ne restait plus grands risques dans la périphérie du domaine skiable. Le SLF plaça la région en degré 4- les 23 et 24, puis en 3+ marqué le 25 ce qui m’a semblé judicieux. Les nuances apportées aux degrés de danger par les symboles -,= et+ dans les bulletins d’avalanches feront l’objet d’un article prochain, je me laisse quelques mois pour apprécier la nouveauté. Niveau ski, nous avons apprécié quelques virages au-dessus de 2600m, dans une neige lourde et peu profonde d’où dépassaient de nombreux cailloux. Par contre cette neige bien tassée et les pentes purgées feront un substrat idéal aux prochains apports.

Le 24 décembre même les petits talus habituellement inoffensifs menaçaient.

Puis revint le beau temps, la vallée se remplit lundi 26 et les domaines skiables de Sorebois et Bendolla dépassèrent les 9500 skieurs le mercredi 28, un record. Une période faste pour nos stations d’altitude, au détriment des domaines situés sous 2200m. Pas de pistes de ski de fond, mais quelques possibilités de faire de la luge et des patinoires ouvertes. Il manquait clairement une petite touche hivernale dans les villages pour ces fêtes de fin d’année. Fin décembre, nous avions passé les 200cm de cumul, toujours au point de mesure à Sorebois 2500m. La feuille de calcul Décembre 2022 est résumée dans le graphique ci-dessous. Encore une fois, comme le démontrera certainement le bulletin climatologique de MétéoSuisse à paraître, ce dernier mois d’une année trop douce n’a fait que confirmer une réalité. Les stations devront s’y adapter ou périr.

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Bonne année 2023 !

Notre monde est en mutation. La société change depuis trois siècles sous l’impact des nouvelles technologies et de la recherche d’un vivre-ensemble convainquant; il y eut des guerres, des révolutions, des changements profonds dans notre mode de vie. Depuis peu, la démographie, les technologies et l’utilisation massive des énergies fossiles touchent l’ensemble de la planète, le vivant, les courants atmosphériques et océaniques, le climat, nous sommes assez lourds pour faire basculer la planète. Souhaitons pour 2023 qu’individus et nations sauront faire taire les égos, pour atteindre une harmonie possible et souhaitable entre tout et tous. Il est si beau, ce monde où nous ne faisons que passer…

Retrouvez les photos de la saison sur l’album public Hiver 2023

Novembre 2022

Un novembre frustrant quand on attend la neige, ou du froid pour en produire. La perturbation des premiers jours du mois ne laissa rien, celle du 4 ouvrit une liste de quatorze crachins dont le plus beau afficha 18cm sur la planchette à 2500m le 18. Au total, le cumul du mois de 82cm laissa pour débuter décembre une couche d’une bonne trentaine de cm au-dessus de 2300m. Deux chiffres supérieurs à l’an passé, mais pas de quoi ouvrir la moindre piste. Ce sont les températures plus que la stérilité des perturbations qui marquèrent cette période grisâtre et tiède, 8° à la Corne 2900m le 11 du 11 à 14h30. Le 12, je montais à Nava en véhicule, la perturbation du 18 marqua le tournant de l’hiver, les températures se rapprochèrent des valeurs saisonnières et la production de neige put commencer sérieusement. Des équipes s’entraînaient le 23 sur l’arête de la Corne, les ouvertures anticipées du domaines furent reportées à décembre.

La production bat son plein le 24 novembre sur la Noire du Col.
Le 27 à 10h30, les équipes de compétition se disputent le terrain.

Le 24 à 9h, Lentin annonça le première avalanche sur les Gardes à Bordon. Le cumul des crachins et le vieillissement de la couche de fond engendraient les premières ruptures en haute montagne, aucun danger dans la périphérie du domaine. Le SLF émet un bulletin national en cas de dangers, puis régional quand l’hiver est bien installé. J’archive le degré de danger dans mes mesures journalières dès la publication du bulletin quotidien, mais au matin du 24 j’interprétais un degré 2 limité après lecture d’une publication ambigüe du SLF. Notez que depuis de nombreuses années, le pdf de la situation régionale est téléchargeable sur ce lien très pratique.

« Avalanche dans les Gardes ! », annonça Lentin le 24 novembre à 8h55.

Des mesures de neige dès le 4, des températures de saison depuis le 18, l’hiver s’est installé lentement. Une micro tempête le 20 plaça le curseur des records à -13.1 et 73.7 km/h à la Corne. Le bulletin climatologique novembre 2022 de MétéoSuisse décrit un énième mois trop doux et trop sec, une lecture plus attentive confirme l’impression générale pour notre beau Valais; le onzième novembre le plus chaud depuis le début des mesures, 1.4° en trop à Sion et 89% de l’ensoleillement par rapport à la norme 1991-2020. Ma feuille de calcul novembre 2022 résumée dans le tableau ci-dessous montre l’excès de nébulosité, les températures trop douces jusqu’au 18 et de nombreuses mais faibles précipitations dans le vallon de Zinal.

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Hiver 2023 – Situation initiale

Sorebois depuis Lyrec le 2 novembre 2022 à midi.

Encore un record, octobre s’avère le plus chaud depuis le début des mesures selon MétéoSuisse, même au niveau mondial. Lassant et tout doucement inquiétant, nous vivons du ski, l’annulation des courses à Zermatt pose des questions sur notre industrie, je lève un sourcil. Donc pas grand chose à décrire dans cette situation initiale, l’hiver n’a eu encore eu aucun effet sous 3000m. Au-dessus les précipitations des premiers jours d’octobre laissent la montagne blanche, la neige n’a plus quitté les revers. De belles précipitations du 20 au 24 ont mouillé le terrain qui n’a évidemment pas gelé, même dans les couloirs nord. On nous annonça une première véritable offensive hivernale pour le dernier jours du mois, avec grosse chute des températures. Je décidais d’attendre pour noter la situation initiale de ce millésime.

Températures à Mottec du 28 octobre au 3 novembre 2022

Le tournant s’est effectué la nuit d’halloween, l’ambiance était fraiche pour la Toussaint. Mais les quelques flocons tombés jusqu’à 2000m n’ont pas survécu au retour du soleil. A l’heure de la traditionnelle photo de Sorebois reportée au 2 et par drone, plus rien de blanc, quelques résidus sur les couloirs N-E tout au plus. Au-dessus de 3000m la neige commence à s’accumuler, une vingtaine de cm, plus de 30cm au-dessus. On peut s’attendre à des départs faciles dans les Gardes à Bordon aux véritables premières précipitations qui sont annoncées pour les jours prochains. Les températures permettront de commencer l’enneigement artificiel.

Vue sud depuis Lyrec le 2 novembre 2022
Vue nord depuis Lyrec le 3 novembre 2022

J’ai passé mon trentième hiver à Sorebois, dont 17 au service de sécurité. L’hiver 2023 sera le quinzième décrit dans ce blog qui a subi un gros remaniement cet été. Le transfert des articles depuis blogger n’a pas été sans mal, mais on retrouve toutes les publications malgré quelques problèmes de mise en page, la perte de médias et de quelques liens. Les méthodes de mesures ne changent pas, on peut faire mieux mais la longueurs des séries permet les comparaisons, je garde le système initial, explications au bout du lien. Sur le compte Tweeter @annitrek retrouvez les mesures journalières, @sorebois transmet le danger d’avalanches dans le vallon, les mesures et les articles sont regroupés sur ce blog. J’entre en service lundi 14 novembre, d’ici-là les observations sont faites depuis Zinal et les stations automatiques, sans négliger le coup de fil aux copains qui travaillent en montagne quand la situation est confuse. Comme de coutume je nous souhaite un hiver enneigé, des genoux bien solides, et toute la chance qu’il faut quand on travaille entre Dame Nature et les touristes.

Hiver 2009   Hiver 2010   Hiver 2011   Hiver 2012   Hiver 2013    Hiver 2014   Hiver 2015   Hiver 2016   Hiver 2017   Hiver 2018   Hiver 2019    Hiver 2020   Hiver 2021 Hiver 2022

Eté 2022 – L’été trop, beaucoup trop

Il restait 75cm de neige à 2500m le 1er mai, la fonte battait son plein, les zones exposées étaient déjà dénudées jusqu’à 2900. Après un hiver trop chaud, un printemps trop beau s’installa; chaud, agréable et régulièrement arrosé ce qui permit une pousse exceptionnelle et précoce. La fenaison commença mi-juin, l’ardeur du soleil et les températures conjugués à la disparition précoce du manteau neigeux en haute montagne étonnait, mais nous entamions les vacances dans un climat propice. Début juillet tout était déjà trop sec, nous craignions une interdiction de faire du feu jusqu’à la belle rincée du 4, qui ne fit que retarder les restrictions. Des sources alimentées par la fonte des neiges étaient déjà taries.

L’interdiction générale de faire du feu dans tout le canton tomba le 18 juillet, cette décision incontestable resta en vigueur jusqu’à la mi-septembre. Interdire les barbecues et les feux de camp est une grosse restriction à la liberté de ceux qui aiment vivre en extérieur, mais en forêt comme sur les pâturages nous avions l’impression de marcher sur des corn flakes. Les prairies étaient déjà sèches de la Navizence à la Bella Tola en rive droite. Seuls les alentours des sources, des torrents et les prairies irriguées restaient vertes. Les forêts semblaient bien supporter la sécheresse dans les vallées, nous savons qu’elles étaient déjà en stress hydrique et qu’elles réagissent après un temps d’inertie, le problème reste à venir. Pour documenter la sécheresse, quelques photos dont une photosphère en amont de Cuimey le 16 août à découvrir au bout du lien, puis quelques chiffres :

On ne peut pas prendre uniquement la pluviométrie pour chiffrer la sécheresse, les neiges résiduelles en montagne, les températures et l’ensoleillement participent. La station MétéoSuisse de Mottec partage une pluviométrie depuis 1973, des statistiques certainement alimentées par les mesures de la centrale électrique avant la station automatique en 2015. Le graphique interactif ci-dessous résume les étés depuis 2013, ce millésime est le plus sec avec moins de 350mm. La moyenne pour les six mois d’été est de 434mm et la norme 1991-2020 de 476mm. En 2003, sécheresse historique, il a été mesuré 366mm à Mottec. Feuille de calcul en ligne .

Après une excellente fenaison la nature s’est déréglée, les pousses annuelles de certains feuillus ont séché (boulot, tremble), des fruits ont mûri trop vite avant de grandir, le tarissement des sources et des torrents laissait de grandes zones sans eau pour les animaux. Les cultures irriguées ont évidemment bien rendu, la vendange fut belle en quantité comme en qualité. Les sorbiers ont profité du printemps, ils sont gavés de fruits, le oiseaux dont les grands corbeaux nombreux cet été ne cachent pas leur plaisir. Le rut du est décrit dans un article précédent, les chasseurs ont atteint leurs quottas, les rapaces ont passé l’été au-dessus des forêts, ils étaient discrets en vallée. La sécheresse a eu plein de petites conséquences, mais rien de dramatique, nous avons échappé aux incendies qui ravagent durablement des régions. Des chiffres français parlent de 90% des incendies provoqués par l’homme, dont 70% par des actes de négligence ou de malveillance. On comprend la tutelle étatique sur les fumées.

Nouvelle plage du Toûno

Où allons-nous ? Deuxième été le plus chaud selon MétéoSuisse, pas des complotistes, après un hiver hors-normes, le système s’emballe. Une théorie récente accuse l’explosion volcanique aux îles Tonga en janvier d’avoir provoqué un effet de serre à l’échelle mondiale. J’ai compris que John Tyndall, le vainqueur de notre Weisshorn en 1861, était un des premiers à théoriser l’effet de serre et les conséquences des émissions de carbone. Nous savons, depuis longtemps. L’album publique Eté 2022 montre un début de saison au vert éclatant, les images sont brunes quasi automnales dès la fin juillet. Pour illustrer le paradoxe de notre société vis-à-vis de la nature, la remarquable floraison des linaigrettes dans le marais des plats de la Lée le 12 juin. Puis le marais s’est asséché mi-juillet, ce que je n’avais jamais observé. J’ai photographié un hélico posé sur cet espace protégé le 18, je n’ai pas vu où partaient les occupants; boire un café à la Tzouc? C’est pas gagné l’écologie, trop de connards avec de gros moyens.

Beau temps, températures confortables en montagne, c’était un magnifique été en Anniviers les touristes ne s’y sont pas trompés. La pression humaine sur la nature est plus forte quand il fait beau. L’économie cartonne, le tourisme alimente l’artisanat qui prospère. Pas de fausse note dans mes activités, nature et hommes furent généreux, des bons moments et du beau temps, du trop beau temps, du beaucoup trop beau temps.

Observation de la faune 2022

On ne s’improvise pas reporter animalier, ma campagne d’observations dans les environs de la Tzoucdana cet été me laisse plus de leçons que de satisfactions. Assez satisfait, j’ai donc énormément appris, le résultat de l’an prochain sera bien meilleur. Premier écueil le matériel technique avec ses trop grandes possibilités et ses limitations, dont l’alimentation. Trépieds, appareils photos, caméras, télécommandes, une seule batterie mal chargée et il faut changer ses plans. Ensuite les hommes, promeneurs téméraires, voleurs de caméras, philosophes citadins pleins de bonnes intentions mais coupés des réalités. Vivant en marge de la civilisation, je témoigne que la sélection par l’homme est bien moins cruelle que la sélection naturelle, qui se veut impitoyable, faisant fi de toute souffrance, de toute pitié.

J’épargnerai à cet article mes notes sur les déplacements du gibier, et le barbare vocabulaire cynégétique, pour ne garder que des observations basiques. Dès le 10 septembre, j’entendais bramer sans parvenir à localiser le précoce. Je plaçais les caméras dans les Chétisses le dimanche 11, j’en ramène quelques photos de biches et de daguets. Une semaine plus tard les gros mâles occupaient deux places de rut, dans les secteurs i19 et et L15, les biches commençaient à se regrouper. Autour, d’autres cerfs tentaient d’approcher les places gardées par les dominants, ou bramaient en périphérie. Une grande partie de la politique s’opère de nuit, j’ai observé quelques combats mais les dominants des premiers jours ont défendu leur place et leur cheptel. Deux bêtes paraissaient bien s’entendre en J20, elles semblaient partager la place, un combat coûta finalement un bois au plus petit et il ne s’approcha plus.

le 2 octobre vers 14h, je photographiais une saillie en L11. Un instant fugace et rare.

Les photos prises entre 1000 et 1500 mètres de distance sont retravaillées, principalement pour la netteté. Le résultat ne s’affichera pas dans les concours. Il me satisfait compte tenu de la distance, du coût raisonnable de mon matériel, et de la certitude de ne pas interférer ni déranger. Je regrette la mésaventure de la caméra volée, qui sait les images qu’elle aurait enregistré laissée en place. Je comptais sur elle pour les sons, le brame proprement dit, qu’il serait vain de décrire par les mots. Plutôt que de longues phrases, voici les meilleures images et de brèves descriptions en légendes.

Pas de place de rut dans le quart en bas à droite du quadrillage, alors qu’il y avait du monde en i6 l’an passé. On y voyait cette année des paires de mâles, des biches avec des jeunes en petits groupes. L’activité s’est calmée après le 10 octobre, pour cesser le 15. Tout ce petit monde s’est caché, on n’observe plus que des troupeaux de chamois. Biches et cerfs restent à couvert et se nourrissent de nuit pour récupérer un maximum de forces avant l’hiver.

L’observatoire de la Tzoucdana

Le cerf entre en rut vers la mi-septembre, les festivités durent un bon mois. Le brame est spectaculaire mais peu d’endroits permettent de l’observer sans déranger. Les chasseurs d’Anniviers ont construit et mis à disposition quatre observatoires équipés de longues-vues, celui de Zinal est situé en amont de l’auberge de la Tzoucana. Il fait face aux « Chétisses des Gardes à Bordon », 400 hectares de nature préservée protégée des ambitions humaines par les phénomènes extrêmes qui s’y produisent, laves torrentielles, éboulements et avalanches. L’auberge et le camping sont ouverts en périodes touristiques.

On observe principalement cerfs et chamois, les chevreuils préfèrent les régions plus boisées et la distance est trop grande pour la petite faune pourtant nombreuse. Pour ceux qui prennent le temps de suivre l’évolution des troupeaux toute l’année, l’endroit est idéal; les néophytes qui attendent un spectacle facile seront déçus, il vaut se faire accompagner d’un connaisseur capable de repérer les animaux, de les déterminer et de décrire leur comportement. La longue-vue n’est pas adaptée à toutes les morphologies et on ne peut pas la bloquer, prévoyez vos propres jumelles et des habits chauds. Pour aider les groupes à se repérer dans le paysage, j’utilisais une photo quadrillée qui s’est vite révélée indispensable pour partager les positions à observer. Vous pouvez télécharger ici dans la meilleure qualité une version récente.

N’espérez pas ramener de beaux clichés, même avec un téléobjectif et un trépied les sujets sont trop lointains. On entend bramer les journées fraîches et la nuit, quand la rivière alimentée par le glacier reste discrète. Les images et les sons que je partage proviennent d’un Nikon P1000 au zoom de 120X (ci-dessous, la première depuis l’observatoire) et de deux caméras 4G placées dans le terrain avant le brame, période où il convient de ne pas déranger.

Les légendes du val d’Anniviers

En 1917, le lieutenant-colonel Souvairan de passage à Vissoie est invité par le curé Francey à assister aux cérémonies de la Fête-Dieu. Subjugué par la vivacité des traditions locales, il s’intéresse aux Mythes, contes et légendes de la région et publie Les légendes du val d’Anniviers.

Anniviers depuis le Besso 3669 mètres.

Un exemplaire de l’édition 1928 qui dormait dans une bibliothèque privée bâloise m’a été offert en 2000, c’est ma plus ancienne référence sur les mythes locaux. Je connaissais toutes les légendes par d’autres ouvrages parus plus tardivement, mais les mots ont ici la saveur du premier témoignage. Le fascicule se délite, je l’ai numérisé pour le sauvegarder et le partager, ce que je compte faire ces prochaines années avec les ouvrages qui ne seront d’évidence pas réédités. Bonne lecture !

Bienvenue sur annitrek.com

Le site annitrek mue, il change de forme, de fonction et d’extension. Il mute également, en passant du pratique et efficace Google Sites à WordPress aux possibilités infinies. J’avais fixé le transfert au 4 septembre, premier jours de mon 50ème tour du soleil, la date est respectée malgré les manques. Soyez indulgents, le travail ne sera pas terminé de mon vivant; il se corrigera, évoluera, s’améliorera… Il y a eu de légers problèmes techniques au transfert du blog et de ses 400 articles, on retrouve néanmoins toutes les publications depuis 2009. Pour le reste, un petit film vaut mieux qu’un long article. A bientôt !

Le remuage

Dès le 4 septembre, le site annitrek et ce blog migreront vers une nouvelle version plus esthétique avec de meilleures possibilités d’intégration.

L’évolution du web et l’arrêt définitif des activités d’animation obligent cette adaptation. Peu de changements au niveau des informations partagées, mais un environnement plus beau et, hélas, de la publicité pour amortir les frais d’hébergement. Le premier article du blog.annitrek.ch était publié en 2009, il en compte 410 début août 2022 et totalise 173’500 vues.

 Et si vous êtes fous, inscrivez-vous au trail du Besso. Merci pour votre confiance, à bientôt !

Webcam Zinal vieux village
Anniviers depuis Crans-Montana

Lune et soleil en direct

Le soleil en direct
Carte des stations météo du vallon de Zinal

Enneigement hiver 2022

Mis à jour le 01.05.2022
Couche à Sorebois 2500m
72 cm
Couche à Zinal 1700m
0 cm
02.11.2021 = 08 cm
04.11.2021 = 21 cm
14.11.2021 = 02 cm
26.11.2021 = 03 cm
27.11.2021 = 04 cm
28.11.2022 = 09 cm
29.11.2021 = 03 cm
30.01.2021 = 01 cm
Total novembre 51 cm
02.12.2021 = 04 cm
03.12.2021 = 05 cm
04.12.2021 = 17 cm
05.12.2021 = 24 cm
07.12.2021 = 05 cm
08.12.2021 = 10 cm
09.12.2021 = 32 cm
11.12.2021 = 11 cm
27.12.2021 = 03 cm
28.12.2021 = 08 cm
29.12.2022 = 11 cm
30.12.2021 = 17 cm
Total décembre 147 cm
05.01.2022 = 14 cm
06.01.2022 = 04 cm
09.01.2022 = 18 cm
10.01.2022 = 12 cm
Total janvier 48 cm
01.02.2022 = 08 cm
02.02.2022 = 09 cm
03.02.2022 = 07 cm
07.02.2022 = 20 cm
11.02.2022 = 03 cm
12.02.2022 = 08 cm
15.02.2022 = 06 cm
17.02.2022 = 13 cm
19.02.2022 = 04 cm
22.02.2022 = 18 cm
Total février 96 cm
14.03.2022 = 01 cm
15.03.2022 = 02 cm sablés
31.03.2022 = 02 cm
Total mars 05 cm
01.04.2022 = 06 cm
02.04.2022 = 25 cm
03.04.2022 = 11 cm
07.04.2022 = 03 cm
08.04.2022 = 28 cm
09.04.2022 = 13 cm
10.04.2022 = 09 cm
24.04.2022 = 06 cm
25.04.2022 = 07 cm
26.04.2022 = 04 cm
30.04.2022 = 04 cm
Total avril = 116 cm
Total hiver 2022 = 463 cm

Records hiver 2022

Mesurés à la Corne de Sorebois 2900m

Le froid

-19.1° le 05.01.2022 à 22h00
-18.8° le 03.12.2021 à 02h00
-18.5° le 29.11.2021 à 17h30
-17.7° le 03.04.2022 à 07h00

Le vent

114.1 km/h NNW 337°
le 21.02.2022 à 09h30
112.7 km/h WNE 296°
le 07.02.2020 à 02h00
106.6 km/h NE 303°
le 31.01.2022 à 16h00
103 km/h WNW 296°
le 09.01.2022 à 04h00
96.5 km/h W 260°
le 08.04.2022 à 03h30
95.8 km/h WNW 292°
le 29.12.2021 à 00h30
73.8 km/h W 276°
le 04.12.2021 à 05h30
65.5 km/h SSW 197°
le 03.11.2021 à 08h00
L’auteur
Manu Zufferey

Manu Zufferey

Conteur, patrouilleur, sauveteur, randonneur, blogueur, écologiste de la première heure.

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