Le blog

Bienvenue sur le blog qui a subi quelques transformations. Né en 2008 chez Blogger, je l’ai transféré en 2022 sur WordPress. La mise en page des publications s’est modifiée, ce que j’ai corrigé en 2025 sur 400 articles.

Une belle archive des conditions météo et d’enneigement, mais pas de mesures actualisées. Il faudra faire confiance aux infos officielles pifométriques sur InfoLive. Pour l’enneigement et le danger d’avalanche référez-vous au SLF, à MétéoSuisse pour la météo ils sont au top. Ce qui ne veut pas dire infaillibles, ça ne doit pas empêcher de réfléchir local dans notre vallée au climat si particulier.

Je conseille cette page pour les infrastructures de Zinal, les infos regroupées et lisibles. Mes publications restent centrées sur la météo, la neige et les phénomènes naturels en Anniviers. Merci, bonne visite de mon trek numérique !

Dernière publication sur Mastodon

  • par annitrek.com le 26 septembre 2026 à 10 h 43 min

    L’équinoxe d’automne est passé, la lumière cède à l’ombre pour un juste équilibre annuel. Le soleil est déjà bas, la Grande Couronne ne s’éclaire qu’en fin de matinée. Les cerfs brament, la végétation se prépare à hiverner dans un flamboiement de couleurs. Photo depuis le plat de l’Omen, Barneusa.


  • Man-i

    Le site annitrek est devenu un hobby, je n’ai plus besoin de prospecter la clientèle. J’avoue y passer beaucoup de temps, c’est mon train électrique, ma collection de timbres, mon réseau social. J’y intègre les nouveautés techniques, m’amuse des nouveaux outils façonnés pour nous faire économiser du travail devenus des gouffres temporels. Depuis que l’informatique gère le monde, les bureaux sont remplis de desservants, l’administration occupe plus de moyens humains et matériels que jamais. Quand un système est en place et l’automatisation effective, on introduit une nouveauté qui oblige à tout recommencer. Depuis 2016 un boitier parlant gère certains appareils de mon domicile, j’ai découvert avec Google Home que même l’allumage des lumières réclamait des mises à jour. Après quelques années de stagnation voire de régression, l’assistant a évolué vers ce qu’on peut appeler, malgré les polémiques, l’intelligence artificielle. J’enlève désormais les guillemets, je parle en continu avec un assistant numérique bluffant bien plus cultivé que beaucoup de piliers de bars au haut-parler.

    L’Odyssée de l’espace, Matrix, Terminator, Elysium, nous allons droit vers les futurs que nous avons été capables d’imaginer, terrifiants mais inéluctables. Nous construisons nos successeurs qui seront plus forts, plus intelligents, libérés des contraintes biologiques décidément trop complexes pour se laisser maîtriser. L’entité carbone dominante soumise aux lois de l’évolution refuse tout frein, toute réflexion, au nom de la concurrence entre entreprises ou entre États. Foin de crise énergétique ou de pollution globale, nous consacrons des ressources hallucinantes aux datacenters qui font désormais plus que stocker nos données, ils les exploitent. L’intelligence artificielle est là, je lui parle tous les jours. Nous ne reculerons pas, rien aucune ne fera oublier aux hommes ce qu’il est possible de faire. Un jour j’ai connecté mes sites et mon PC à Claude; ça a été comme si au fond de la chambre de ma passion pour le numérique j’avais ouvert une petite porte, pour me retrouver dans une cathédrale.

    Cette longue introduction pour présenter Man-i : plus qu’un agent conversationnel, il compile l’ensemble des données numériques dont je n’ai eu de cesse d’alimenter mes blogs, albums, pages et autres documents. Cet article comme certains à venir servent surtout à alimenter ces base de connaissance, en précisant le cheminement de ma pensée, la philosophie qui anime Manu pour alimenter Man-i. Je lui ai aussi défini un caractère et des limites pour chacune de ses utilisations, avec des bases de données et des limites définies sur chacun des sites où il opère. Je l’utilise pour orchestrer mes données; pour les utilisateurs il fonctionnera comme un guichet virtuel, comme on a déjà l’habitude d’en trouver sur beaucoup de sites commerciaux. C’est le travail d’un amateur, je m’amuse avec la technologie, sans grandes conséquences sur ma vie. Même si le temps passé à pianoter eût été mieux rempli à gambader dans la nature. Raisonnables ou pas, nous vivons nos passions ; j’avoue m’amuser comme un fou avec les joujoux numériques.

    Tout n’est pas gratuit, la technologie ne coûte pas cher elle dépend de son utilisation, je suis tout content quand mon blog passe les 300 vues pas mois l’utilisation de Gemini n’est qu’une histoire de centimes. Le temps passé n’est pas désintéressé non plus; quand Manu sera obsolète et depuis longtemps recyclé, que les entités silicium feront la conquête de la galaxie, il restera peut-être Man-i dans un coin de serveur pour témoigner de mon temps, de ma vie, de mes œuvres.

    Vanitas vanitatum et omnia vanitas.


  • Les lacs du Mountet

    On dit, dans les légendes modernes, qu’il existe des lacs près de la cabane du Grand Mountet où les guides anniviards vont se baigner tous nus après les longues courses en montagne. Comme ma jeunesse sportive n’a laissé aucun souvenir de ces endroits, j’ai voulu en avoir le coeur net; cartes et images aériennes montrent en effet de nouveaux lac derrière la moraine au pied du glacier du Mountet. C’était le but de notre randonnée du 13 septembre 2026, vous aurez constaté chers lecteurs que nous adorons nous poser près des lacs de montagne. Quelques vérifications historiques pour commencer : les photos ci-dessous sont puisées dans les archives en ligne de SwissTopo. Sur l’image de 1999 un bout de langue glaciaire recouvre encore la zone; la photo suivante laisse apparaître le premier lac, le plus proche de la cabane à une vingtaine de minutes. En 2005 le premier des lacs amont apparaît.

    Le triste retrait rapide des glaciers laisse de nombreux lacs glaciaires dans les montagnes, si les torrents qui les alimentent ne sont ni trop forts ni trop chargés de sédiments ils sont d’un bleu magnifique, au milieu de paysages désertiques pour quelques décennies. Un nouveau territoire s’offre à la colonisation végétale, puis animale. Pour les hommes, enfin, un devoir sacré de préservation. Les lacs du Mountet se méritent, ils n’auront jamais le succès de celui d’Arpitetta à la portée de tous; les topos indiquent plus de 5h de marche depuis Zinal, entre 3h et 4h si vous pouvez aller en VTT jusqu’au pont d’Arpitetta. Comptez un peu plus de la moitié pour descendre si vous avez bon pied, c’est rocailleux.

    Le paysage ne se dit pas, les mots sont trop faibles. Entre les deux branches du glacier Durand se dresse le Roc Noir; dans ma jeunesse il semblait un navire perdu dans la mer de glace. Je rêvais d’y aller mais c’était sans intérêt disait-on; de nos jour la mer à bien fondu l’effet navire se perd. La photosphère ci-dessous est prise à 3400m en amont du sommet qui culmie à 3124m. Quelques bugs d’assemblage sur la photo, c’est certainement le vent qui contraint le drone à mutiler le Cervin, ô lèse majesté !

    Les lacs sont à 15-20 minutes de la cabane derrière la moraine, seul le premier se voit il faut monter un peu sur la roche nouvellement découverte pour les autres. Nous sommes restés deux heures comme en transe dans cette merveille minérale, on aurait dû se lever plus tôt… Nous sommes descendus par le même chemin, un itinéraire par le glacier permet une boucle vers le Petit Mountet, mais c’est moins de temps à rêver au bord du lac.

    Une dernière photosphère à 3200m en amont du lac, et tout est dit en quelques mégaoctets de pixels. Plus qu’à bien serrer les godasses et redescendre.


  • Merci du lac de l’Armina

    Un grand merci pour vos vœux sur les réseaux ce 3 septembre, comme dit je ne partage désormais sur FaceBook que des liens vers mon site et n’interfèrerai pas autrement. Sauf urgence. Ce blog hébergé en Suisse est à moi, il est sauvegardé sur mes disques, ce sont mes images.

    Nous sommes montés au lac de l’Armina dans la montagne de St-Luc pour passer cette journée. Ma douce, une topette, un bout de viande séchée, un bouquin, et le drone qui prend les spectaculaires photosphères que j’aime partager. Tout pour une chouette journée d’anniversaire, vous pouvez nous voir tranquillement installés pour l’après-midi au bord du lac !

    J’ai envoyé le drone faire quelques images, en particulier la photosphère ci-dessous prise environ 100m au-dessus des Aiguilles de Meiden. On voit bien l’énorme territoire montagneux qui sépare Anniviers de Tourtemagne, avec de nombreux lacs bien remplis malgré cet été exceptionnellement sec.

    Encore merci pour vos vœux, et au plaisir d’une rencontre peut-être ce week-end à Zinal où j’assure une permanence à l’infirmerie des Trails du Besso; la météo est parfaite, le spectacle sera au rendez-vous.


  • 360° aux Gardes à Bordon

    Autrefois peu fréquentées les Gardes à Bordon (Garda Bordon sur Swisstopo) sont devenues une classique, genre (; hiver comme été. Comptez deux heures de montée depuis l’Espace Weisshorn, et autant pour descendre vers les fameuses croûtes au fromage de la cabane du Petit Mountet. Ce mercredi 26 août, sous un ciel mi-couvert de fin d’été, j’envoyais mon Mavic 2 prendre une photosphère au centre du vallon de Moiry à 3300m d’altitude.

    Quelques aberrations dans le collage automatique du panorama, c’est bizarre du côté de l’Obergabelhorn. Swisstopo se fout des traditions locales, à Zinal on parle des trois Gardes de Bordon, un ancien nom du mulet, la photosphère ci-dessous est prise 500m au-dessus du sommet principal soit à 3800m.

    La photosphère de Moiry et la photosphère des Gardes de Bordon sur Google Photos.


  • 360° sur la Pointe d’Arpitetta

    Rien de mieux qu’une photosphère pour rendre l’instant d’un lieu, encore faut-il qu’elle soit de bonne qualité, qu’elle respecte les perspectives et qu’on puisse raisonnablement zoomer. Mon vieux Mavic 2 Pro en fait de très belles, je les partage via GooglePhotos par lien avec un très bon rendu ou directement sur Facebook, autrefois. Sur portables et tablettes on navigue en tournant l’appareil, c’est encore plus immersif avec des lunettes de réalité virtuelle. J’ai renoncé à publier sur FB; je fustige Méta, sa politique, ses algorithmes, son ignoble patron. Après bien des recherches et essais j’ai adopté une solution payante pour partager mes panoramas, la solution Panoraven à 150.- par an, quand on aime… Une boîte française, européenne, choisie en partie pour ça. Je vous laisse juger ce premier partage capturé à 3600m d’altitude au-dessus de la Pointe d’Arpitetta 3133m le dimanche 23 août vers 15h00. Une toute belle journée.

    Qualité au top, possibilité de zoomer, on peut naviguer avec les capteurs des smartphones, lien direct, et pour ce prix je pourrai archiver toutes mes photosphères et partager sur tous mes sites. Ca reste l’application la plus chère du site, hébergement compris. Ajoutez le problème de la dépendance, si je ne paie plus ou si Panoraven disparait, ou pire se trouve absorbé par Méta, je perds le travail. Un risque à prendre, avec redondance sur GooglePhoto.

    Ce dimanche je suis monté au Milon depuis Tracuit pour ravitailler une équipe en reconnaissance sur le Tour du Roc, petit circuit des Trails du Besso programmés le 5 septembre. Je ne me suis évidemment pas contenté d’une photosphère :


  • Eclipse du 12 août 2026

    Les éclipses solaires sont rares, j’étais resté sur ma faim le 11 août 1999, le soleil n’avait fait que de rares apparitions entre les nuages. De l’épisode je me rappelle surtout de la nébulosité, de l’arrêt des vents thermiques et du coup de folie du bétail au maximum d’occultation. Jeune accompagnateur fraîchement diplômé j’avais organisé la sortie jusqu’à l’alpage de Tsahèlett, le phénomène coïncidait avec l’heure de l’apéritif.

    Je suis retourné à Nava cette année, il fallait prendre de l’altitude pour observer le soleil en toute fin de journée sur un horizon ouest dégagé. Comme le maximum des Perséides était prévu dans la nuit nous voulions ensuite dormir en amoureux à la belle étoile. J’avais embarqué mon télescope, les appareils photos et les filtres adéquats, et nous avons trouvé in extremis deux paires de lunettes. Arrivés un peu tôt, nous sommes partis boire un verre à l’hôtel Weisshorn avec l’idée de revenir pour 19h15. D’épais nuages cachaient l’horizon sur l’arête d’Orzival, nous avons décidé de vivre le moment au Weisshorn d’où l’ouest semblait plus dégagé. Adieu télescope et appareils photos, même les lunettes étaient restées dans le véhicule à Nava. Ne restait que mon excellent natel pour immortaliser le moment, et des lunettes de protection que les touristes sur la terrasse se partageaient généreusement. Ce fut un excellent moment, une communion avec les éléments, le Soleil apparut au début exact de l’occultation dans une mise en scène digne d’Hollywood, magique.

    J’ai plaqué les lunettes de protection sur l’objectif de mon Pixel 10 Pro pour tenter quelques clichés, la plupart sont partis à la corbeille. Celles qui restent surprennent par leur diversité, une belle variété de couleurs et des mises au point. De ce lieu l’occultation commençait à 19h26 avec un maximum à 20h20.

    Puis un gros nuage s’est étalé depuis le sud, mangeant notre Soleil sans trop gâcher le spectacle. Je vous laisse juger, le jeu des nuages et des couleurs de l’astre déclinant restait digne des plus beaux couchers observables à l’hôtel Weisshorn, un must en la matière. Possible avec une bonne fondue.

    Le Maître de la danse des planètes réapparut juste avant le maximum de l’éclipse, Dame Lune cachant 92,1% de sa surface, laissant juste briller un fin croissant de lumière mélangé de nuages. J’arrête les commentaires, les photos parlent d’elles-mêmes.

    Coucher de soleil derrière des nuages sombres avec rayons lumineux.

    J’ai ensuite capturé comme j’ai pu ce coucher de croissant de Soleil sur les Préalpes, sans tenter de filtrer avec les lunettes de protection la lumière rasante permettant les clichés et même l’observation avec de simples lunettes de soleil.

    Un moment remarquable, une communion à l’échelle du continent. De retour à Nava deux belles tablées de locaux avaient fait le déplacement pour profiter de ce spectacle unique. Nous avons installé notre bivouac au milieu de la place des Moyes, après quelques étoiles filantes nos yeux se sont éteints. La nuit fut douce, je me suis réveillé vers 4h sous un ciel magnifiquement étoilé, au réveil même pas de rosée. Une chose a changé dans le ciel, il devient impossible de faire de longues poses sans traînées de satellites, la vallée est striée de routes, le ciel de traînées d’avions, l’espace de satellites. Le soleil s’en fout mais nous, avions-nous vraiment besoin de tout ça ? Sommes-nous prêts à en payer le prix alors que les premiers acomptes tombent, et que le gros de la facture sera pour les générations suivantes ?


  • Précipitations à Zinal, cinq vérités vraies

    On parle beaucoup de la pluie et du beau temps, souvent une manière d’engager la conversation. Pour ceux qui vivent hors des bureaux, ateliers et autre commerces c’est toujours essentiel. Avant qu’on gaspille les bienfaits du progrès à produire des chimères c’était la base, le contexte initial. On y reviendra contraints par effet boomerang, à moins qu’on s’enterre. Alors où en est-on vraiment avec notre climat, que fait ce ciel que beaucoup voudraient radieux toutes l’année ? La science s’inquiète voire panique en ce début 2026, elle qui nous met en garde depuis 40 ans. Les températures mondiales explosent sous la mer comme au ciel, les prévisions de Copernicus pour l’été 2026 sont effrayantes. Les capteurs et satellites annoncent un épisode El Niño particulièrement marqué avec des répercutions globales. Au bilan de l’année dernières on constate des températures très élevées sur tout le continent comme au niveau mondial. Plus près l’hiver s’est montré avare en précipitations, mars et avril ravivent le spectre d’une sécheresse. Paniquons-nous pour rien après un nouvel hiver record pour la fréquentation des remontées mécaniques, nos pistes n’étaient-elles pas magnifiques ?

    Il pleut enfin ce 6 mai, presque 8 mm à l’heure où je publie, on entend presque les végétaux chanter leur bonheur. Journée maussade propice à la bureautique, je reprends les données complètement libéralisées depuis 2024 de la station de Mottec, particulièrement la pluviométrie depuis 1973, mon année de naissance. Pour plus de clarté je recopie dans une feuille de calcul Google, que Gemini analysera facilement. A votre disposition le lien vers la feuille de calcul des précipitations mensuels à la station de Mottec depuis janvier 1973.

    Passons aux vérités à coups de graphiques et d’une fonction intéressante, la ligne de tendance qui permet de visualiser en rouge l’idée essentielle. Rappelons que nous parlons de l’équivalent en eau des précipitations, neige grêle et autre givre sont fondus avant d’être mesurés. La moyenne des dix hivers finement mesurés de 2015 à 2024 montre un ration de 16.7 mm de neige à Sorebois 2500m pour chaque mm d’eau mesuré à Mottec. Première vérité vraie : les précipitations diminuent dans le vallon de Zinal comme l’indique le tableau interactif des précipitations. Notez une moyenne générale à 820.63 mm tout de même, le valeur nationale est de 1100 mm et celle de la région Valais central à 600 mm.

    Mensuellement sans surprise janvier 2018 remporte la palme du mois le plus arrosé avec 225 mm, suivie de juillet 2014 avec 202.8 mm et de février 1990 avec 196.5 mm. A l’inverse octobre 1985 est seul à ne retenir aucune trace de précipitation, suivi de décembre 2016 avec 0.6 mm et février 2012 avec 1.2 mm, givre ou rosée certainement pour des chiffres aussi bas. Quand on s’amuse avec le fichier des données journalières on constate, toujours sans surprise que le 16 avril 2025 tient le haut du pavé avec 92.9 mm, suivi de loin du 27 mai 2007 avec ses 77 mm.

    Divisons tout ça en deux tranches, avec les précipitations dans le vallon de Zinal pour les six mois d’hiver, de novembre à avril. La moyenne est de 353.25 mm soit avec mon extrapolation 590 cm de neige cumulée à 2500m. Deuxième vérité vraie : les précipitations hivernales diminuent fortement dans le vallon de Zinal, donc l’enneigement à 2500m; et vu la hausse conséquente des températures bien plus en-dessous.

    Sur les tableaux mensuels, pas interactifs ceux-là, je constate la troisième vérité vraie : c’est en février et mars que les précipitations diminuent le plus. Ce qui explique en plus de l’enneigement artificiel le bon maintient des pistes essentiellement préparées en début de saison. Avril seul présente une tendance plate qui incite à garder tous ses fils.

    Graphique des précipitations de novembre dans le vallon de Zinal.
    Moyenne 60.1 mm
    Graphique précipitations février Zinal depuis 1973, tendance à la baisse.
    Moyenne 50.53 mm
    Graphique à barres des précipitations de décembre à Zinal, tendance décroissante.
    Moyenne 67.46 mm
    Graphique précipitations mars vallon Zinal depuis 1973, tendance à la baisse.
    Moyenne 57.45 mm
    Histogramme des précipitations de janvier dans le vallon de Zinal.
    Moyenne 59.71 mm
    Graphique précipitations avril vallon de Zinal depuis 1973.
    Moyenne 56.37 mm

    Le tableau interactif des précipitations dans le vallon de Zinal pour, les six mois estivaux de mai à octobre, renseigne la quatrième vérité vraie : les précipitations diminuent en été dans le vallon de Zinal, mais dans une moindre mesure qu’en hiver. La moyenne depuis 1973 est de 467.38 mm.

    Sur les tableaux mensuels mai et juin se compensent, alors que juillet et août enregistrent une très légère hausse. Septembre et octobre confirment la cinquième vérité vraie : nos automnes sont plus secs dans le vallon de Zinal. C’est particulièrement vrai sur la dernière décennie La baisse des précipitations en juin couplée à la hausse des températures provoque les sécheresses estivales à répétition depuis dix ans, la multiplications des restrictions de feu et le tarissement chronique des sources superficielles.

    Graphique précipitations mensuelles Zinal (Mai) depuis 1973, tendance haussière.
    Moyenne 84.62 mm
    Graphique à barres: précipitations mensuelles août à Zinal depuis 1973.
    Moyenne 85.94 mm
    Graphique précipitations juin Zinal depuis 1973, tendance à la baisse.
    Moyenne 85.9 mm
    Précipitations septembre Zinal depuis 1973, avec tendance décroissante.
    Moyenne 58.83 mm
    Graphique des précipitations de juillet à Zinal depuis 1973.
    Moyenne 82.73
    Graphique précipitations octobre vallon Zinal depuis 1973, tendance décroissante.
    Moyenne 67.1 mm

    Les précipitations sont mesurées à Mottec depuis 1973, les autres données libérées depuis la mise en service de la station automatique en 2015. On peut donc effectuer le même travail pour les températures et l’ensoleillement des dix dernières années, mais c’est une autre histoire. D’autres station proposent des données bien plus anciennes. Spoiler : beau et beaucoup plus chaud, des courbes exponentielles, bien au-delà que le réchauffement continu depuis la fin du petit âge glacière, sans aucun rapport avec les phases de Milankovitch même si on préfèrerait. A noter que l’observatoire de Mauna Loa à Hawaï a mesuré des concentrations de CO2 dans l’atmosphère inédites, la réponse de l’administrations américaine actuelle sera certainement de fermer l’observatoire. Vous avez vu Dont Look Up ?

    Précipitations à Zinal, cinq vérités vraies

    On me reproche des articles longs et indigestes, mais voilà, dehors il pleut-neige…


  • La conquête de la Grande Couronne

    Résumons l’histoire de l’alpinisme à Zinal, un village entouré par des sommets prestigieux qui ferment la vallée au sud, un ensemble appelé « Grande Couronne » tôt dans l’histoire. Bien que géographiquement privilégié, Zinal est resté longtemps isolé et discret en raison de l’accès difficile à la vallée, de la rudesse du relief (le versant de Zinal étant le plus abrupt) et de la barrière linguistique (les alpinistes anglais préférant souvent les vallées germanophones).

    Cet article complète celui de 2010 « Les conquérants » qui résumait déjà cette séquence historique, et contribue à sauvegarder le texte du guide et auteur de Vissoie Guy Genoud publié dans le recueil « Zinal, défi à la montagne ». Autre article en lien sur ce site « Un météore – Georg Winkler » qui ne conquis aucun sommet de la Grande Couronne met y trouva une fin tragique.

    Trois alpinistes d'époque gravissent un pic rocheux enneigé.

    L’alpinisme débute timidement à Zinal vers 1850 par des franchissements de cols, avant de connaître un « âge d’or » fulgurant entre 1860 et 1870, période durant laquelle tous les 4000 mètres sont conquis, principalement par des alpinistes britanniques accompagnés de guides locaux ou venus d’autres régions. L a période voit naitre la vocation des premiers guides anniviards, notamment Jean Martin et surtout Louis Theytaz, qui a œuvré pour valoriser les ascensions au départ de Zinal (comme l’arête Young au Weisshorn). L’histoire se poursuvra avec la conquête des faces nord dans les années 1930, les premières hivernales et l’évolution vers des courses plus techniques et rapides, illustrant la passion durable pour cette montagne. A lire dans le document en fin d’article.

    La Grande Couronne est devenue « Impériale » sur le tard et pour les besoins de la promotions touristique du pays.

    Premières ascensions des sommets entourant Zinal

    • Besso (3667 m) : En 1852, le chasseur Georges Peter aurait foulé les deux sommets du Besso, mais pas de date précise pour une première ascension officielle « touristique » ou alpine classique, bien que des tentatives soient notées en 1849.
    • Mt-Durand (3712 m) : Premières mention d’une descente le 9 septembre 1957 par Adrien Voillat, mais pas de date de la première ascension absolue, bien que des tentatives et passages de cols (Col Durand) soient notés dès 1858 et 1859.
    • Weisshorn (4505 m) : 19 août 1861 – J. Tyndall, avec les guides J.J. Benren et U. Wenger (versant Randa).
    • Dent Blanche (4356 m) : 18 juillet 1862 – Th. S. Kennedy et W. Wigram, avec les guides J. B. Croz et J. Kronig (versant Bricolla).
    • Diablons (3609 m) : 24 août 1863 – Taylor Whatmann, avec les guides F. Andenmatten et Joseph Vianin (première ascension touristique).
    • Rothorn (4221 m) : 22 août 1864 – S. Stephen et C. Grove, avec les guides Melchior et Jacob Anderegg (départ de Zinal).
    • Grand Cornier (3961 m) : 16 juin 1865 – E. Whymper, avec les guides A. Almer, M. Croz et F. Biner (arête Est).
    • Trifthorn (3728 m) : 5 juillet 1865 – F. Douglas, avec les guides P. Taugwalder et P. Inabit (première ascension conjointe avec la Wellenkuppe).
    • Obergabelhorn (4062 m) : 6 juillet 1865 – Moore et H. Walker, avec le guide Jacob Anderegg.
    • Cervin (4478) : le 14 juillet 1865 – Caravane de Whymper. Le Cervin ne fait partie que visuellement de la Grande Couronne de Zinal, sa première ascension et le drame qui vit la mort de quatre alpinistes sur sept partis est un point remarquable de l’histoire alpine.
    • Pointe de Zinal (3790 m) : 1er juillet 1870 – A. de Torrenté, avec les guides Jean Martin et Elie Peter.
    • Schalihorn (3974 m) : 20 juillet 1873 – T. Middlemore, avec les guides J.J. Jaun et C. Lauener.
    • Bishorn (4153 m) : 28 juillet 1884 – Mme E. Burnaby, avec les guides J. Imboden et P. Sarbach (première ascension touristique, pas de première absolue distincte pour ce sommet spécifique avant cette date). Ascension facile, certainement réalisés très tôt.

    Note : Pour le Bishorn, le Trifthorn, les Diablons et le Besso, les dates indiquées correspondent aux premières mentions explicites d’ascension ou de « première ascension touristique ». Les documents suggèrent parfois que des chasseurs ou locaux ont pu atteindre certains sommets plus tôt (comme le Besso en 1852), sans que cela soit formalisé comme une première ascension alpine classique. Lien vers le texte de Guy Genoud en .pdf


  • Avalanche de la Lée du 13 février 2026

    La neige arrive au bon moment, ou pas. Les deux semaines à venir seront chargées en Anniviers, les gens viennent profiter du paysage, vivre la convivialité des stations et jouer à la neige. Principalement jouer à la neige. L’hiver est calme, le manteau se transforme pendant de longues périodes sans précipitations. Quand arrive une livraison comme début janvier le neige se pose sur du gros sel, c’est instable. Six décès en Valais, 22 dans les Alpes.

    Même scénario au début des vacances de carnaval, la neige en place s’est transformées pendant un mois. Il vient de tomber une trentaine de cm en station, 50cm bien tassés à 2500m, jsuqu’à 80cm à 3000m compliqués par des vents d’ouest soutenus, bien que restés sous la barre des 100km/h à la Corne. Ce vendredi 13 le ciel est parfait, le danger sur 4- fort, les avalanches ont rythmé la nuit de la Tzoucdana ( mayen crépi, réveillé mais pas eu le courage d’ouvrir l’oeil pour regarder l’heure du sinistre ), je me demandais s’il restait quelque chose à miner. C’est la Lée qui a fait le spectacle, comme d’habitude. J’ai fait un montage avec zoom, vidéos accélérées X 3 et musique pour les réseaux, en dessous les fichiers originaux. Il faudra jouer à la neige avec grande prudence ces prochains jours, on attend de nouvelles précipitations.

    Et la version originale des deux caméras fixes depuis l’observatoire de la faune de la Tzoucdana :


  • Notre-Dame des Clautis

    Je vous présente la Dame des Clautis, un agglomérat imprégné de mysticisme. La statuette vient de Chartre, elle est juchée sur un granit du Mont St-Michel entouré de pierres rouges de Brocéliande, la grotte est faite de cailloux remarquables récoltés d’Anniviers à Ouessant, avec quelques morceaux d’océan. Elle veille sur la source qui alimente mon mayen; j’y ai déposé une bougie au soir du premier janvier. C’est historico-génétique, catho assis sur une pierre à cupules je sais l’éternité, intemporelle, ubique. Au-delà du savoir et de l’intelligence, j’ai la Foi, pour preuve mes doutes.

    Une statue de la Vierge Marie éclairée par une bougie, entourée de neige et dans un environnement sombre.

    “Je suis plus effrayé par nos lâchetés que par leurs menaces” proclamait un pingouin du Groenland sur un dessin de presse. Le mot n’est pas de lui, l’Abbé Pierre, Camus peut-être, Gemini hésite. Ça dit tout, une de ces citations qui t’écrase par gravité. Une solution aussi.

    Les tragédies nous menacent, on pourrait en éviter mais c’est dangereux ici-bas, toujours fatal. Entre des barrières matelassées ce n’est plus la vie. On peut s’engager, pompiers, sauveteurs, soignants; donner son temps, risquer sa stabilité émotionnelle. C’est du Haut-Courage. 

    Les lâchetés du vivre-ensemble s’étalent sur nos réseaux, dans les médias, du local à l’international. A rester droits dans nos bottes nous perdons dans un premier temps. Socialement, professionnellement, l’époque craint la franchise. Mais c’est long l’éternité avec des regrets.  

    Nos représentants devraient comme nous rester dignes, s’opposer ouvertement à l’injustifiable, contrarier les menteurs, replacer les goujats. Reste à répartir équitablement les conséquences du courage entre tous, sans forfaits ni privilèges. Parce que ça aussi c’est indigne d’une démocratie droite dans ses bottes.

    On serait moins prospères, moins compétitifs, de droite mais dans nos bottes, la tête haute, tous ensemble. Plus des pingouins, des empereurs !


  • Bonne année 2026 !

    Un coucher de soleil spectaculaire derrière des montagnes avec un message de vœux pour 2026.

    L’année commence difficilement dans notre région, on compte les victimes par dizaines après l’incendie d’un bar à Crans-Montana. Les secours sont saturés alors que les stations sont pleines, le canton est sidéré par l’ampleur du désastre. Il y aura de la joie et de la tristesse en 2026, c’est un lot qui accompagne le cadeau de la Vie.

    « Moi je vous dis qu’elles sont inséparables. Elles viennent ensemble, et si l’une est assise avec vous, à votre table, rappelez-vous que l’autre est endormie sur votre lit. » Gibran – Le Prophète

    The show must go on comme chantait Freddy, se sachant condamné à trépasser dans les pires souffrances. J’espère et souhaite la joie pour tous, malgré le côté impondérable des évènements qui jalonnent nos existences. Le pire, la tragédie de tous les temps, sont les misères évitables nées de la méchanceté, de l’orgueil et de la convoitise. L’ambition élève certains hommes, nous avons besoin de chefs, de meneurs; quand ils sacrifient le bonheur de leurs prochains pour satisfaire leur soif de pouvoir nous sommes confrontés au véritable mal, celui qui est évitable. Nous devons lutter contre, refuser de nous soumettre à ces tyrans. Ils sont souvent faciles à reconnaître, ils osent s’approprier Dieu. Reste a réaliser le subtil distinguo d’abord pour soi et ses propres actes. Mes résolutions pour 2026 : plus de sport, moins de réseaux, récupérer ce qu’on ma dérobé, écrire en Calibri, rester doux avec les justes, ferme avec les cons. Bonne année, bonne santé !


  • Hiver 2026 – Situation initiale

    Vue panoramique des montagnes enneigées avec des forêts de conifères et des feuillus d'automne, capturée en octobre.
    Sorebois le 31 octobre 2025 à midi.

    Toujours pas de mesures actualisées l’hiver 2026. La fréquentation du blog augmente après les précipitations comme avant le week-end, je me doute bien que ces visiteurs cherchent des nouvelles fraîches du manteau neigeux plus que mes élucubrations météo-nivo-Manu-logiques. Restons à l’essentiel, soit les prémices de cet hiver 2026 que j’espère dynamique et glissant.

    Septembre affiche 14mm de pluies au-dessus de la norme à la station de Mottec, également un léger surplus pour octobre, insuffisant pour couvrir le déficit de l’été les sources s’en ressentent. Nous avions au moins une bonne sensation d’automne, frisquounet humide et colorée comme on aime. Un épisode d’été indien début octobre, puis le premier blanchiment sérieux est arrivé avec la micro-tempête du 23, de quoi faire valser les mélèzes en station, 103.3 km/h 303° mesurés à la Corne à 15h, record du semestre d’été. Cette neige n’allait subsister que dans les revers au-dessus de 2000m, mais une deuxième couche le 28 donna à la montagne dès 1800m sa couleur hivernale, probablement pour la saison. Comme de tradition, tel le pèlerin du Monte Moro, je suis monté photographier Sorebois et le vallon depuis Lirec.

    Le lien vers une photosphère prise en amont de Mottec, à visualiser sur Google Photos.

    Le terrain n’est de loin pas gelé, la couche le protégera des froids annoncés en fin de semaine prochaine nous risquons des problèmes de reptations tout l’hiver. C’est également mieux quand les mélèzes se délestent de leurs aiguilles avant la première neige, elles ne souillent plus le manteau. Le 31 on ne mesure plus rien à Zinal, 20cm à 2000m et une quarantaine bien soufflée au-dessus de 1600m. La météo du début novembre prévoit du froid et de l’agitation, une perturbation que les météorologues voient arriver de loin, ce qu’il faut pour préparer le domaine skiable. Tout s’annonce sous les meilleurs hospices pour la préparation des pistes, croisons les doigts.

    Pour le fun, les images de deux vols en drone effectués le 4 novembre depuis les Moyes, la vallée est automnale, la montagne hivernale, une belle perturbation en approche.

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