Résumons l’histoire de l’alpinisme à Zinal, un village entouré par des sommets prestigieux qui ferment la vallée au sud, un ensemble appelé « Grande Couronne » tôt dans l’histoire. Bien que géographiquement privilégié, Zinal est resté longtemps isolé et discret en raison de l’accès difficile à la vallée, de la rudesse du relief (le versant de Zinal étant le plus abrupt) et de la barrière linguistique (les alpinistes anglais préférant souvent les vallées germanophones).
Cet article complète celui de 2010 « Les conquérants » qui résumait déjà cette séquence historique, et contribue à sauvegarder le texte du guide et auteur de Vissoie Guy Genoud publié dans le recueil « Zinal, défi à la montagne ». Autre article en lien sur ce site « Un météore – Georg Winkler » qui ne conquis aucun sommet de la Grande Couronne met y trouva une fin tragique.
L’alpinisme débute timidement à Zinal vers 1850 par des franchissements de cols, avant de connaître un « âge d’or » fulgurant entre 1860 et 1870, période durant laquelle tous les 4000 mètres sont conquis, principalement par des alpinistes britanniques accompagnés de guides locaux ou venus d’autres régions. L a période voit naitre la vocation des premiers guides anniviards, notamment Jean Martin et surtout Louis Theytaz, qui a œuvré pour valoriser les ascensions au départ de Zinal (comme l’arête Young au Weisshorn). L’histoire se poursuvra avec la conquête des faces nord dans les années 1930, les premières hivernales et l’évolution vers des courses plus techniques et rapides, illustrant la passion durable pour cette montagne. A lire dans le document en fin d’article.
La Grande Couronne est devenue « Impériale » sur le tard et pour les besoins de la promotions touristique du pays.
Premières ascensions des sommets entourant Zinal
- Besso (3667 m) : En 1852, le chasseur Georges Peter aurait foulé les deux sommets du Besso, mais pas de date précise pour une première ascension officielle « touristique » ou alpine classique, bien que des tentatives soient notées en 1849.
- Mt-Durand (3712 m) : Premières mention d’une descente le 9 septembre 1957 par Adrien Voillat, mais pas de date de la première ascension absolue, bien que des tentatives et passages de cols (Col Durand) soient notés dès 1858 et 1859.
- Weisshorn (4505 m) : 19 août 1861 – J. Tyndall, avec les guides J.J. Benren et U. Wenger (versant Randa).
- Dent Blanche (4356 m) : 18 juillet 1862 – Th. S. Kennedy et W. Wigram, avec les guides J. B. Croz et J. Kronig (versant Bricolla).
- Diablons (3609 m) : 24 août 1863 – Taylor Whatmann, avec les guides F. Andenmatten et Joseph Vianin (première ascension touristique).
- Rothorn (4221 m) : 22 août 1864 – S. Stephen et C. Grove, avec les guides Melchior et Jacob Anderegg (départ de Zinal).
- Grand Cornier (3961 m) : 16 juin 1865 – E. Whymper, avec les guides A. Almer, M. Croz et F. Biner (arête Est).
- Trifthorn (3728 m) : 5 juillet 1865 – F. Douglas, avec les guides P. Taugwalder et P. Inabit (première ascension conjointe avec la Wellenkuppe).
- Obergabelhorn (4062 m) : 6 juillet 1865 – Moore et H. Walker, avec le guide Jacob Anderegg.
- Cervin (4478) : le 14 juillet 1865 – Caravane de Whymper. Le Cervin ne fait partie que visuellement de la Grande Couronne de Zinal, sa première ascension et le drame qui vit la mort de quatre alpinistes sur sept partis est un point remarquable de l’histoire alpine.
- Pointe de Zinal (3790 m) : 1er juillet 1870 – A. de Torrenté, avec les guides Jean Martin et Elie Peter.
- Schalihorn (3974 m) : 20 juillet 1873 – T. Middlemore, avec les guides J.J. Jaun et C. Lauener.
- Bishorn (4153 m) : 28 juillet 1884 – Mme E. Burnaby, avec les guides J. Imboden et P. Sarbach (première ascension touristique, pas de première absolue distincte pour ce sommet spécifique avant cette date). Ascension facile, certainement réalisés très tôt.
Note : Pour le Bishorn, le Trifthorn, les Diablons et le Besso, les dates indiquées correspondent aux premières mentions explicites d’ascension ou de « première ascension touristique ». Les documents suggèrent parfois que des chasseurs ou locaux ont pu atteindre certains sommets plus tôt (comme le Besso en 1852), sans que cela soit formalisé comme une première ascension alpine classique. Lien vers le texte de Guy Genoud en .pdf