Bienvenue sur le blog qui a subi quelques transformations. Né en 2008 chez Blogger, je l’ai transféré en 2022 sur WordPress. La mise en page des publications s’est modifiée, ce que j’ai corrigé en 2025 sur 400 articles??? .
Une belle archive des conditions météo et d’enneigement, mais pas de mesures actualisées. Il faudra faire confiance aux infos officielles pifométriques sur InfoLive. Pour l’enneigement et le danger d’avalanche référez-vous au SLF, à MétéoSuisse pour la météo ils sont au top. Ce qui ne veut pas dire infaillibles, ça ne doit pas empêcher de réfléchir local dans notre vallée au climat si particulier.
Je conseille cette page pour les infrastructures de Zinal, les infos regroupées et lisibles. Mes publications restent centrées sur la météo, la neige et les phénomènes naturels en Anniviers. Merci, bonne visite de mon trek numérique !
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par annitrek.com le 16 mai 2026 à 8 h 26 min
Après Saint Servais, Saint Boniface et la froide Sophie du 15 mai, nous pouvons enfin planter les choux à la mode de Mayoux. Cette année, la réalité a touché les limites des mythes.
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Marilou
11.12.2018 – 22h A la journée quasi printanière du 7 succéda l’hivernal samedi 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, jour de neige annoncé. Les remontées mécaniques ont fonctionné, le pic du jour est mesurée à 16h avec un modeste 76km/h d’Ouest. Le vent augmenta toute la nuit avec plusieurs rafales à plus de 100km/h. Dimanche à 10h la faible quantité de neige tombée et une brève accalmie permirent l’ouverture des installations centrales… une bonne heure avant que la plus grosse montée en puissance de l’épisode ne surprenne les courageux clients. Le record est établi à 136km/h 301° à midi. Pour faire une phrase, je n’ai point ouï dire que quelqu’un se fut plaint de la fermeture des installations. Lundi 10, dans un decrescendo symétrique, la désormais baptisée tempête Marilou tirait sa révérence.
Vents mesurés à la Corne de Sorebois. La crevasse au centre du graphique représente dimanche entre 10 et 11h.
Le pic est à midi.Mardi matin, quelques derniers nuages se dissipaient au lever du soleil, pour disparaître totalement vers 9h. La journée fut limpide et fraîche, record saisonnier battu à 9h avec -14.6°, toujours à la Corne. Nous avons trouvé des arêtes pelées par trois jours de vents appuyés. Les 60cm reçus ces derniers jours sont concentrés en plaques faciles à repérer dans les hauts, en vastes champs de poudre tout à fait intéressants à mi-pentes. Le danger passé à 4 samedi était redescendu à 3. Nous avons miné toute la journée avec de beaux résultats et du bon ski. Les plus grandes pentes visiblement gavées de neige se déclenchent facilement, les modérées tiennent. On mesure une couche régulière de 60cm à 2500m, de 25cm en station. Notez que bulletin climatologique de novembre est publié.
Sur le minage filmé ce matin, un patrouilleur devance le mineur qui ne voit pas la pente depuis la position de tir. A la place de l’observateur et dos au soleil, j’ai regretté le trépied. Les occasions de prendre de bonnes images sont rares, on rampe souvent dans la tempête. A voir également sur YouTube.
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Couche de fond, qui fond
10.12.2018 C’est la providentielle chute des températures mi-novembre qui sauva notre début de saison, permettant l’enneigement artificiel du domaine. Malgré l’apport d’une vingtaine de cm en fin de mois, Il ne restait qu’un peu de neige naturelle dans les pentes Nord et les zones ombragées comme Tsirouc et la Combe Durand début décembre; la neige s’y métamorphosait lentement, mais sûrement. Le graphique et les données du mois de novembre relate une période trop chaude, trop sèche, suivant l’habituelle rengaine. Début décembre apporta une trentaine de cm de neige fraîche déplacée par des vents d’Ouest juste sous la barre des 100km/h. Lundi 3 vers 22h, de premières petites avalanches de vallée s’abattaient sur les plats de la Lée.
Mercredi 5 au matin après deux jours de congé, sous un ciel magnifique, je voulais tester le premier couloir sous la route de Tsirouc. La neige s’accumule sur le sommet de cette pente qui se déclenche facilement, je soupçonne un flux géothermique d’accélérer la métamorphose des couches au contact du sol… Hypotèse… Quoi qu’il en soit, je n’ai pas eu à couper la plaque, mon approche suffit à déclencher tout le couloir, largement, jusqu’à la première digue. En fin de semaine, tous les petits déversoirs adjacents s’étaient purgés spontanément, et le passage d’une machine vendredi déclencha une vaste zone sous la station du téléphérique de liaison jusqu’au couloir Meyer. Nous pouvons considérer que les pentes Nord de plus de 35-40° ont toutes été brassées, ce qui devrait améliorer la stabilité des prochains apports.
Il n’y a pas asssez de neige pour skier hors-pistes, on touche partout les cailloux et le risque d’avalanches n’est pas négligeable. Le degré « marqué » affiché dès lundi 3 est justifié. Outre le risque d’être emporté sur une longue distance au contact des cailloux, on peut se retrouver dans les digues encore vides sous plusieurs mètres de neige. Rassurantes pour certains, les digues constituent des diableries qu’aucun équipement n’exorcise. Un corps même rapidement détecté sous 3m de neige à peu de chance d’être récupéré intact.

Le reste de la semaine, les températures tassèrent, puis humidifièrent voire mouillèrent, la cinquantaine de cm en place à 2500m, n’épargnant que les Nord-Nord-Est jusqu’à 2900m. MétéoSuisse annonçait une dégradation pour le week-end avec un apport de neige significatif. Vendredi 7 fut carrément printanier, sous un soleil radieux, le mercure affichait 3° à 3000m. Les machinistes roulèrent la neige en place sur les pistes naturelles, elle durcira et constituera une couche de fond idéale. Je profitais d’un moment dans l’après-midi pour relever le profil publié dans l’article précédent. La couche se tassa jusqu’à 38cm au jalon. Dès le départ du soleil, la surface gela.
Le Zinalrothorn et le Besso vendredi 7 vers 14h. -
Profil pente NE 7 décembre 2018
07.12.2018 Le seul logiciel efficace pour dessiner un profil nivologique que j’ai pu tester appartient au SLF, il permet aux observateurs rémunérés d’envoyer des données sous copyright. Je retranscrit habituellement mes relevés sur papier que je scanne, ou modifie un profil vierge avec un logiciel de dessin. Le site snowpilot.org permet de créer et partager facilement des profils plus ou moins sophistiqués selon la précision des relevés.
La situation est atypique et mérite un article que j’espère publier demain, nous avons vécu une journée printanière avec +3° à 13h à la Corne de Sorebois. De demain samedi à mardi, MétéoSuisse annonce plusieurs fronts tempétueux, qui nous valent une alerte vent de degré 3 avec des rafales possibles de 150km/h, et une alerte neige de degré 3 avec 90 à 110cm possibles au-dessus de 1400m. Tout ça sur un substrat compliqué, nous avons encore provoqué aujourd’hui de grosses coulées sur les pentes Nord. Si les prévisions se confirment, la semaine prochaine sera sportive.
Pour réaliser ce premier profil sans prendre de risque, j’ai choisi une petite pente exposée NE à 2500m près de l’Avalanche Training Center et de mon champ de mesures. Les plats à proximité étaient mouillés sur toute l’épaisseur du manteau. Si la couche déjà travaillée regèle avant le nouvel apport, elle constituera un fond idéale pour les pistes damées, mais de nombreux pièges subsisteront longtemps en Montagne.
Cliquez pour agrandir. -
Les neiges d’antan
25.11.2018 – 18h Le bulletin climatologique octobre 2018 montre un mois exceptionnellement doux et ensoleillé comme prévu, la surprise vient « des plus basses pressions jamais atteintes depuis le début des mesures », en fin de période. Alors que j’avais pour ma part remarqué des pressions anormalement hautes pendant l’épisode anticyclonique. Températures, pressions et précipitations jouent au yoyo d’un extrême à l’autre. La première quinzaine de novembre montre des courbes de températures largement trop élevées pour l’enneigement technique. Ces dernières années, Zinal parvint à proposer avant le 10 novembre des pistes d’entraînement aux compétiteurs. Un chute brutale du mercure le 17 permit enfin de produire de la neige de qualité en-dessus de 2500m. Le graphique ci-dessous montre les températures à 8h du matin, vous pouvez retrouver les données exactes en suivant ce lien vers le graphique interactif. Une situation foehnique modérée a prédominé la première quinzaine de novembre. La nuit passée, un bref épisode du Sud-Ouest souffla sur nos monts, une rafale mesurée à 89km/h établit un record provisoire.
Complété en fin de mois. Cliquez pour agrandir. Les usines à neige de tout le canton produisent depuis le 17 au matin; du moins dans les stations de haute altitude, peu exposées au soleil, qui profitent d’un bon approvisionnement en eau, car la sécheresse sévit toujours. Le sud des Alpes enregistre plus de 200% des précipitations normales, la Romandie reste à 30%, la semaine à venir ne rattrapera pas ce retard et le froid fige les eaux de surface. C’est sec à l’os, mais le danger d’incendies reste sur 1 faible. A n’y rien comprendre…
L’arête de Sorebois le dimanche 18 novembre à 15h30. J’ai titré cet article « les neiges d’antan », du latin ante annum, l’an dernier. Ce sont bien les neiges de l’an passé qui ont rempli le barrage de Moiry où les remontées mécaniques puisent l’eau pour l’enneigement technique. Ces mêmes neiges turbinées en vallée fournissent l’énergie renouvelable qui alimente l’usine à neige et les installations. Nous skions depuis jeudi sur les neiges d’antan, au sens littéral.
L’arête de Sorebois jeudi 22 novembre à 13h. En collaboration avec SwissSki, Grimentz-Zinal a amélioré l’enneigement technique des pistes de la Corne de Sorebois, la noire du Col est entièrement équipées pour tracer une piste de vitesse. Nous aurons encore plus d’athlètes à l’entraînement à Zinal. C’est une clientèle agréable mais exigeante, qui apprécie une neige très dure, difficile à maîtriser pour le commun des skieurs.
Les premières images de la saison inaugurent L’album public Hiver 2019. La semaine prochaine sera dominée par un régime d’Ouest perturbé et frais, sans précipitations significatives hélas. La célèbre émission Temps présent consacre un reportage à la gestion des dangers naturels; elle n’encourage pas le peuplement des régions de montagne. On parle de Zinal à la 40ème minute , la station y est décrite comme une erreur du passé. Deux séquences sont tirées de ma chaîne YouTube. Nous vivons en zones rouges, abrités derrière les croix érigées par nos ancêtres. Des caravanes de citadins nous rejoignent tous les week-ends, fuyant leurs existences organisées, planifiées, sécurisées… Ils passent sous nos filets, mettent leurs vies en péril pour les joies d’une glissade ou l’attrait d’une aventure. C’est peut-être soumise aux éléments, face au danger, le couteau sous la gorge, que la Vie exhale toutes ses fragrances.
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Hiver 2019 – Situation initiale
Sorebois le 3 novembre 2018 à 13h. 08.11.2018 – Il faut remonter à novembre 2012 pour voir une montagne enneigée en début de mois, prémices alors d’un hiver 2013 bien enneigé avec 731cm de cumul. Espérons que ce nouveau millésime se révèle aussi intéressant. Après le passage d’un bref front froid le 1er du mois, octobre fut exceptionnellement doux et sec, encore plus que l’année passée semble-t-il. Attendons le rapport climatologique de MétéoSuisse pour confirmer cette impression. Les pressions étaient affolantes, au-delà des possibilités de calibration de mes altimètres; la sécheresse alertait paysans, autorités et médias de tout l’Ouest de l’Europe.
La situation évolua radicalement en fin de mois, MétéoSuisse annonça la dégradation avec une bonne semaine d’avance. Quelques infimes traces blanches de la perturbation du 1er subsistaient sur les pentes Nord au-dessus de 2600m, quand un premier front blanchit le vallon, 12cm à 1700m le 27. Les autorités et médias criaient au loup devant la situation annoncée par MétéoSuisse pour le lundi 29, une remontée du Sud devait noyer le Tessin et le Haut-Valais placés en degré d’alerte 4, alors qu’Anniviers et les vallées latérales du bas se préparaient à des pluies de degré 3. Cellules de crises en alerte rouge pour, finalement, une bonne pluie qui permettrait enfin de lever les interdictions de feu. Je mesurais à Zinal 50.5mm d’eau du 27 au 30, dont 29.6mm pour la journée du lundi 29. Le cumul de neige atteignit 50cm, comme dans les livres, à 2500m, le tout dans un fort courant du SSE dont une rafale mesurée à 116km/h lundi 29. Cette neige n’entrera pas dans le cumul de l’hiver 2019 que je mesure dès le 1er novembre, il restait alors 36cm au plat à 2500m. Les deux premiers jours du mois restant nébuleux, j’effectuais ma traditionnelle promenade pour photographier le domaine skiable d’en face sous le soleil du samedi 3. Je marchais dans la neige dès 2000m, et m’enfonçais dans 20cm croûtés au-dessus de 2100m. La progression était… pas difficile mais chiante, et je me contentais d’une image de Sorebois à 2250m en 615800/110300, économisant par paresse les 700m qui manquaient pour atteindre l’habituel Tônet à 2350m. Les skis auraient aidé la progression en montée, mais je les aurais détruit en descente.
Le terrain n’est pas gelé, dorénavant protégé de ce blanc manteau il ne durcira certainement pas de l’hiver. Il reste 30cm de neige au plat à 2500m, le paysage montre bien l’effet des vents du Sud. Les proéminences et bosses exposées sont pelées, on observe de belles accumulations au sommet des couloirs exposés au Nord. Le SLF a, c’est exceptionnel, placé la région en degré 2 dès le début du mois, et émet depuis un bulletin tous les matin. Dans les faits, nous ne risquons rien en Anniviers sous 2900m, mais la situation doit être très délicate en haute montagne. Les canons à neige ont fonctionné sur le haut du domaine, les tas témoignent d’essais plus que d’une réelle production de neige. On ne peut pas skier, au sens réel du terme, la neige recouvre juste les pâturages. Elle fond rapidement jusqu’à la limite des forêts, disparaîtra rapidement des pentes exposées Est-Sud-Ouest jusqu’à 3000m, mais subsistera jusqu’à 2000m dans les pentes Nord. La couche s’y transformera lentement mais sûrement, selon les conditions qui précéderont les prochaines neiges. C’eut été un bon substrat si l’hiver se fut mieux installé, mais…
Il fait à nouveau beaucoup trop chaud. Nous trouvons en surface de la neige les températures que nous espérons mesurer à 2m du sol. Je publie ce mot le 8, j’ai repris du service pour les remontées mécaniques; j’entretiens le matériel en attendant l’hiver. Le ciel reste perturbé dans un flux du Sud doux, il pleut régulièrement jusqu’à 2300m, les éclaircies fondent immédiatement la neige fraîche en amont. Impossible de produire de l’artificielle, MétéoSuisse nous annonces le retour d’un anticyclone et de températures anormales la semaine prochaine. Je doute que les pluies de la dernière quinzaine suffisent à remettre à niveau lacs et nappes phréatiques.
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Eté 2018 – L’été des chauves-souris
L’été au mayen des Moyes m’a marqué émotionnellement, j’y ai passé l’essentiel de mes loisirs. Les sujets du blog restent la météo et le milieu naturel en Anniviers. Donc :
Zinal, le 8 août à 19h30. Alors qu’il me semble avoir observé une nette baisse des effectifs chez les grands mammifères, les petits se portent bien. Les renards se font plus rares, on rencontre moins d’animaux galeux ou visiblement en mauvaise santé. Ils semblent avoir laissé plus de place dans l’écosystème aux souris, écureuils, lièvres et marmottes qu’on rencontre désormais en forêt à 1400m. Les corvidés en général profitent du climat, couples de grands corbeaux, geais et autres casse-noix prolifèrent. Mon chemin a croisé quatre vipères, ce qui est… assez. Les chauves-souris ont attiré souvent mon attention. On les voyait autrefois chasser en soirée autour des lampadaires en vallée, elles ont égayé la plupart de mes soirées en extérieur cet été. J’en ai trouvé dans un galetas, et quatre victimes en bordures de routes. J’ai découvert à Ayer le cadavre de ce qui semble être un lérot, rongeur que je n’avais jamais observé ni piégé. Je rappelle que ce ne sont que des observations personnelles, subjectives, celles d’un curieux qui vit en immersion. Les statistiques officielles sont produites dans des bureaux en ville, on sait déjà que la chasse fut médiocre.
Cadavre de lérot, je n’en avais jamais observé. La couche de neige, impressionnante mi-avril, fondit rapidement sous le soleil exceptionnel de la dernière quinzaine du mois. Dès la mi-mai, on accédait pieds secs aux mayens jusqu’à 2000m. Mai fut doux, normalement pluvieux. Sur un terrain encore gorgé des eaux de fonte, la croissance des végétaux fut ahurissante. Nous imaginions des crues, glissements de terrains et autres catastrophe à la fonte des masses record de neige. Tout se passa bien, seuls quelques talus fragilisés par des routes s’éboulèrent au printemps. L’eau ayant pu s’infiltrer doucement dans le terrain, les sources taries en 2017 retrouvèrent toute leur vigueur. A la fin d’un été aride, elles donnent encore raisonnablement. On distingua facilement ces deux dernières années les sources alimentées par des réseaux profonds de celles dépendantes des précipitations annuelles. Les arbres enracinés dans un terrain détrempé ont mal supporté le poids des neiges hivernales, beaucoup de spécimens gisaient au sol, les racines à l’air. Les promenades forestières viraient au gymkhana avant le passage des services d’entretien.
En juin débuta l’été le plus chaud et aride depuis 2003, des orages arrosèrent encore les prés qui fournirent une fenaison précoce, supérieure à la moyenne selon certains, exceptionnelle selon d’autres. L’inalpe de Nava se déroula sous un soleil parfait le 16 juin, les pâturent étaient libres de neige. Après la première fauche en vallée, les prés sans irrigation brunirent, la croissance des végétaux ralentit, la nature sécha sous un soleil de plomb. Seuls de forts orages très localisé arrosèrent le terrain, l’eau n’avait pas le temps de s’infiltrer. Chaque pluie en juillet fut destructrice et mobilisa les services d’intervention. La crue de la Navizence du 2 juillet fait l’objet d’un précédent article, notons juste que les dégâts estimés à 20 millions après l’événement atteignent fin octobre quatre fois ce chiffre.
Torrent de Laulosses à Zinal le 6 août 2018 Le centre de Lausanne fut inondé le 11 juin, Sion le 6 août, dans les deux cas par des cellules orageuses très localisées. Une lave torrentielle a dévalé le couloir du Peterey le mardi 24 juillet vers 22h, ce qui n’était plus arrivé depuis 2013. La nouvelle digue est presque terminée mais les boues ont, à cette occasion, coupé brièvement les deux routes en aval. Les principales manifestations anniviardes profitèrent d’un temps estival, sauf le marché artisanal de Vissoie qui subit des pluies, et un déluge s’abattit sur les festivités du 1er août. La Fête-Dieu, le camp des Moyes, Sierre-Zinal et le Grand-Raid profitèrent du nouveau climat. La vigne aussi; comme en 1834, année de la dernière crue historique de la Navizence, la vendange fut précoce, excellent en quantité et qualité. A la fin de l’été, les paysans manquaient déjà de pâtures et importaient de grosses quantités de fourrage. Une interdiction de faire du feu tomba le 13 juillet pour durer jusqu’au 24 août, une seconde moins agressive de niveau 4 fut décrétée du 29 septembre au 29 octobre. Une petite incursion hivernale blanchit les sommets début octobre, la neige survécu dans les pentes Nord au-dessus de 2900m malgré un nouvel été indien à l’ensoleillement et aux températures records. La dégradation en fin de mois sera décrite dans le premier article du semestre hivernal.
Pied de chasselas le 18 septembre à Corin. Selon les bulletins climatologiques de MétéoSuisse, mai fut le 5ème plus chaud depuis le début des mesures, juin le 4ème, juillet le 5ème, août le 3ème, septembre le 2ème, octobre sera sur le podium. La majorité des scientifiques annonce depuis mon enfance un changement climatique extrême dû aux rejets de carbone et de gaz de synthèse dans l’atmosphère. Après un hiver record, nous pensions que les glaciers seraient épargnés cet été, mais ce fut finalement une fonte exceptionnelle. Paradoxe dans notre vallée, la lutte contre le changement climatique s’accompagne d’une combustion de diesel, essence et autre kérosène, incroyable. Tout l’été, camions, pelles mécaniques, hélicoptères chargés de matériel ou d’experts, ont sillonné les routes et les cieux pour réparer le lit de la Navizence, construire des digues, réparer des accès détruits par les intempéries, ingénioriser… Ce n’est pas anecdotique, des processions de camions chargés de pierres ont arpenté les routes. Montez en Anniviers derrière un camion chargé de blocs pour voir et renifler le paradoxe auquel nous sommes confrontés! Espérons comme l’affirment certains que la précession des équinoxes, les perturbations cycliques du champ magnétiques ou autres théories soient responsables des soubresauts climatiques. Si ce sont vraiment les activités humaines, et la combustions rapide des millions d’années de forêts fossilisées qui perturbent le climat, nous rajoutons du poison sur les plaies.
L’album public été 2018 est en ligne, je n’en suis pas fier; problèmes de réglages puis perte de mon appareil principal, destruction de mon pixel qui prenait d’excellentes photos… Et peu de randos dans la vallée cet été alors que mes images publiques sont toutes prises en Anniviers.
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L’été des Moyes
J’avais 24 ans, accompagnateur fraîchement diplômé, quand on m’a demandé de reprendre l’organisation du traditionnel camp des enfants au mayen des Moyes. J’en gardais des souvenirs d’enfance mitigés; égocentrique de naissance, l’école, les camps et autres animations de groupes n’étaient que passages obligés entre deux moments de liberté. Je montais néanmoins constater l’état des lieux, voir s’il me semblait possible d’y passer une semaine avec les enfants du village. Orties et épilobes occupaient le terrain, on osait pas s’asseoir dans les bâtiments livrés aux insectes et aux rongeurs. Un peu désabusé, je montais sur le toit et m’asseyais sur le faîte à l’heure du coucher du soleil. J’eu à ce moment le coup de foudre qui, avec vingt ans de recul, eut le plus d’impact sur ma vie. Ce lieu, sous la crasse et les orties, était magnifique, magique.
Le mayen vu de drone pendants le camp des enfants 2016. Avec les jeunes du village, nous avons organisé en 1997 le premier camp des Moyes de l’ère numérique et fondé l’association Ayer pour demain pour le pérenniser. Je proposais dans un travail de diplôme de consacrer l’endroit au tourisme doux naissant; sans aucune envie de m’impliquer au niveau commercial, je suis accompagnateur, animateur et conteur, en aucun cas entrepreneur, encore moins restaurateur. La commune et les autorités touristiques ont snobé mon idée, le tourisme doux à Ayer attendrait… Je suis depuis le gardien des lieux, j’entretiens les alentours et les bâtiments, et nous avons vécu en juillet avec 90 jeunes, dont le plus âgé ne compte que la moitié de mes jours, le 22ème camp des enfants. Pour fêter les 200 ans du mayen, Ayer pour demain a obtenu l’autorisation exceptionnelle d’y tenir buvette les week-ends de juillet et août. Le nouveau sentier didactique Zau Zoura et le tour VTT d’Anniviers passent par les Moyes, l’endroit a profité de 20 ans d’entretien régulier et de quelques investissements communaux, une buvette sympathique accueillait les randonneurs dans la forêt d’Ayer… Ma vision s’est réalisée! Avant de passer à la saison des glissades, je tiens à remercier tous les acteurs de l’aventure Ayer pour demain, les parents d’Anniviers et habitants d’Ayer qui, bien qu’intrigués voire méfiants, nous ont toujours soutenu. Avec une tendresse particulière pour les fondateurs de l’association qui nous confient maintenant leur progéniture.
L’ouverture de la buvette le 30 juin avec Alex, Sven et Coco. J’ai passé l’essentiel des heures libres de mon été aux Moyes, à entretenir les lieux, à couper du bois, à câliner les ânes ou à picoler avec les jeunes. Comme nous n’avons pas pu faire de feu du 14 juillet au 25 août, j’ai conté devant des images projetées des lieux des légendes. C’était sympa, mais j’étais obligé de suivre les diapositives sans varier les histoires. Je m’attache aux lieux, 25 saisons d’hiver à Sorebois, 22 étés à entretenir et animer les Moyes, les gens partent, les pierres restent… Il n’y aura plus de buvette, mais des événements ponctuels selon les idées des jeunes de l’association qui utilisent le mayen pour leurs fêtes. Je suis fier d’avoir contribué à leur transmettre ce patrimoine, et heureux quand ils montent s’en mettre une sous les étoiles, à refaire le monde autour d’un feu, comme tous les jeunes fous depuis l’aube des Hommes.
L’équipe du camp 2018 le 13 juillet. -
Orages et inondations du 2 juillet 2018
Le 2 juillet 2018, un violent orage éclata vers 18h au fond du vallon de Zinal. La Navizence était déjà gonflée par l’effet de températures estivales sur les neiges résiduelles d’un hiver record. Les pluies gonflèrent la rivière qui connut sa pire crue depuis la débâcle de 1834. Bien au chaud dans mon mayen, je suivais le phénomène depuis mon ordinateur, et ma fenêtre.
J’ai compris vers 18h30 que l’événement serait exceptionnel, ce qui m’incita à prendre quelques captures d’écrans et à filmer la Navizence. Pour donner vie à ces images et tester un nouveau logiciel de montage, j’ai créé ce film sans ambition esthétique qui témoigne assez précisément de l’épisode tel que je l’ai vécu. En fin d’article, les meilleures descriptions sur le web.
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Hiver 2018 – Conclusions
18 mai 2018 J’aimerais partager mes informations sur la neige en direct, la dimension du blog était choisie pour permettre la lecture sur smartphones. Ce n’est pas mon rôle, je ne regrette pas, j’ai mieux à faire que pianoter sur un clavier avec deux mètres de neige sous les spatules. L’exercice est périlleux, les sites officiels doivent tenir l’information à jour, un manquement leur serait reproché en cas d’accident. C’est déjà beau d’avoir du temps sur mon travail pour publier les mesures du matin, et de contribuer au partage des messages d’alertes et de prévention. Pour le reste, c’est avec du recul, la tête reposée, loin du délicat porte-à faux avec mon employeur, que je résume ici mes hivers pour la dixième année. Techniquement tout est dit; 842cm de cumul, 5 tempêtes, des mercures à -25°… Les articles précédents, les feuilles de calcul, l’album photo, les tweets, la page Google+ permettent de revivre l’exceptionnel hiver 2018. Je serai un peu plus philosophe dans ces conclusions.
Je choisis chaque saison une photo représentative; le ciel rougeoyant du 5 janvier au matin me trouble encore. Au sortir d’une grosse tempête nous arrivions au Col, les machines avaient déclenché des avalanches monstrueuses, nous partions le sac plein de bombes sur l’arête de Barthélémy sous un ciel magique. Je n’ai jamais déplacé autant de neige en quelques heures que ce matin-là. C’est un métier spécial, plein d’instants forts.
Le 5 janvier à 8h, juste après Eléanor. Les avalanches du début janvier ont emporté un jeune pin d’arole sur le dernier tronçon de la piste de l’Aigle; le machiniste l’a coupé pour dégager le passage. Je croisais le sourire de cette victime innocente tous les matins et tous les soirs en ouvrant et fermant la piste. Impossible de perdre le moral quand même les arbres arrachés vous sourient. Ce drôle de smiley me servira d’avatar cet été.
Le scénario de la saison est parfait, une couche de fond précoce, du froid pour l’enneigement artificiel en début de saison, un gros paquet de neige pendant le creux de janvier, et une fin d’hiver assez fraîche pour garder les pistes parfaites jusqu’en avril. Comme en 2013, le poids de la neige écrasa les faiblesses du manteau qui forma un ensemble majoritairement stable jusqu’à la fin. Un terrain gelé aurait évité les avalanches de glissements. Le tunnel creusé début février évolua, mais on le traversait encore mi-avril sans l’avoir entretenu. L’estivale dernière quinzaine amorça une fonte rapide mais mesurée, l’eau pénétra le terrain et alimentera les sources taries l’été passé. A coup sûr, des pluies intenses sur cette neige fondante auraient entraîné inondations et glissements de terrain catastrophiques. C’est arrivé, mais modérément…
Le tunnel de la Corne le 15 avril. La montagne est généreuse, si un millième des affronts aux règles de sécurité élémentaires portaient à conséquences, nous compterions les victimes par centaines chaque hiver. Le millésime 2018 fut meurtrier en Valais, le sort épargna le vallon de Zinal. On ne compte qu’une victime en Anniviers, elle randonnait dans un couloir improbable sur les hauts de St-Luc en début de saison. C’est beau le freeride, il reste un doute même quand on s’élance sur une pente minée, la montée d’adrénaline fait partie du sport, de la vie. J’ai par contre un parfait mépris pour ceux qui mettent les autres en danger, en skiant des pentes en amont de pistes ouvertes au public en particulier. Les parents et moniteurs qui font prendre des risques inutiles aux enfants méritent aussi des coups de bâtons.
Vents du Sud le 12 avril à 9h30. Nous vivons quasi chaque hiver un jour de grand beau temps, gâché de vents qui empêchent les transports à câbles; ce fut le 12 avril cette année. La situation s’est rétablie vers 11h, mais les clients qui ne voient pas les montagnes depuis la station ne comprennent pas. Ci-dessous les liens vers les feuilles de calcul de la saison; de ces mesures journalières je tire les statistiques et le résumé de la saison, pour les remontées mécaniques et pour ce blog. Novembre 2017, Décembre 2017, Janvier 2018, Février 2018, Mars 2018, Avril 2018
J’ai commencé les mesures et leur partage il y a dix ans, je me bonifie (n’est ce pas?) et la technique s’améliore, les photos sont meilleures, les outils numériques plus rapides et efficaces. Les chiffres sont précis, les expériences vécues. Nous avons des mesures de neige à Grimentz depuis 1957, à Bendolla depuis 1988. Les stations IFKIS enregistrent les données depuis la fin des années 1990, mais disséquer ces masses de chiffres me rebute. Les patrouilleurs d’autrefois remplissaient des rapports journaliers qui garnissent des cartons, je suis déjà trop vieux pour espérer mettre de l’ordre dans ces archives de mon vivant. Les forces motrices possèdent certainement des données depuis les années 1950 sur les précipitations du vallon de Zinal. On me conseille les archives de la commune d’Ayer et certains montrent des almanach annotés par leurs ancêtres. Les tempêtes de janvier étaient les plus puissantes depuis décembre 1999, les températures les plus basses de ces dix dernières années. Le chef de sécurité des débuts de Zinal m’a affirmé que seul l’hiver 1969/1970 avait dépassé les 8 mètres de neige cumulée.
Plan des pistes de Bendolla / Grimentz. Nos autorités désirant profiter des conditions parfaites pour cartographier le domaine, je me suis proposé pour passer au GPS les bords de pistes de Grimentz. La carte obtenue servira à moderniser le plan des pistes, et nous en connaissons enfin la superficie exacte. Je connais désormais mieux le secteur de Bendolla et ses habitants, le coup de speed pour terminer ce travail m’a épargné la langueur des fins de saisons. A tous points de vues, l’hiver 2018 restera remarquable !
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La couche 2018
842 cm de cumul de neige du 1er novembre au 30 avril. 240 cm au jalon à Sorebois 2500m. Des mesures entre 180 et 240 cm du 21 janvier au 15 avril. L’année de tous les superlatifs !
La mesure à 2500m chaque quinzaine. 
Le cumul à 2500m par quinzaine. 06.11.2017 = 27 cm, 07.11.2017 = 04 cm, 12.11.2017 = 12 cm, 13.11.2017 = 28 cm, 14.11.2017 = 09 cm, 20.11.2017 = 06 cm, 26.11.2017 = 12 cm, 30.11.2017 = 10 cm
Total novembre = 108 cm
08.12.2017 = 08 cm, 09.12.2017 = 12 cm, 10.12.2017 = 08 cm, 11.12.2017 = 20 cm, 12.12.2017 = 14 cm, 13.12.2017 = 06 cm, 14.12.2017 = 05 cm, 15.12.2017 = 13 cm, 17.12.2017 = 07 cm, 19.12.2017 = 16 cm, 28.12.2017 = 07 cm, 30.12.2015 = 26 cm, 31.12.2017 = 18 cm
Total décembre = 160 cm
01.01.2018 = 07 cm, 02.01.2018 = 06 cm, 03.01.2018 = 13 cm, 04.01.2018 = 34 cm, 05.01.2018 = 25 cm, 09.01.2018 = 83 cm, 17.01.2018 = 06 cm, 18.01.2018 = 14 cm, 19.01.2018 = 21 cm, 20.01.2018 = 16 cm, 22.01.2018 = 81 cm, 23.01.2018 = 29 cm
Total janvier = 335 cm
01.02.2018 = 06 cm, 02.02.2018 = 23 cm, 12.02.2018 = 09 cm, 13.02.2018 = 12 cm, 15.02.2018 = 08 cm, 16.02.2018 = 23 cm, 18.02.2018 = 12 cm
Total février = 93 cm
03.03.2018 = 07 cm, 04.03.2018 = 03 cm, 08.03.2018 = 06 cm, 12.03.2018 = 12 cm, 13.03.2018 = 06 cm, 16.03.2018 = 07 cm, 18.03.2018 = 06 cm, 19.03.2018 = 09 cm, 20.03.2018 = 05 cm, 23.03.2078 = 04 cm, 28.03.2018 = 10 cm, 29.03.2018 = 08 cm, 31.03.2018 = 27 cm
Total mars = 110 cm
01.04.2018 = 12 cm, 05.04.2018 = 04 cm, 11.04.2018 = 02 cm, 12.04.2018 = 04 cm, 13.04.2018 = 02 cm, 30.04.2018 = 12 cm
Total avril = 36 cm
Cumul hiver 2018 = 842 cm
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Les records 2018
La plus forte rafale et le mercure le plus bas de 2018 battent les chiffres des dix dernières années. Il faut probablement remonter à l’ouragan Lothard fin décembre 1999 pour trouver des vents si puissants à la Corne. C’est également à cette époque que furent posées les stations météo locale à Tracuit et Sorebois. Les mesures antérieures ne sont que mythes et légendes. Les mesures les plus impressionnantes de cet hiver impressionnant à la Corne de Sorebois :
Suivent : 122 km/h NW 306° le 21.01.2018 à 05h00, 94 km/h N 7° le 12.11.2017 à 22h30, 90.4 km/h S 180° le 11.12.2017 à 15h00, 82 km/h W 207° le 05.11.2017 à 02h30
suivent : -20.6° le 09.12.2017 à 18h00, -20,0° le 21.03.2018 à 05h00, 17.5° le 26.11.2017 à 06h50, –14.8° le 13.11.2017 à 01h10
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Le danger 2018
Le SLF publiait son premier bulletin de la saison le dimanche 12 novembre. Nous avons compté jusqu’à fin avril 7,5 jours en danger 1, 66 jours en danger 2, 72,5 jours en danger 3, 8 jours en danger 4 et 1 jour en danger 5. Pendant 18 jours dont 6 après la fermeture de la station, le degré de danger augmentait suite au réchauffement diurne.
Une saison tendue, le degré 1 qui occupe habituellement entre 20 et 25% des saisons n’a fait que quelques brèves apparitions. 8 jours en degré 4, ce qui n’a pas retenu les clients qui ont comme à leur habitude skié toutes les pentes atteignables par les installations, et une journée en degré extrême le lundi 22 janvier. Nous nous attendions à ce que le ciel nous tombe sur la tête, mais tout s’est bien passé. Les procédures sont rodées et les endroits dangereux connus.