Bienvenue sur le blog qui a subi quelques transformations. Né en 2008 chez Blogger, je l’ai transféré en 2022 sur WordPress. La mise en page des publications s’est modifiée, ce que j’ai corrigé en 2025 sur 400 articles??? .
Une belle archive des conditions météo et d’enneigement, mais pas de mesures actualisées. Il faudra faire confiance aux infos officielles pifométriques sur InfoLive. Pour l’enneigement et le danger d’avalanche référez-vous au SLF, à MétéoSuisse pour la météo ils sont au top. Ce qui ne veut pas dire infaillibles, ça ne doit pas empêcher de réfléchir local dans notre vallée au climat si particulier.
Je conseille cette page pour les infrastructures de Zinal, les infos regroupées et lisibles. Mes publications restent centrées sur la météo, la neige et les phénomènes naturels en Anniviers. Merci, bonne visite de mon trek numérique !
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par annitrek.com le 16 mai 2026 à 8 h 26 min
Après Saint Servais, Saint Boniface et la froide Sophie du 15 mai, nous pouvons enfin planter les choux à la mode de Mayoux. Cette année, la réalité a touché les limites des mythes.
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La nébulosité 2018

La nébulosité par quinzaine. De début novembre à fin avril, j’ai noté le pourcentage du ciel occupé par des nuages à 8h du matin depuis Sorebois 2500m. 53 jours montraient un ciel d’azur ou troublé par moins de 5% de blanc; j’estimais 46 matins un ciel où le bleu dominait; 82 matins, les nuages occupaient la majeure partie du ciel, parmi eux 40 ne laissaient aucune place au bleu. Ratio de 53/46/82 à comparer au 62/40/80 de l’hiver 2016 et au 74/41/66 de 2017. La station était fermée la deuxième quinzaine d’avril, plus belle période d’une saison très couverte. A noter que sur les 22 week-ends ouverts au public, soit 44 jours, la proportion est de 10/9/25, pas bon pour les caisses…
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Avril 2018
17.05.2018 Je mesurais 12cm à Sorebois au matin du 1er avril, 18cm en station pour cacher les oeufs. Le cumul depuis le 28 mars atteignait 70cm avec une bonne météo jusqu’à mardi; nous attendions du monde sur les pistes. Réouvrirent progressivement au rythme du minage puis du damage des secteurs, le retour en station et les pistes de ski de fond devraient attendre la purge des arêtes en hélicoptère. Les 4 gazex mis en place ne protègent pour l’heure que le secteur de Singlinaz, les travaux continuent cet été avec la pose de 6 nouveaux exploseurs. Aux commandes des gazex, je posais mon appareil sur un trépied pour tenter de filmer les résultats. Encore une fois, le gros de la masse de neige restait en place, mais la fraîche se déclenchait facilement. L’avalanche de la Lé montra un résultat spectaculaire pour la troisième fois cette saison. La zone de déclenchement est vaste, propice aux accumulations, mais la pente modérée retient les spontanées. Le minage déclenche la vaste pente qui surplombe le nord de l’alpe de la Lé, puis tombe d’une série de falaises avant de s’écraser sur la partie étroite du vallon qui est périodiquement dévasté par les coulées. L’aérosol s’élève haut sur le versant opposé, les images sont spectaculaires. Les pistes de ski de fond et l’accès aux cabanes sont menacés. Les images sont lointaines, mais stables et de bonne qualité contrairement aux produits des smartphones.
Le 1er avril 2018 Le manteau s’était déjà détrempé partout sous 2500m, sur les face ensoleillées jusqu’à 3000m. Nous étions satisfaits du minages des endroits menaçants les pistes. Le lundi de Pâques, tout le domaine s’offrait à une très nombreuse clientèle, satisfaite de la journée et de la saison selon mes contacts. Pas de miracle, les températures printanières n’allaient pas attendre le 15 pour déstabiliser la neige en montagne, et les talus en vallée. Un éboulement nous contraint à fermer définitivement la piste de l’Aigle le 5 au matin, nous fermions les pistes exposées l’après-midi. Des avalanches de glissement constellaient le paysage, une plaque nous surprit le 6 vers 16h30 en amont du Chiesso; elle n’atteint pas la piste, mais nous avions obtenu un déclenchement la veille et pensions la zone sécurisée.
Aucune fissure n’a précédé ce glissement dans une zone fraîchement minée. Il est rare qu’une plaque suffisamment importante pour toucher les piste nous surprenne. Chat échaudé craint l’eau froide, nous avons redoublé de prudence et fermé les secteurs au moindre doute, parfois au grand dam des skieurs insouciants. Nous avions passé la saison sans accident et restons attentifs jusqu’à la dernière heure. Survivre à l’hiver le plus enneigée depuis plus de 30 ans demande une peu de science, de l’instinct, et beaucoup de chance comme en témoigne l’antique Chiesso de Tracuit épargné pour quelques mètres.
Le Chiesso de Tracuit, fraîchement rénové, le 12 avril 2018. Beaucoup de coulées spontanées ponctuèrent le lundi 9 après une nuit couverte, malgré l’absence de soleil. Les autres jours, le regel nocturne sauva la situation jusqu’au dernier dimanche, où de nombreuses fissures apparurent en amont des pistes reléguant dans le centre du domaine les ultimes clients. Une fissure apparut dans le prolongement de la plaque du Chiesso du 6, juste en aval de la route nous avons poussé de la neige dans la fissure sans résultat. Les plaques de glissement se déclenchent quand elles veulent, passer dessous est une partie de roulette; l’équipement dans la neige lourde ne sert qu’à retrouver les corps broyés plus rapidement, et on ne « skie » pas les coulées de neige mouillée.
La sympathique petite station de Verbier accueillit notre sortie de fin de saison lundi 16. Nous avons comme d’habitude fait preuve de discrétion, et de la sobriété qui fait la réputation de notre team. A observer les énormes coulées autour du domaine bagnard, j’étais heureux de n’avoir pas à pousser le bouchon plus loin et plaignais mes collègues locaux qui jouaient les prolongations…
Sortie du secteur Zinal des RMGZ à Verbier.
La deuxième partie du mois fut un festival de soleil et de douceur. La neige fondait rapidement en journée, le regel nocturne assurait une certaine cohésion du manteau et permit une saison de ski de randonnée magnifique. La Navizence restait calme, elle s’amplifiait certes en journée mais sans atteindre les niveaux que j’imaginais par ces températures. Après dix jours qui nous auraient étonné en juin, des crocus apparurent autour de mon jalon en station. Une fonte rapide et modérée, rien à voir avec celle, catastrophique, du dernier hiver fortement enneigé en 2013.
Le bulletin climatologique avril 2018 de MétéoSuisse annonce le deuxième avril le plus chaud depuis le début des mesures en moyenne nationale. C’est assurément la deuxième partie du mois qui fit la différence. La neige fondit sur place, très peu de coulées au regard de 2013. Lien vers la feuille de calcul Vallon de Zinal avril 2018 résumée ci-dessous:
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Mars 2018
15.05.2018 Mars a débuté par des courses FIS féminines sur les hauts de Sorebois. La piste principale est si souvent teintée de bleu que la couleur se remarque dans toute l’épaisseur du manteau. C’est un colorant alimentaire sans danger pour la nature qui sert à marquer le relief pour les concurrentes.
De la sortie de la ace à Etienne à l’entrée du Goulet le 1 mars 2018. Les températures sont restées fraîches et la nébulosité bien présente jusqu’au 20, quand 24cm de neige récente accompagnée de vents rendit nécessaire un contrôle des pentes; autant pour la neige fraîche que pour vérifier la cohésion du manteau qui se transformait en gros cristaux sur les faces Nord à Sud-Est. Le minage a révélé quelques pièges, mais la stabilité générale restait bonne. Nous redoutions un changement structurel capable de déranger, par métamorphose ou chaleur, la stabilité de cette masse incroyable de neige. Nous observions sur les faces ensoleillées de nombreuses gueules de baleines, elles lâchaient sur les fortes pentes, entraînant une neige lourde loin en aval. Le 16 mars, 4 personnes trouvaient la mort dans une avalanche de ce type au vallon d’Arbi.
Avalanche de glissement typique à Navetta/Ayer le 24 mars 2018. Les avalanches de neige mouillées, les reptations et avalanches de glissement ont préoccupé la deuxième moitié de notre mois. Si les stations de la rive droite du Rhône sont habituées à gérer les glissements, leur longue expérience n’a engendré que des solutions fatalistes; laisser fondre, fermer les pistes en aval, dévier la circulation. Il semble que rien ne permette de maîtriser le moment du déclenchement. Restent les modifications du terrain, digues, déviations ou arrêtes-neige, travaux estivaux peux esthétiques. Pour résumer le problème, lisez l’information sur les avalanches de glissement publiée par le SLF. Nous gérons la neige de printemps en déclenchant les pentes « mûres », soit détrempées, par minage ou en poussant la neige en machine ou à skis. Les grandes plaques de glissement résistent à ces méthodes et même le regel nocturne n’exclut pas l’éventuel déclenchement. Le secteur de la Tsarva à Grimentz est régulièrement confronté au problème; la zone la plus dangereuse à Zinal surplombe le passage de la Latta sur la piste de l’Aigle. J’y observais une belle déchirure du manteau le 23 au matin qui nous obligea à fermer la piste.
En amont de la route de la Latta le 24 mars 2018. La masse en mouvement mesure 30m de haut sur 50m de large, l’épaisseur du manteau est d’un peu plus d’un mètre, j’ai mesuré une masse volumique entre 260 et 290 kg/m3 sur tous les prélèvements. Tout le reste de la piste de l’Aigle était parfait, mais nous vendons des pistes sécurisées. Il convenait de réduire le danger, ou de fermer la zone. Le premier minage déclencha deux coulées autour de la partie en mouvement, sans effet sur la masse. Nous profitâmes d’un redoux le 26 pour tenter notre chance en doublant la charge en amont direct de la fissure, en vain. Le 29 enfin, dans un brouillard à couper au couteau, nous cherchions des points de tir beaucoup plus en amont, dans l’espoir d’envoyer un maximum de neige sur la plaque. La neige toute « pourrite », il était 17h quand l’avalanche déclenchée 40m en amont traversa la plaque de glissement sur sa moitié. Le haut du couloirs des auberges se déversa également jusqu’à la Navizence peu après. Nous pouvions envisager d’ouvrir le retour en station pour Pâques.
En bleu la piste, en orange le déclenchement du 29 mars. Photo du 26 mars. Notre rôle est d’ouvrir des pistes sécurisées, nous posons un barrage avec filet et panneaux quand un danger subsiste. Evidemment la passage est étroit au regard de la piste de l’Aigle, et la plaque ne partira qu’une fois, faut pas avoir de chance… Ce sont des centaines de skieurs qui ont enjambé le filet, parfois avec des enfants en bas âge. J’ai même observé des moniteurs de camps, non-professionnels, qui jouaient à cette roulette montagnarde avec les enfants des autres. Il ne faut pas s’étonner que chaque année une vingtaine de personnes rentrent du ski dans une boîte en sapin.
Le samedi 31 au matin, 31cm de fraîche effaçaient les vieilles traces avant le week-end Pascal. La sensation générale du mois est confirmée par le bulletin climatologique mars 2018 de MétéoSuisse, un mars frais et peu ensoleillé, les 104cm de cumul supplémentaires ont maintenu la couche proche des deux mètres.
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Février 2018
15.05.2018 Partager des informations sur l’état du manteau neigeux reste une gageure, la prudence du SLF qui n’exprime son bulletin qu’en phrases types normalisées le démontre. C’est un pari sur leur vie que prennent ceux qui s’engagent hors des pistes ouvertes. Lorsque survient l’accident, même ceux qui « connaissent la montagne » cherchent à minimiser leurs responsabilités. Difficile de publier sur la situation en cours, sinon pour partager les messages d’alerte en situations extrêmes; il vaut mieux écrire l’histoire la guerre terminée. Voici tardivement le résumé de notre bataille de février.
Encore 29cm les deux premiers jours de février, mois habituel des belles tempêtes hivernales. Nous ne savions plus où mettre la neige, carnaval tombait tôt cette année et nous craignions de nouvelles perturbations les stations pleines. Les patrouilleurs ne sont pas inusables, courir les arêtes le sac chargé de bombes, avec l’attention nécessaire pour éviter les accidents, fatigue. Puis le ciel s’est calmé, nous avons pu passer au côté touristique du métier : baliser, garantir une circulation harmonieuse sur les pistes, informer, aider et secourir la clientèle. Les conditions de ski étaient idéales avec la plus belle couche de neige depuis plus de trente hivers, soit deux mètres de neige bien tassée au jalon à Sorebois, et une peu moins du mètre en station. Le pied! En haute saison, nous assurons une permanence au sommet des pistes pour intervenir rapidement sur le domaine. Pour marquer l’enneigement exceptionnel, je profitais de ce temps d’attente pour forer un tunnel de 8m de long et 190cm de haut dans la grosse congère laissée à la Corne par les tempêtes de janvier, plus de 7m de neige entassée et compactée par les vents. Ce tunnel est devenu une véritable attraction touristique.
On traversait le tunnel à ski sans se baisser sur 8 mètres. La neige extrêmement dure était inattaquable à la pelle, les coups n’entaillaient que quelques cm. La tronçonneuse taillait par contre facilement de beaux blocs faciles à sortir du tunnel. On reconnaissait la strate du 9 janvier incrustée d’un sable brun-clair. Pendant que je creusais, mes collègues et des clients entassaient les blocs extraits dans des œuvres éphémères. Du 6 au 10 février, des températures hivernales modérées par un bel ensoleillement firent le bonheur des skieurs, un brouillard fluctuant entre 1500 et 2500m rajoutait au plaisir d’être en montagne. Des centaines de photos de la Couronne Impériale derrière nos kerns de neige circulaient sur les réseaux. J’inaugurais un nouvel appareil photo.
Les déblais du tunnel devant la Couronne Impériale. Depuis la Corne de Sorebois, nous dominons les vallons de Zinal et de Moiry et observons toutes sortes de pentes. La montagne régulièrement minée et skiée subit plus tardivement les changements internes du manteau neigeux. Le terrain tiédi par un octobre doux, protégé par des neiges précoces et abondantes, allait favoriser les avalanches de glissement. Depuis le début du mois, de belles gueules de baleines s’ouvraient sur les fortes pentes, à commencer par les marécageuses pour s’étendre sur les faces exposées au soleil. Nous sommes impuissants devant le phénomène qui résiste au minage, la plaque lâche quant elle veut, quelle que soit la température ou l’ensoleillement. Nous ne pouvons qu’éviter la zone en aval du phénomène, surtout quand le moindre déclenchement emporte une couche de plus d’un mètre d’une densité de 300 kg/m3. Dès la mi-février, nous observions les premiers déclenchements sous 2300m, le problème nous préoccupera jusqu’en fin de saison.
Avalanche de glissement dans le lac de Moiry le 19 février. Du 12 au 18 février, 64cm rafraîchirent la surface du manteau et élevèrent la couche au-dessus des 2m quelques jours. Une neige bienvenue, nous commencions à manquer de pentes à tracer. La fréquentation des stations en février fut bonne, je pense que les chiffres des remontées mécaniques le confirmeront. Nous avons déclenché de belles coulées pendant la période, mais rien d’exceptionnel. Le manteau en place, épais et compact, collait à la montagne sur la plupart des pentes au-dessus de 2300m. Pour couronner ce février hivernal mais bien ensoleillé, une vague de froid exceptionnelle figea le pays en fin de mois avec la plus basse température mesurée à la Corne depuis 10 ans, soit -25.7° le 27 à 6h00 du matin.
Atmosphère brumeuse, filets givrés; quand on voit le froid… Avec un manteau épais, des températures fraîches et un renouvellement de la surface traçable au milieu du mois, février 2018 restera comme un idéal dans les mémoires des amateurs de sports d’hiver. Toutes les pistes ouvertes, des conditions de freeride idéales jusqu’en vallée, mais aussi des pistes de ski de fond, des patinoires et autres pistes de luge en parfait état… Nos station proposèrent un « produit », comme ils disent, idéal, difficile à atteindre depuis que le climat s’adoucit. La feuille de calcul février 2018 retient les données précises de ce mois de rêve, la simple contemplation du diagramme produit par ces données me ravit…
Il a fallu dessiner des lignes pour contenir la couche de février sur le diagramme standard. Le bulletin climatologique février 2018 de MétéoSuisse résume un mois frais et sec.
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Records de froid
06.03 2018 Les valeurs d’autrefois tiennent souvent du mythe. Je note les températures le matin à 8h sur ma station météo de Zinal 1700m, sur la stations IFKIS de Tracuit à 2600m qui indique la valeur en surface de la neige, et sur la station IFKIS de la Corne de Sorebois. Du 25 au 29 février, une vague de froid, décrite par le blog MétéoSuisse, s’est abattue sur l’Europe. Au matin du 27 février, Je notais -21.8° pour Zinal et -34.3° en surface de la neige. Le records depuis le début de mes mesures en novembre 2008 est enregistré à la Corne à 6h du matin avec -25.7°. Seul le plus bas mercure pour chaque vague de froid est pris en compte. Beaucoup de chiffres fantaisistes viennent de thermomètres placés trop près du sol ou des bâtiments. Le soleil dominait un ciel laiteux et la bise épargnait la région, rendant l’épisode supportable.
Suivent : -23.6 le 31 janvier 2009 à 8h00, -23.3 le 17 janvier 2017 à 4h30, -22.4 le 13 février 2009 à 7h30
Un autre record est tombé ce 27 février à 3h00 : -34.3 en surface de la neige
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Janvier 2018
04.03.2018 Avec un cumul de 335cm, trois tempêtes dépassant les 120 km/h, dont les deux plus puissantes de ces dix dernières années, une couche dépassant les 2 mètres à Sorebois, Janvier 2018 sera la nouvelle référence. Rien n’est terminé, je rédige ce résumé début mars, cette neige est toujours en place. Quand le réchauffement printanier aura mouillé toute l’épaisseur, les pentes se purgeront et ces flocons feront à nouveau l’actualité. Retournons en janvier; j’utilise les feuilles de calcul proposées par Google qui permettent une visualisation et un partage facile des données. Un dessin surplombe le diagramme pour inclure le dépassement des deux mètres sans modifier les paramètres, l’événement est rare. Vous pouvez consulter les données au bout de ce lien.
Cliquez sur le diagramme pou agrandir. Eleanor posa ses 85cm bien soufflés sur un mètre de substrats divers en début de mois, la plupart des pentes se purgèrent jusqu’au terrain remplissant les digues d’altitude. Les fortes pluies jusqu’à 2300m densifièrent la neige qui se stabilisa sur les déclivités moyennes. Les grandes avalanches se déclenchaient en poudreuse mais arrivaient en vallée mouillées, une neige lourde moins volumineuse qui suit bien le relief. Ces coulées suivent la pente comme de l’eau, elles surprennent moins que les poudreuses et provoquent peu de souffle. Elles sont restées dans les digues en vallée sans provoquer de dégâts sur les forêts ou les infrastructures. La digue de Tracuit dimensionnée pour des laves torrentielles est pleine, les machines ont vidé celles de Combe Durand.
Les 83cm du 9 regarnirent les pentes nord entièrement plumées par Eleanor. Cette neige à nouveau arrosée jusqu’au sommet des forêts est bien restée en place. Elle semble avoir écrasé le vieux substrat, plus de vroums sur les pentes vierges et une baisse rapide du degré de danger aidée par une belle chute des températures. Cette neige suivie de beau temps nous offrit bien du plaisir…
Rive gauche de la Navizence, les pentes régulièrement minées ont encaissé l’épisode du 15 au 23 sans trop bouger, en comparaison du minage d’Eleanor du moins, laissant une belle couche à skier sur l’ensemble de la montagne. Sur les côtés sauvages, Moiry et rive droite, les fortes pentes se sont déclenchées spontanément avant le retour des beaux jours et des sportifs imprudents. Un redoux en fin de mois acheva de croûter la couche en vallée mais la montagne est restée poudreuse. Dans les combes, au fond des pentes, sur les pentes moyennes, une quantité incroyable de neige bien tassée, deux mètres au jalon à 2500m.
Traces de ruissellements jusqu’à 2000m, Singlinaz le 24 janvier à 10h30. Le rapport climatologique de MétéoSuisse confirme le janvier le plus doux depuis le début des mesures, des précipitations et des vents exceptionnels. En Anniviers l’hiver commence à Vissoie, Ayer est bien enneigé, il faut passer le Pont du Bois pour trouver la couche impressionnante. Les stations de basse altitude ont vu couler leurs pistes vers les lacs, mais le vallon de Zinal baronne avec près d’un mètre en vallée. On compte 15 jours en degré 3, 6 en degré 4 et un sommet en degré 5 le 22. J’ai pu admirer la gestion du danger par les services publics et les remontées mécaniques, Zinal a beaucoup appris en 50 ans de tourisme hivernal. Pas de victime, pas de dégât. Beaucoup de blabla, beaucoup de bombes. Un peu de chance, un peu de Bon Dieu. La prévention a échoué, même par degré 4 toutes les pentes atteignables depuis les installations sont skiées. Pour achever toute velléité de vantardise, rappellons que la neige est toujours sur place. Le travail n’est pas fini, mais que la montagne est bonne!
Ouverture de la route de Tsirouc le 28 janvier. -
Janvier 2018 dans le PAS
12.02.2018 On a beaucoup parlé de la neige et de Zinal dans le Paysage Audiovisuel Suisse ce mois de janvier 2018. Je concentre ici quelques passages intéressants, Google tout puissant vous aidera à en trouver plein d’autres. En italique mes réflexions personnelles.
Petit retour en 2025 sur cet article, beaucoup de liens ne fonctionnent plus principalement du côté des médias valaisans, Canal 9 et Nouvelliste. Les autres semblent plus prudents avec leurs liens. J’ai sauvegardé deux JT représentatifs.
4 janvier Canal 9: Les gars font énormément de travail pour sécuriser le domaine skiable
Lors du passage d’Eleanor, notre directeur explique le pourquoi et le comment des fermetures d’installations, et autres incidences de la tempête sur les remontées mécaniques. Sans oublier le mot gentil pour ceux qui triment dans la tempête. Du beau boulot de communication comme de journalisme.
4 janvier Canal 9: En Anniviers, Claude Peter et ses collègues veillent sur la sécurité de 22’000 personnes en haute saison
La télévision régionale prend encore le temps d’un reportage complet sur la situation en Anniviers, avec une belle valorisation des personnes et du système qui veillent sur nous.9 janvier Canal 9: Route vers Zinal fermée en raison du danger d’avalanches: plus de 300 enfants belges bloqués à Sierre
300 enfants belges attendus à l’hôtel Intersoc sont bloqués à Sierre. Penser à toutes les conséquences d’une décision de fermeture…9 janvier TSR: La route de Zinal est fermée
Les fortes précipitations après l’épisode foehnique du 7 janvier sur la Télélvision Suisse Romande, le média le plus entendu. Anniviers était le seul bout de Romandie vraiment atteint par l’événement, un débordement du sud.21 janvier Le Nouvelliste: Zinal: 28 chalets évacués, la route coupée depuis Ayer
Le Nouvelliste est la référence valaisanne, le journal conservateur de nos ancêtres. Une information claire, exacte et vérifiée. Mais payante, ce qui exclut de cette page les articles et les liens les plus intéressants.21 janvier 20 Minutes: Danger d’avalanches, le village de Zinal évacué
28 chalets ne font pas Zinal. Contenu, illustration, références, tout est bidon. Le journal gratuit.21 janvier Le Matin: Danger d’avalanches, le village de Zinal évacué
Ben si tu prends le 20 Minuten comme référence…21 janvier blog Images en ballade: Il neige à Zinal
Les excellentes photos de notre ami et concitoyen Claude.22 janvier TSR: Danger d’avalanche maximal en Valais avec évacuations et routes coupées
De belles images de l’ambiance à Zinal, village coupé du monde aux caves pleines. Et comme il aime les caméras mon chef…
22 janvier blog Images en ballade: Il fait beau à Zinal
Des images magnifiques, un véritable témoignage par un œil d’artiste.22 janvier TSR: Enneigement, vers des records
La route de Zinal coupée, les journalistes ont visité Grimentz et Ayer. Nous avions ce jours-là la même couche à Sorebois 2500m qu’à Bendolla 2150m, pour un cumul de 575cm à Sorebois et 626 à Bendolla. La couche allait rapidement se tasser sous les 2m à Sorebois. J’ai mis l’intégralité de la grand-messe de ce jour particulier, le passage local commence vers 4m45s.27 janvier TSR: Minage des avalanches, stocks d’explosifs en baisse
Reportage intéressant sur la production des explosifs destinés aux déclenchements. Je l’ai surtout gardé parce qu’ils ont récupéré des images du 14 décembre, on revoit mon p’tit… -
Evi, David et cetera
04.02.2018 Nous étions groggy, une quantité de neige déjà étonnante, des records de froid et de vent, et MétéoSuisse nous annonçait une nouvelle série de tempêtes dans un courant d’ouest très actif. Les festivités devaient commencer lundi 15 janvier en fin de journée, elles allaient durer une semaine. Avec de grosses quantités, nous sommes plus prudents et gardons une marge d’erreur autant lors de la progression dans le terrain, qu’en évaluant la taille et les conséquences des avalanches provoquées. Dans l’absolu, le travail est le même; nous montons tôt le matin, suivons les parcours de minage, une fois les pentes sécurisées les machines peuvent commencer le déblaiement et le damage, si le vent n’est pas trop violent les installations montent les skieurs. Si nous ne pouvons ni accéder ni constater de visu que les zones de minage sont purgées, nous fermons pistes ou routes et évacuons les endroits menacés. Simple sur le papier, tout devient plus étrange quand Dame Nature met tant de zèle à nous surprendre. Nous étions déjà gavés de neige avant la huitaine du 15 au 23, la sonde de la Corne immortalisa les exploits d’Éole. Un tableau à compléter de 147cm de neige cumulée sur la période. Ouf!
Le vent à la Corne du lundi 15 au mardi 23. Dès 60 km/h, le vent déplace la neige fraîche et les remontées mécaniques risquent de dérailler. Valeur atteinte le 16 pendant la nuit, la tempête nommée Evi souffla ensuite rapidement à 120 km/h pour atteindre un paroxysme avec deux pointes à 141,8 km/h NW mercredi dans la matinée. C’est énorme, des valeurs rares également sur la durée. MétéoSuisse s’est fendu d’un article sur le nom des tempêtes, juste de quoi comprendre que c’est un international bordel peut-être en voie de régularisation. Après Evi devait se pointer David, consultez la page wikipédia des tempêtes de l’hiver pour comprendre qu’il n’y a rien à comprendre sur ces noms. J’ai vu une tempête énorme de mardi matin à mercredi soir, des vents soutenus avec des pics à près de 100km/h la nuit de jeudi à vendredi, un remontée spectaculaire à près de 120 km/h de samedi à dimanche matin, et un final décoiffant quoique sous les 100 les 12 dernières heures du lundi 22. J’ai trouvé de la neige sur la planchette tous les matins du 17 au 23, la plus grosse chute étant de 81cm mesurés lundi 22 à 8h. MétéoSuisse décrit trois pics de précipitations du 20 au 23 sur son blog.
Le restaurant de Sorebois le 22 janvier à 10h15. Dimanche 21 à midi les autorités fermaient la route de la vallée. Elles avaient émis un communiqué le 19 pour prévenir les clients des stations du risque. Le site www.annibook.ch informe rapidement de la situation et de l’état d’ouverture des différentes infrastructures. Un net progrès! Lundi 22 la situation était désespérée, 240cm du jalon se cachaient sous la couche. Nous croulions sous la neige à Sorebois, le village en vallée coupé du monde selon l’expression consacrée. Il pleuvait abondamment sous 2300m, la station ruisselait, on pataugeait en degré de danger 5, les Gardes à Bordon dégoulinaient sans discontinuer. Nous étions évacués selon les torchons rigolos; 29 chalets en fait, la station doit en compter plus de 300. Grosse couverture médiatique pour la région, alors que la Suisse entière souffrait des nombreuses inondations et glissements de terrains. Nouveauté à laquelle je n’avais songé, le trajet par Grimentz-téléphérique de liaison-téléphérique de Sorebois pourrait maintenant permettre, si besoin, un accès d’urgence en cas d’isolation totale de Zinal.
Anniviers le mardi 23 avant la première bombe. Mardi 23 le ciel dégagé avait croûté la neige en station, nous accédions assez facilement en machine sur l’arête de Sorebois. Le paysage grandiose; ce fameux calme qui précède les tempêtes les suit aussi, l’atmosphère prenait aux tripes. La montagne était potelée, toute arrondie, immaculée. La météo annonçait plusieurs jours de trêve, nous minions pour ouvrir les routes, les pistes, les installations. La plupart des grosses avalanches s’étaient déclenchées spontanément, une cinquantaine de cm restaient en place partout. Le minage fut frustrant, la couche écrasée sous son poids était et reste remarquablement stable. Le minage par hélicoptère donna d’impressionnants résultats sur les pentes Est de Bendolla, peux dans le vallon de Zinal.
Les machines ont creusé un passage pour les cabines du téléphérique. Les huits jours d’Evi et cetera m’ont finalement moins impressionné qu’Eleanor en début de mois. Beaucoup de neige purge les grandes pentes, puis tasse les couches faibles. Nous trouvons une situation durablement stable quand nous nous réapproprions le terrain, comme en mars 2013. Après le minage le travail continue, nous savions une belle fenêtre météo et avons péniblement remis le domaine en fonction. Nous avons depuis deux mètres de neige et un danger limité, le rêve! Le prochain article cataloguera des liens vers des journaux, reportages et images publiés pendant cet épisode.
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Après le foehn
03.02.2018 Ce mois de janvier ne se contentera pas d’un résumé. Entre-deux dépressions baptisées s’est déroulé un épisode plus discret particulier à la région. Une situation de foehn s’est installée, nous étions le 7 janvier en bordure du « mur de foehn » bien visible derrière le Besso. Le vent soufflait SSE à SE, alors que si notre foehn vient du sud, on le connaît mieux avec une tendance Ouest. La situation décrite sur le blog de MétéoSuisse montre en début d’épisode de fortes précipitations sur le Simplon et l’arête Sud des Alpes. Parfois les précipitations débordent jusqu’en Anniviers, ce qui emmène de beaux cumuls. Le foehn s’est calmé lundi 8 au matin, la planchette était soufflée, pas de mesure. Il a neigé abondamment toute la journée, on mesurait déjà plus de 30cm à 16h à 2500m, il pleuvait à 1600m. Au réveil mardi, la sonde de Tracuit montrait plus de 70cm en 24h, le double de celle d’Orzival, nous étions en limite du phénomène. La route cantonale fermée, le village pas déblayé, je partais bosser peaux aux skis. Traverser la station mardi matin m’a marqué, la civilisation avait abdiqué devant la neige. Seuls les gros 4/4 circulaient, les matinaux déblayaient devant leurs portes, les pompiers bloquaient la route du monde.
Le centre de Zinal mardi 9 à 7h20. Je mesurais 83cm mardi 9 à 8h, un record en 24 heures depuis 10 ans au moins. Pendant la journée, la pluie trempa le manteau jusqu’à 2200m, et l’humidifia jusqu’à 2500m. On ne retrouva pas cette neige sous les arêtes au minage, elle s’était accumulée dans les combes jusqu’à 2600m, et formait une couche uniforme en-dessous. Des avalanches spontanées de moyennes à grande ampleur marquaient le paysage matinal, toutes sur des pentes connues, dans des dimensions normales. La principale surprise du minage engloutit les balises déjà remplacées sur le croisement Durand-Aigle. La route est restée fermée un jour et demi sous danger 4 fort. Cette neige gorgée d’un sable brun sera facilement reconnaissable dans les profils. Le minage du 10 sur une neige dense eut de beaux résultats sur les grosses pentes, très peu sur les déclivités moyennes.
Les Gardes à Bordon le 10 à 8h20. -
Danger 5 très fort
Carte du danger pour lundi 22 janvier 2018. 21.01.2018 – 18h00 Situation exceptionnelle, voies de communications coupées, zones dangereuses évacuées. La route Ayer Zinal est fermée depuis dimanche 21 à midi. Les sports d’hiver sont à proscrire, suivez scrupuleusement les consignes des autorités dans les zones concernées.
La situation ne se rétablira pas avant mardi 23 au plus tôt. Pour l’instant, tout va bien !
22-01.2018 – 10h00 La planchette était entièrement dégagée par le vent hier matin alors que la sonde de Tracuit indiquait 19cm en 24 heures. Le vent à diminué, la neige est tombée à plat depuis hier matin 8h sur le champ de mesures à Sorebois 2500m. Résultat 81cm de bonne poudreuse en 24 heures. La neige à Zinal était détrempée, la nouvelle neige n’a fait que tasser l’ancienne, la valeur était de 112cm à 1700m. La règle à 2500m affichait 240cm, et le cumul saisonnier est désormais de 574cm. Il passera certainement demain au-delà des 6 mètres. Tout ça avant fin janvier…
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Eleanor
19.01.2018 – 19h30 Fin 2017 et début 2018, un défilé de perturbations traversait le pays dans un puissant flux d’ouest. La courte pause du 31 décembre permit un minage efficace du vallon, puis les festivités reprirent avec une première tempête au doux nom de Carmen, qui passa plus au Nord et épargna les Alpes. Ce ne fut pas le cas de sa puînée Eleanor qui nous frappa de toute sa force le mercredi 3 janvier avec un pic de puissance à la mi-journée, deux rafales record mesurées à 155.2 km/h 290° entre 12h et 13h30. Je n’avais jamais atteint ces valeurs depuis 10 ans que je mesure la situation météo dans le vallon. Il semble même que le seul chiffre comparable pour la Corne de Sorebois date de décembre 1999 et de l’ouragan Lothard. Le vent s’est engouffré en vallée détruisant moult arbres et branches, la plus puissante rafale mesurée sur la station MétéoSuisse de Pralong afficha 83,9 km/h 42° à 9h50. Dans les mélézins, le sol était jonché de branches. Comme souvent, c’est le vent quelque peu retombé le jeudi 4 que je mesurais le gros des précipitations; au final les 5 premiers jours de 2018 laissèrent 85cm de cumul sur la planchette. Nous avons noté jeudi matin, malgré la faible visibilité et la tempête, de gros départs d’avalanches à la Corne de Sorebois et sur Tsirouc. La pluie mouilla le manteau jusqu’à la limite des forêts, laissant jusqu’à 2600m une neige lourde et dense. L’effet de souffle des grosses avalanches spontanées sur les plats de la Lé fut atténué par la masse volumique de la neige. Le grand couloirs de Singlinaz se purgea jeudi vers 20h30, un nuage de neige humide s’abattant sur la station.
La lé le 7 janvier, au premier plan l’avalanche de Singlinaz qui déborda largement sur la route et la piste de l’Aigle. Vendredi 5 au matin, nous partions miner conscients de trouver une situation rare. Aurore aux doigts de rose présidait un ciel qui allait hélas rapidement blanchir. De cette journée exceptionnelle, je souhaite garder le souvenir de trois avalanches à mon avis historiques. La première fut déclenchée par hélicoptère dans les pentes de Tsirouc. Tout le cirque se déclencha en poudreuse sur les hauts, la neige mouillée suivit le couloir des Roussons jusqu’au sommet du pré en face du village d’Ayer. J’avais 12 ans quand j’assistais le 22 février 1985 au dernier épisode historique de cette avalanche depuis Ayer. Plus puissante et en poudreuse, elle s’arrêta à 200m de la Navizence recouvrant la route cantonale de plusieurs mètres de neige. Un épisode à la genèse de ma passion pour les avalanches. Le printemps, il fallut nettoyer le pré des Roussons propriété de mes grands-parents. Par la suite, ce couloir fut coupé de cinq passages de routes capables d’absorber la puissance de l’avalanche, mon ancêtre affirma qu’elle n’atteindrait plus jamais son pré. On y était presque!
Je décris aussi pour mémoire l’avalanche du Col. Emmené sur l’arête par une machine, je m’apprêtais à commencer le minage et proposais au chauffeur d’ouvrir devant moi la route sur l’arête. Après quelques dizaines de mètres, il déclencha une plaque unique qui emporta tout le versant jusqu’à Barthélémy et recouvrit la piste bleue de la Combe sous plusieurs mètres, détruisant les canons à neige, emportant tout le balisage. L’économie de douze bombe me permit de continuer le minage en direction de Combe Durand et du Freeride.
L’arête du Col depuis le Plat de la Combe. Avec mon collègue Thibaud, nous avons provoqué une belle coulée qui atteint les grandes digues en amont du pylône d’angle de Durand. Puis nous nous sommes acharnés sur la pente au nord de l’arrivée du téléski. Déjà complètement purgée deux fois cette saison, elle ne broncha pas. Nous avons gravi la première bosse en direction du freeride et posé une bombe sur une accumulation évidente. Une cassure de 2 mètres fendit la masse qui entraîna plus bas une vaste plaque qui se propagea dans tout le cirque du domaine freeride. Les grandes digues furent largement débordées, la masse coula avec puissance jusqu’au croisement Chiesso-Durand-Zinal, combla le vallon du torrent, se répandit sur tout le « plat des parapentistes » pour enfin s’arrêter juste en amont de la cascade. En 1980, le même phénomène en l’absence de digues poursuivit pleine puissance jusqu’à la Navizence, détruisant par le souffle les parties boisée de la gare de départ du téléphérique. Un récurrence moins forte en 1981, puis l’ensemble de digues de Combe Durand protégea efficacement le téléphérique et la route de Zinal. Sans ces digues, nous aurions subi des dégâts similaires à 1980.
La Combe Durand photographiée en aval des grandes digues. Beaucoup d’autres coulées et avalanches dans le vallon témoignent d’un épisode exceptionnel, un des plus fort de ces trente dernières années. Nous en gardons souvenir par les rapports de minage et les photographies. Les trois événements décrits ne sont que les plus remarquables, de mon point de vue, des premiers jours de 2018.
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Décembre 2017
15.01.2018 – Sauf une belle accalmie et le fameux redoux de Noël, décembre continua comme il avait débuté, dynamique et hivernal. 160cm de neige tombée à 2500m, 11 jours avec des rafales de vent mesurées à plus de 50 km/h à la Corne de Sorebois, dont 6 jours avec des mesures dépassant les 75 km/h, un final à 127 km/h à la première minute du samedi 30. La mesure de la couche mit du temps à refléter la situation générale du manteau; le hasard des vents semblait s’acharner sur le champ de mesures situé entre Remointze et Tsarmettaz à 2500m, et ce ne sont que 44cm mesurés les deux derniers jours de l’année qui cachèrent le premier mètre du jalon. Les températures n’adoucirent pas la sensation générale de rudesse, deux épisodes avec des mercures sous les -20° les 9 et 29 du mois. Pour le contraste, la moyenne des températures au matin à la Corne le trop chaud décembre 2016 était de -3.01°, la moyenne du millésime 2017 est de -9.21° !
Le domaine skiable présentait déjà un enneigement magnifique le 19 décembre. 3 jours de minages partiels dont un par hélicoptère le 13 sécurisèrent le domaine avant Noël. Je profitais de la belle journée du 23 pour réaliser un rapide profil sur terrain plat, histoire d’observer l’évolution de la couche en place. J’ai surtout constaté sur ce profil simplifié au 23.12.2017 que la chaleur du terrain provoquait un espace de neige fondante près du sol, surmonté d’une couche dure et gelée. Une PhotoSphère réalisée à la Corne de Sorebois le 24 décembre à 13h45 devait refléter la beauté de la période, une polissonnerie que je n’avais pas remarqué gâche un peu le coup d’oeil. Le 23, la piste de l’Aigle permettait le retour en station. Le danger en degré 4 le 11 est resté à 3 marqué jusqu’au 25 où le SLF nous offrit trois jours en degré 2 avant les festivités de fin d’année. Nous avons notés quelques beaux résultats aux premiers minages, et nous pensions que la couche de fond ainsi brassée permettrait quelques semaines de stabilité. Erreur, les neiges des 30 et 31 se déclenchèrent facilement sur des pentes déjà purgées sans fond cristallisé, comme à l’arrivée de Combe Durand. Les 30 et 31 hélas, la pluie gâchait le manteau jusqu’à 2300m.
La feuille de calcul décembre 2017 résume mieux la situation météo que les mots, et seuls les rapports de minages permettent une idée précise de la très complexe situation avalancheuse de ce mois qui restera dans les annales. S’il ne faut retenir qu’un fait, c’est que le froid n’a pas gelé les zones humides, et que la couche d’approximativement un mètre fondait au contact du sol plus qu’elle ne cristallisait, jusqu’à 3000m au moins.
Décembre 2017, cliquez pour agrandir.