Bienvenue sur le blog qui a subi quelques transformations. Né en 2008 chez Blogger, je l’ai transféré en 2022 sur WordPress. La mise en page des publications s’est modifiée, ce que j’ai corrigé en 2025 sur 400 articles??? .
Une belle archive des conditions météo et d’enneigement, mais pas de mesures actualisées. Il faudra faire confiance aux infos officielles pifométriques sur InfoLive. Pour l’enneigement et le danger d’avalanche référez-vous au SLF, à MétéoSuisse pour la météo ils sont au top. Ce qui ne veut pas dire infaillibles, ça ne doit pas empêcher de réfléchir local dans notre vallée au climat si particulier.
Je conseille cette page pour les infrastructures de Zinal, les infos regroupées et lisibles. Mes publications restent centrées sur la météo, la neige et les phénomènes naturels en Anniviers. Merci, bonne visite de mon trek numérique !
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par annitrek.com le 16 mai 2026 à 8 h 26 min
Après Saint Servais, Saint Boniface et la froide Sophie du 15 mai, nous pouvons enfin planter les choux à la mode de Mayoux. Cette année, la réalité a touché les limites des mythes.
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La couche 2017
La neige est mesurée sur une surface plate, protégée des vents et du passage des skieurs, entre l’arrivée du téléski de Remointze et celui de Tsarmettaz à 2500m. La neige fraîche est mesurée tous les matins sur une planche peinte en blanc, un jalon fixe donne la hauteur de la couche.
L’évolution de la couche par quinzaine à Sorebois 2500m.
Le cumul par quinzaine à Sorebois 2500m. Sur l’ensemble de la Suisse, cet hiver enregistre 50% de précipitations en moins que la norme 1981-2010. Avec 411cm de cumul de neige à Sorebois, cet hiver qui n’atteint pas la moyenne est le plus pauvre depuis 2011. De ce chiffre, nous pouvons retirer les 118cm tombés début novembre et les 28cm notés le 28 avril. Nous avons dû nous contenter de 265cm pour travailler les pistes naturelles. La couche est restée supérieure à 50cm de mi-janvier à mi-avril, la valeur la plus haute fut de 111cm à 2500m le 9 mars.
Il est tombé l’hiver 2017:06.11.2016 = 14 cm, 07.11.2017 = 12 cm, 08.11.2016 = 04 cm, 10.11.2016 = 14 cm, 11.11.2016 = 22 cm, 12.11.2016 = 22 cm, 14.11.2016 = 16 cm, 18.11.2016 = 04 cm, 19.11.2016 = 06 cm, 27.11.2016 = 04 cm Total novembre = 118 cm
19.12.2016 = 03 cm, 25.12.2016 = 01 cm Total décembre = 04 cm
05.01.2017 = 04 cm, 06.01.2017 = 03 cm, 08.01.2017 = 09 cm, 11.01.2017 = 12 cm, 13.01.2017 = 27 cm, 14.01.2017 = 10 cm, 15.01.2017 = 14 cm, 31.01.2017 = 11 cm Total janvier 90 cm
01.02.2017 = 08 cm, 03.02.2017 = 05 cm, 04.02.2017 = 01 cm, 05.02.2017 = 24 cm, 08.02.2017 = 07 cm, 09.02.2017 = 06 cm, 18.02.2017 = 04 cm Total février = 55 cm
01.03.2017 = 07 cm, 02.03.2017 = 23 cm, 05.03.2017 = 05 cm, 06.03.2017 = 12 cm, 07.03.2017 = 27 cm, 09.03.2017 = 16 cm, 10.03.2017 = 03 cm, 19.03.2017 = 07 cm, 23.03.2017 = 02 cm, 26.03.2017 = 06 cm Total mars = 108 cm
01.04.2017 = 01 cm, 05.04.2017 = 03 cm, 19.04.2017 = 04 cm, 28.04.2017 = 28 cm Total avril = 036 cm
Cumul de neige hiver 2017 = 411 cm
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Avril 2017
Peu de précipitations du 1er avril à la fermeture de la station le 23, mais des températures printanières qui pourrirent progressivement toutes les pentes. On mesurait 70cm au jalon à 2500m au début du mois, il en restait 40 quand 28 derniers cm ont porté le cumul définitif de la saison à 411cm le 28 (ce n’est pas une erreur, il est tombé 28cm le 28 avril). Le jeu comme souvent en fin de saison consista à déclencher les pentes dès qu’on les sentait mûres, ou à fermer les secteurs concernés si nous n’y parvenions pas. La responsabilité est énorme, nous devons garantir aux clients leur sécurité sur les pistes ouvertes. Imaginez la catastrophe si l’avalanche déclenchée artificiellement le 11 sur le haut de Combe Durand s’était déclenchée spontanément, ou sous les skis d’un freerider, avec la ligne du téléski pleine. La neige mouillée peut atteindre une masse volumique de plus de 300 kg/m3, les victimes sont broyées.
La piste de montée de Combe Durand le 12.4.2017 à 11h30. La neige fond puis ruisselle sur le terrain, favorisant le glissement des plaques encore compactes et créant de petits lacs dans les creux comme ici au fond de la piste de St-Barthélémy. le refroidissement nocturne crée une couche de glace que les téméraires bravent au matin, d’autres s’essayent au waterslide l’après-midi. L’eau dépasse à peine le 0°, la chute est synonyme de retour au vestiaire.
Le lac de Barthélémy, protégé par un filet côté piste, le 12.4.2017. Les skieurs individuels déclenchent des avalanches mouillées en V inversé, une plaque de la largeur des skis emporte progressivement une masse toujours plus grande. Le danger concerne plus les skieurs en aval. Zinal est particulièrement traumatisé par l’accident du 19 avril 2003 quand un père déclencha l’avalanche de printemps qui emporta et tua son fils de 11 ans dans le secteur des Italiens. Le 14 avril, ce secteur était purgé par une machine qui poussa de la neige depuis l’arête du Col en amont. Une surcharge par de nombreux skieurs engagés simultanément sur la pente peut déclencher de pareilles plaques. Pour parvenir à un bon résultat avec des explosifs, nous utilisons des charges entre 5 et 10kg. Comme la majorité du grand public ne comprend pas le danger terrible que représente la neige mouillée, nous fermons les installations quand nous ne parvenons pas à déclencher artificiellement les pentes.
Secteur des Italiens le 15.4.2017 à 10h, la moitié gauche s’est déclenchée d’une plaque. Les responsables de la sécurité passent une partie de leur journée à vérifier l’état des pentes surplombant les pistes dès les premiers signes de réchauffement. Fermer une installation ou un secteur provoque le mécontentement des clients. Le 19 avril, les températures ont fortement chuté, on mesurait -16.4° à la Corne à 8h, et -23 en surface de la neige. Le manteau avait serré en profondeur et nous avons vécu le dernier week-end d’ouverture libéré de ce soucis. Le 26 et jusqu’à la fin du mois, donc de l’hiver météo sur ce blog, les conditions se sont fortement dégradées. le bulletin climatologique avril 2017 en .pdf publié par MétéoSuisse annonce un avril 0,5° au-dessus de la norme. Retrouvez les valeurs sur la feuille de calcul vallon de Zinal avril 2017.
Cliquez pour agrandir. -
Mars 2017
Les deux premiers jours de mars ajoutèrent 30cm sur les 70 en place, les minages des 3 et 4 furent un vrai plaisir. La neige fraîche se déclenchait dans les fortes pentes, sans toutefois entraîner le gros de la masse ce qui offrit du très bon ski. Nous nous permettions même des fantaisies en plaçant, comme ci-dessous, notre bombes où le chamois avait renoncé à traverser la pente, en comptant sur l’instinct de la bête pour rentabiliser le coup.
Avec un résultat démonstratif de ce que nous parvenions à déclencher ce jour-là :
Le 4 par nébulosité moyenne, de forts vents du Sud-Est empêchaient les installations du secteur Zinal de fonctionner alors que Bendolla était peu touché. Difficile comme souvent de faire comprendre aux clients en vallée qu’une tempête touche le domaine skiable. La plus belle rafale de la saison fut mesurée le 6 mars, un modeste 105 km/h 262° à 14h30.
Les 5, 6 et 7 rajoutèrent 44cm au cumul, puis 16cm le 10 permirent la plus haute mesure de la saison au jalon, un modeste 111cm. Les conditions sont parfaites quand le jalon dépasse les 140cm de neige tassée. Le 10 au matin, la station de la Corne indiquait -8.4°, le 11 sous un ciel parfait, elle ne mesurait que -2.4° et la température augmenta considérablement pendant la journée. L’après-midi, nous partions miner l’amont de la route pour permettre aux machines d’atteindre la combe de Tsirouc, pour ouvrir le lendemain la piste du Chamois. Depuis l’arête, même en variant les points de tir et en augmentant les charges, nous ne parvenions pas à déclencher la masse. Arrivés sur la partie basse, Nous avons déclenché un grosse coulée qui entraîna plusieurs coulées secondaires en aval, sans contact avec la coulée principale. Au loin, la machine qui ouvrait la route déclenchait à distance de grosses plaques qui entraînait la neige jusqu’au terrain. Impossible pour nous de miner au coeur de la pente, à cours de munition, nous nous contentions d’avertir le machiniste quand sa progression déclenchait des plaques, qu’il puisse rapidement reculer et s’abriter. Les coulées que la machine déclenchait à mi-pente étaient massives, largement capables d’emporter la machine. Péniblement, après avoir déclenché de nombreuses coulées, la machine atteint Tsirouc et put damer la liaison vers Grimentz. Nous retournions à Sorebois avec mon collègue Elliot. Sur l’image ci-dessous prise par drone (merci Boris), les étoiles marquent les coups négatifs, le orange marque les cassures des coups positifs, le vert marque les cassures déclenchées par les vibrations de la machine.
Cliquez pour agrandir. Après avoir terminé la piste, le courageux chauffeur avec qui nous étions en contact téléphonique, a été emporté sur une cinquantaine de mètres par une nouvelle coulée sur la route qu’il avait précédemment ouverte. Heureusement sans mal ni dégât, mais nous avons dès lors compris que la situation était hors de contrôle. La piste du Chamois est restée fermée pour le reste de la saison, les autres parties du domaine nous ont causé bien du soucis. De pareilles mésaventures ont touché le secteur Grimentz. Le SLF maintint toute la période un danger inchangé à 3 marqué. Les jours suivants, nous avons purgé beaucoup de grandes pentes menaçantes, celle du Freeride lâcha le 10 à 30 mètres du lieu de l’explosion. D’évidence, le réchauffement avait complètement modifié la cohérence du manteau neigeux sur le terrain, ce jusqu’à 2900m.
Il tomba 15cm supplémentaires la dernière dizaine du mois, mais le problème vint des températures plus que de la quantité de neige. Selon le bulletin climatologique MétéoSuisse mars 2017, ce fut le deuxième plus chaud depuis le début des mesures. Retrouvez au bout de ce lien la feuille de calcul des mesures du vallon de Zinal mars 2017 .
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Février 2017
Février débuta par un temps maussade mais pauvre en précipitations, 51cm s’ajoutèrent aux 11cm du 31 janvier avant le 9, puis plus rien avant 4 malheureux cm le 18. C’est le vent plus que la neige qui nous obligea à miner régulièrement les arêtes où de belles accumulations se formaient. Si certains font de la science, les patrouilleurs responsables de la sécurité des pistes vont miner quand la situation avalancheuse change. Les résultats des premières bombes sont plus fiables que toutes les spéculations intellectuelles. Les petites accumulations journalières restaient difficiles à déclencher mais amélioraient la qualité du ski. Février étant le mois le plus fréquenté, la majorité des clients ont profité d’excellentes conditions en et hors pistes, même s’il fallait se méfier des cailloux juste cachés par un enneigement toujours faible. Les températures restèrent assez basses pour garder la neige poudreuse en altitude, les pistes de retour en stations restaient ouvertes dans de bonnes conditions.
Le 9.2.2017, le vent et 6cm de fraîche avaient bouché les anciennes traces et lissé la montagne. Les conditions étaient excellentes jusqu’en vallée. Les températures moyennes dans les Alpes dépassèrent de 3 à 4° la norme des 30 dernières années, conjuguées à un ensoleillement respectable après le 12, la vallée et les pentes exposées au soleil se découvrirent de leur manteau. Les stations de basse altitude éprouvèrent rapidement des difficultés à entretenir leurs domaines skiables, nous rencontrions à Zinal des passionnés venus de partout attirés par nos bonnes conditions. Sans cracher dans la soupe, le mois est resté nivologiquement terne, permettant au service de sécurité de se concentrer sur la qualité des pistes, les accidents et le service à la clientèle. Le jour de St-Valentin à 14h, je prenais une image à 360° au coeur du domaine, sur la bute près de la buvette des Mormottes, à visionner sur Google Photo.
Le 23.2.2017 à 15h, la vallée est libre de neige, les pentes exposées au sud jusqu’à 2000m. Le SLF plaça la région en danger 3 marqué du 4 au 16, le restant de février affichait un degré limité. Nous gardions à l’esprit que la neige se cristallisait lentement, particulièrement au niveau du sol. La couche atteint les 98cm à 2500m suite aux 24cm tombés le 6. Tôt ou tard, les pentes se purgeraient de cette neige même régulièrement minée et skiée. Le jeu consista dès lors, pour les patrouilleurs, à déclencher ces pentes avant les skieurs. Retrouvez au bout de ces liens le bulletin climatologique février 2017 édité par MétéoSuisse et la feuille de calcul des données du vallon de Zinal février 2017.
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Janvier 2017
Plus de neige en janvier entre le 15 et le 31, mais des températures assez fraîches pour travailler les 79cm tombés après les vacances de fin d’année. MétéoSuisse annonce le mois de janvier le plus froid depuis 30 ans, ce qui m’a fortement étonné n’ayant mesuré des valeurs inférieures à -20 à 2900m le matin que du 16 au 19, avec un record à -23.3° le 17 à 4h30. Comme l’ensoleillement était généreux, la montagne était agréable et nous n’avons pas souffert du froid. Le stratus baignait la plaine, les habitants du plateau n’ont pas vu le soleil et je suppose que la moyenne des stations de basse altitude a établi ce record de fraîcheur. Mon ordinateur principal rendit son âme à Windows alors que je recevais un nouveau smartphone capable de faire des prises de vues à 360°.
Image à 360° prise le 21.1.2017 à 15h sur la Corne de Sorebois
Pour profiter de l’effet 360°, retrouvez l’image sur Google PhotoLa neige jusque en plaine et les températures basses relancèrent notre hiver, la joyeuse clientèle de la station traçait les pentes comme par gros enneigement, au détriment des semelles ou des parties du corps qui rencontraient le sol lors des chutes. Il fallut un gros travail pour ouvrir les retours en station, et beaucoup d’entretien pour les garder en état. Les canons à neige et les machines modernes, puissantes, légères et équipées de treuils font des miracles. Ainsi la descente sur Zinal s’ouvrait au public le samedi 28, alors qu’on ne mesurait que 26cm de neige naturelle en station.
Le mur de Singlinaz le dimanche 29.1.2017 à 11h. Le danger d’avalanches retombait à 2 limité le 26, nous n’avions plus de soucis depuis le 20 déjà mais gardions en tête que nous retrouverions dès le retour de la neige les faiblesses constatées dans le manteau. Le 31 au matin, 11cm portaient le cumul du mois à 90cm et la couche à 2500m à 50cm. Comme nous n’avions plus de problème avec la neige, les dirigeants de la station s’en inventèrent. Retrouvez le Bulletin climatologique janvier 2017 par MétéoSuisse en .pdf et la feuille de calcul des mesures du vallon de Zinal janvier 2017 au bout de ces liens.
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Le point après la neige
19.01.2017 – 22h00 Grand coup d’hiver, 51cm de cumul du 13 au 15, deux journées glaciales les 16 et 17 avec un record saisonnier à -23.3°, et beaucoup d’air. Les vents du Nord et d’Ouest, avec plusieurs pointes à plus de 100km/h répartis dans la semaine, ont sculpté le manteau à leur guise. La plupart des arêtes sont pelées, la neige est dans les pentes et au fond des combes. La règle mesurait 41cm ce jeudi à 2500m, le tassement devrait se stabiliser, le chiffre indique un moyenne correcte. Les deux points profilés dépassaient les 80cm, on trouve des accumulations de plus d’un mètre. Nous sommes en danger 3 depuis vendredi 13.
En amont des digues de Durand. Des minages réguliers de Sorebois dès vendredi et un grand minage par hélicoptère dimanche ont sécurisé le vallon. Les pentes abruptes ont lâché facilement provoquant de grandes avalanches sur les expositions Nord à Est. Les pentes moyennes et les combes gardent leur neige. Des deux scénarios imaginés dans l’article précédent, la nature a fait une moyenne. Le manteau de neige fraîche est cohérent, compacté par les vents, il se tasse ou glisse en grandes plaques. Les couloirs dangereux pour la station se sont déclenchés rarement naturellement, dans la plupart des cas par minage. Mais toutes les petites plaques latérales, et la montagne « naturelle » cachent des pièges, et on est directement sur les cailloux si ça part.
J’ai effectué deux profils rapides sur des pentes caractéristiques. A l’arrivée de Combe Durand, la nouvelle neige avait tassé l’ancienne, et le froid durci le tout. Il est possible que le tassement de la zone soit consécutif au minage de dimanche, un coup plus haut a fissuré une vaste plaque. Nous avons là 80cm de bonne neige stable. Notez déjà des faces planes dans tout le manteau, la transformation va bon train, neige sous les -20 tous les matins.
Je voulais une pente Nord intacte pour le deuxième profil, j’ai choisi une petite plaque sans danger, je la pense représentative du couloir adjacent trop risqué. Ici aussi une couche étrangement dure au sol, mais de la neige plus transformée dans l’ensemble, et une grosse faiblesse à 50cm sur laquelle roulent facilement les 40 derniers cm. Le travail du vent explique la cohésion de l’ancienne neige jusqu’à 50cm. On reconnaît la nouvelle neige dès 60cm, déjà étonnamment cristallisée. La graille entre-deux doit résulter du givre formé en surface depuis novembre. Cette faiblesse est un sale piège, à considérer pour la suite.
Le bloc glissant illustre cette faiblesse dans la partie supérieure du manteau, dont nous reparlerons certainement.
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Le point avant la neige
12.01.2017 – 18h00 Après le redoux de ce jeudi qui permit des températures positives jusqu’à 2000m, 4° à Zinal au meilleur de l’après-midi, MétéoSuisse annonce l’arrivée d’un front froid « digne de ce nom » sur son excellent blog. Vent, neige et grands froids au programme, mais raisonnablement semble-t-il. Résumons la situation avant ce tournant de l’hiver; fait exceptionnel, la terre est gelée jusqu’en station, les sources et torrents sont de pures plaques de glace, bientôt cachées par une neige sèche qui n’adhérera pas.
Le torrent de Laulosses à Singlinaz à l’heure des premières chutes de neige. De la Navizence 1600m à la limite des forêts, le terrain gelé est recouvert d’une dizaine de cm de neige juste humidifiée par l’air de ce jour, elle tient en boule sans dégager d’eau. Puis on trouve des résidus neigeux fortement cristallisés sur les pentes peu exposées au soleil entre 2000 et 2500m, surmontés de la dizaine de cm restant des récents apports. Plus haut, les vents ont troublé la donne, principalement lors de l’épisode Nord du 5 janvier. De petites accumulations appuient déjà sur un substrat pourri, les faibles quantités expliquent l’absence d’avalanches spontanées. Partout où subsiste de l’ancienne neige, elle n’est que roulements à billes, du gros gobelet sans cohésion.
Gobelets observés à la Corne le 30 décembre, plus de 6mm pour les plus beaux. Sur ce substrat deux scénarios possibles: les quantités de nouvelles neige sont suffisantes pour que tout se déclenche spontanément, puis facilement par minage. Comme l’an passé, l’épisode dangereux serait court et nous repartirions sur une base plus solide.
Dans le deuxième scénario, les quantités sont faibles et la couche rendue irrégulière par les vents. Les zones contrôlées par minage seront purgées, mais plein de petites pentes et la haute montagne resteront piégeuses, et piégeront plein d’imprudents comme chaque année hélas. Le bulletin de 17h place déjà la région en degré 3, et le bas-Valais en 4, la lune était pleine ce jour à 12h34. Faites vos jeux, moi j’y crois !
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La sécheresse
08.01.2017 – 18h30 Après le long épisode foehnique de fin novembre, un anticyclone puissant s’est installé sur le continent, nous avons vécu, hélas, le mois de décembre le plus sec depuis le début des mesures selon MétéoSuisse. Le bulletin climatologique de 2016 décrit des températures trop élevées en Suisse cette année, la routine quoi… La neige naturelle a lentement disparu sous 2000m, la couche s’est tassée jusqu’à 25cm à 2500m, puis s’est cristallisée sans plus perdre en épaisseur. Les températures début décembre nous laissaient craindre le pire pour les vacances de Noël, le mercure affichait 6.5° à 2900m le 10 à 15h. Les nuits dégagées maintenaient le manteau en altitude, puis la masse d’air s’est refroidie en fin de mois. Ce sont donc, une fois de plus, les canons à neige qui ont sauvé les vacances des skieurs, et nos emplois.
Neige de culture sur la piste de Tsarmettaz en préparation le 5 décembre. Pendant que la sécheresse faisait augmenter le danger d’incendies, les sources et torrents gelaient magnifiquement. D’immenses plaques de glace sur les routes forestières et chemins pédestres ont provoqué des accidents, les autorités ont publié des mises en garde. Les cascades du vallon sont bonnes et facilement accessibles. Après l’enthousiasme forcené du début de saison, nous avons retrouvé un calme désenchanté devant l’inexorable disparition de la neige naturelle. Les vacanciers des fêtes ont profité des pistes artificielles sous un ciel parfait, avec une belle ambiance sur les terrasses.
La Vallée depuis la Corne le 26 décembre à 14h, la misère!. La vieille neige s’est cristallisée à l’extrême, on trouve de gros gobelets de plus de 5mm sur toutes les expositions, tout n’est que sel, seules quelques croûtes entretenues par le vent sont palpables. La situation se débloque lentement depuis Nouvel-An, et le stratus cantonné au plateau s’est infiltré jusqu’à 1700m le 3 janvier. Les courants ont tourné Nord-Ouest et un premier front nous emmena 7cm de neige sous des vents puissants le 5, une rafale à 103 km/h et une mercure à -20.4° à la Corne ont établi ce même jour les records provisoires de la saison. Le froid a figé la terre, ce dimanche matin 9 nouveaux cm tapissaient la montagne, dans un air plus supportable. Un flux du Nord-Ouest animera la semaine prochaine, les quantités annoncées restent faibles mais, petit à petit l’hiver reprend ses droits. Les anciens quittaient autrefois les mayens de Zinal à la mi-janvier, quand le véritable hiver commençait.
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Bonne année 2017
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Le Mange-Neige
25.11.2016 20h30 C’est ainsi que les fribourgeois appellent le foehn selon la TSR, un surnom mérité. Entre les deux épisodes principaux des nuits des 20 et 25, il a soufflé modérément mais continuellement. La couche s’est fortement tassée en début de semaine, perdant 25cm en deux jours et disparaissant des faces exposées jusqu’à 2200m. Des 64cm mesurés le 12 il n’en restait plus que 33cm le 22. Elle a disparu en station mais s’est stabilisée à une trentaine de cm à 2500m au plat.
Mur de foehn au Sud de Zinal le 22 novembre 2016. Je mesure les records saisonniers de vent à la Corne de Sorebois, les rafales n’ont pas dépassé la barre des 100 km/h. A Tracuit pourtant, plus bas mais dans un vallon ouvert aux vents du Sud, on mesura 108 km/h lundi à 4h30 et… 119.9 km/h ce vendredi matin. Le vent s’est engouffré en vallée ces deux épisodes, libérant les mélèzes de leurs dernières aiguilles et secouant les chalets.
Le Nord est ensoleillé, mais le vent puissant plus gênant qu’à Zinal Les pistes artificielles préparées pour la compétition sont intactes, mais rien à faire en dehors, tout a mouillé. Le foehn est mort ce vendredi, il pleut à Zinal avec un 0° est à 2000m. Un petit coup de blanc avant le week-end ?
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Première course
17.11.2016 – 22h Un net redoux tasse la neige, le manteau est mouillé sur toutes les expositions jusqu’à 2300m, sur les faces ensoleillées jusqu’à 3000m. Il reste 50cm au plat à 2500m et 23cm en station à 1700m. On annonce une période venteuse et douce la semaine prochaine, elle sera dominée par le foehn, on spécule sur la journée de dimanche sur le blog de MétéoSuisse. Rien de bon pour le manteau neigeux semble-t-il. Dommage, les images prises lundi par le drone de Boris, un ami habitué de Zinal, montre une situation de rêve pour la mi-novembre :
Un slalom géant féminin inaugurait la saison de compétition ce jeudi dans d’excellentes conditions, quelques nuages le matin mais visibilité optimale pour la deuxième manche. Le résultat de cette première course sur le site de la F.I.S. affiche des noms déjà célèbres qui attestent du niveau général de ces demoiselle.
Le podium du slalom géant féminin de ce jeudi 17 novembre. On remet ça demain sous un ciel moins coopératif. Le foehn peut maintenir une fenêtre ensoleillée sur le Valais central comme souvent dans pareille configuration, les températures actuelles garantissent une neige ferme et dure propice au ski de compétition. La station sera ouverte au public ce week-end, seul le centre du domaine sera préparé et sécurisé. A samedi !
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Au-dessus du brouillard
14.11.2016 – 21h00 Le réchauffement de dimanche nous a fait craindre pour la neige en station, la couche attaquée par l’air et le sol encore tiède se ratatinait jusqu’à 2000m vers 15h. Le thermomètre retrouva des valeurs saisonnière avec l’arrivée des précipitations annoncées, 16cm de fraîche firent passer le mètre au cumul saisonnier, entre 16h et 21h dimanche. A Sorebois, cette petite couche tombée sans vent et le ciel immaculé de ce lundi firent le bonheur des sportifs, de leurs entraîneurs et des ouvriers de la montagne. Un brouillard stable noyait le bas-monde toute la journée, il fallait vivre à Chandolin pour entrapercevoir le soleil.
Les employés quittent Sorebois à 17h. Je suis resté à la mine après le départ du dernier wagonnet, pour admirer la super Lune depuis la Corne. Elle s’est levée près de l’Omen Rosso avec un diamètre spectaculaire et une couleur orangée inhabituelle. Je n’ai pas obtenu de bonnes images sans trépied, ma science de la photo se limite à mettre sur automatique, viser et appuyer. Je vous offre l’image de la super Lune sans repère pour estimer sa taille, elle s’est montrée vers 17h50 alors que les couleurs du coucher de soleil et du crépuscule laissaient place à la nuit. A l’heure où je publie, le brouillard se déchire à Zinal, la lumière extérieure est magique.
La super Lune du 14 novembre 2016 à 18h.