Le mètre de neige tombé mi-avril sur un terrain déjà tiède avait disparu début mai jusqu’à la limite des forêts. Les cours d’eau étaient bien gonflés mais sans plus, c’est le terrain qui absorba l’essentiel des plus fortes précipitations en 24h de l’histoire. Les sources coulaient comme jamais, le climat général m’a semblé normal pour un mois de mai ce que confirment les données, légèrement trop chaud, légèrement plus de précipitations. La nature en vallée exultait, la végétation craint la sécheresse mais s’accommode bien d’un excès d’eau. Début juin les paysans estimaient à une dizaine de jours la précocité des cultures dans tout le pays. Pas de gros regel en plaine, on pouvait espérer une excellent production de tout ce qui pousse ce que l’automne a confirmé.
En montagne la neige fondait à son rythme, sans excès saturant les rivières malgré quelques alertes, les paysans ont inalpé aux dates habituelles après quelques hésitations. Nous étions à l’équilibre, même si les quantités de neige encore présentes en haute montagne menaçaient tel une l’épée de Damoclès. Un gros redoux, trop de pluie, un orage auraient très vite saturé le terrain et les cours d’eau. Rien n’est venu, la catastrophe qui nous préoccupa datait d’avril; une quantité invraisemblable d’arbres tombés encombrait la forêt, les chemins pédestres quasi tous impraticables, et la crainte d’un désastre phytosanitaire si des parasites proliféraient dans ce bois tombé.
Les bûcherons ont travaillé comme jamais pour amoindrir le problème, dégageant routes, forêts et cours d’eau en priorité, puis sortant le bois tombé dans les forêts protectrices. La problème reste en suspens, le scolyte a des ailes et peut fort bien proliférer dans les forêts négligées pour essaimer ensuite partout. La partie n’est de loin pas jouée. Les arbres morts sur pied suite aux sécheresses de ces derniers étés, 2022 en particulier, sont tombés on ne les voit plus; c’est rassurant.
Juin s’est montré beau, très sec, le deuxième plus chaud de la référence 1991-2020 avec un excédent de 3.8° en moyenne suisse. Avec un terrain encore gorgé, la nature a explosé permettant une magnifique fenaison et un herbage abondant pour le bétail. Malgré des précipitations sous la moyenne en juillet encore, nous avons gardé une sensation de normalité jusqu’à mi-août. Le canton a finalement décrété une interdiction de faire du feu du 19 août au 17 septembre. C’est le coeur du mois d’août qui fut le plus chaud, la météo de Sierre-Zinal fut similaire à 2024, très beau, très chaud, très sec. Le graphique des températures de la Corne de Sorebois 2900m donne une bonne vision des mercures de l’été, le record est mesuré le 13 août à 15h30 avec 16.6°, le pique du 26 juin à 15.9° celui du 19 septembre à 15.7°.
Températures, précipitations et ensoleillement font une soupe nommée climat, notre ressenti personnel comme collectif ajoute d’autres facteurs. J’aime la précision des chiffres, ils ne mentent que si on les trafique, ils se taisent si on les censure comme l’a bien compris le monstre orange de Washington. Ci-dessous les précipitations du semestre 2025 à Mottec, en gris les extrêmes depuis 1973, la barre noire montre la norme 1991-2020.
414mm pour le semestre 2025, moyenne depuis 1973 de 467mm, ce sont les trois mois d’été qui ont été déficitaire, avec une interdiction de feux.
La station météo de Mottec donne une mesure des précipitations depuis 1973, mon année de naissance. Demandez d’ajouter aux données une ligne de tendance pour hotter tout doute, les précipitations diminuent. Faites de même avec les températures et, n’en déplaise aux blablas des tocsons, elle monte spectaculairement. Je vais beaucoup m’amuser avec ces outils début 2026, après publications des derniers chiffres de l’année.
Pour revenir au déroulé de l’été je déplore la météo des Trails du Besso le 30 août, neige à 2800m, ciel long à se dégager. L’automne se passa normalement, agréablement, J’ai profité du pic de chaleur du 19 pour passer une très agréable soirée à Nava 2400m, des températures rares en cette période. Désalpe le 20 septembre avec une production fromagère record, puis bonnes vendanges le 27, de belles quantités et un chasselas à 76° dans le secteur de la Croix près de Corin.
Cet été j’ai observé des faucons crécerelles partout. Facilement reconnaissables par leur fameux vol du « Saint-Esprit » j’en ai vu à toutes les altitudes, même au-dessus des vignes pendant les vendanges. Peut-être une conséquence de l’abondance de rongeurs signalée l’été 2024 ? Je n’ai tiré aucune bonne photo de ces rencontres, comme l’IA entre progressivement dans ma vie numérique j’ai demandé à Gemini d’incruster un crécerelle dans le paysage du petit lac de Bella-Lé à Nava, avec une souris de PC comme proie. J’ai aussi utilisé PhotoShop pour effacer les traces de satellites, des plaies désormais permanentes, sur la photo de la Voie Lactée sur la Corne de Sorebois le 18 septembre. C’est du faux, ou du semi-vrai, mais ça illustre bien l’époque.
Un bel automne pour clore un été sans catastrophe ce qui devient rare. Le terrain est resté chaud jusque fin octobre, deux apports ont blanchi la vallée le 24 et le 28, cela sera développé dans la situation initiale de l’hiver prochain. Pour l’heure l’album publique été 2025 est en ligne, et je remercie MétéoSuisse de publier un deuxième bulletin climatologique mensuel pour l’été 2025, je vous propose au bout de ce lien le résumé IA de ce pavé, il faut vivre avec son époque. Je reste dubitatif et méfiant, mais je compter bien m’amuser avec les nouveaux jouets à notre disposition.




































