Eté 2025

Eté 2025 – L’été des faucons

Le mètre de neige tombé mi-avril sur un terrain déjà tiède avait disparu début mai jusqu’à la limite des forêts. Les cours d’eau étaient bien gonflés mais sans plus, c’est le terrain qui absorba l’essentiel des plus fortes précipitations en 24h de l’histoire. Les sources coulaient comme jamais, le climat général m’a semblé normal pour un mois de mai ce que confirment les données, légèrement trop chaud, légèrement plus de précipitations. La nature en vallée exultait, la végétation craint la sécheresse mais s’accommode bien d’un excès d’eau. Début juin les paysans estimaient à une dizaine de jours la précocité des cultures dans tout le pays. Pas de gros regel en plaine, on pouvait espérer une excellent production de tout ce qui pousse ce que l’automne a confirmé.

En montagne la neige fondait à son rythme, sans excès saturant les rivières malgré quelques alertes, les paysans ont inalpé aux dates habituelles après quelques hésitations. Nous étions à l’équilibre, même si les quantités de neige encore présentes en haute montagne menaçaient tel une l’épée de Damoclès. Un gros redoux, trop de pluie, un orage auraient très vite saturé le terrain et les cours d’eau. Rien n’est venu, la catastrophe qui nous préoccupa datait d’avril; une quantité invraisemblable d’arbres tombés encombrait la forêt, les chemins pédestres quasi tous impraticables, et la crainte d’un désastre phytosanitaire si des parasites proliféraient dans ce bois tombé.

Les bûcherons ont travaillé comme jamais pour amoindrir le problème, dégageant routes, forêts et cours d’eau en priorité, puis sortant le bois tombé dans les forêts protectrices. La problème reste en suspens, le scolyte a des ailes et peut fort bien proliférer dans les forêts négligées pour essaimer ensuite partout. La partie n’est de loin pas jouée. Les arbres morts sur pied suite aux sécheresses de ces derniers étés, 2022 en particulier, sont tombés on ne les voit plus; c’est rassurant.

Juin s’est montré beau, très sec, le deuxième plus chaud de la référence 1991-2020 avec un excédent de 3.8° en moyenne suisse. Avec un terrain encore gorgé, la nature a explosé permettant une magnifique fenaison et un herbage abondant pour le bétail. Malgré des précipitations sous la moyenne en juillet encore, nous avons gardé une sensation de normalité jusqu’à mi-août. Le canton a finalement décrété une interdiction de faire du feu du 19 août au 17 septembre. C’est le coeur du mois d’août qui fut le plus chaud, la météo de Sierre-Zinal fut similaire à 2024, très beau, très chaud, très sec. Le graphique des températures de la Corne de Sorebois 2900m donne une bonne vision des mercures de l’été, le record est mesuré le 13 août à 15h30 avec 16.6°, le pique du 26 juin à 15.9° celui du 19 septembre à 15.7°.

Graphique montrant les variations de température entre mai et octobre, avec des pics atteignant jusqu'à 20°C et des creux en dessous de zéro.

Températures, précipitations et ensoleillement font une soupe nommée climat, notre ressenti personnel comme collectif ajoute d’autres facteurs. J’aime la précision des chiffres, ils ne mentent que si on les trafique, ils se taisent si on les censure comme l’a bien compris le monstre orange de Washington. Ci-dessous les précipitations du semestre 2025 à Mottec, en gris les extrêmes depuis 1973, la barre noire montre la norme 1991-2020.

414mm pour le semestre 2025, moyenne depuis 1973 de 467mm, ce sont les trois mois d’été qui ont été déficitaire, avec une interdiction de feux.

La station météo de Mottec donne une mesure des précipitations depuis 1973, mon année de naissance. Demandez d’ajouter aux données une ligne de tendance pour hotter tout doute, les précipitations diminuent. Faites de même avec les températures et, n’en déplaise aux blablas des tocsons, elle monte spectaculairement. Je vais beaucoup m’amuser avec ces outils début 2026, après publications des derniers chiffres de l’année.

Graphique des précipitations pour le vallon de Zinal, affichant les données des semestres d'été de 1973 à 2025, avec des barres représentant les mois de mai à octobre et une ligne tendance indiquant la variation totale.
Cliquez sur l’image pour accéder au graphique interactif.

Pour revenir au déroulé de l’été je déplore la météo des Trails du Besso le 30 août, neige à 2800m, ciel long à se dégager. L’automne se passa normalement, agréablement, J’ai profité du pic de chaleur du 19 pour passer une très agréable soirée à Nava 2400m, des températures rares en cette période. Désalpe le 20 septembre avec une production fromagère record, puis bonnes vendanges le 27, de belles quantités et un chasselas à 76° dans le secteur de la Croix près de Corin.

Cet été j’ai observé des faucons crécerelles partout. Facilement reconnaissables par leur fameux vol du « Saint-Esprit » j’en ai vu à toutes les altitudes, même au-dessus des vignes pendant les vendanges. Peut-être une conséquence de l’abondance de rongeurs signalée l’été 2024 ? Je n’ai tiré aucune bonne photo de ces rencontres, comme l’IA entre progressivement dans ma vie numérique j’ai demandé à Gemini d’incruster un crécerelle dans le paysage du petit lac de Bella-Lé à Nava, avec une souris de PC comme proie. J’ai aussi utilisé PhotoShop pour effacer les traces de satellites, des plaies désormais permanentes, sur la photo de la Voie Lactée sur la Corne de Sorebois le 18 septembre. C’est du faux, ou du semi-vrai, mais ça illustre bien l’époque.

Un bel automne pour clore un été sans catastrophe ce qui devient rare. Le terrain est resté chaud jusque fin octobre, deux apports ont blanchi la vallée le 24 et le 28, cela sera développé dans la situation initiale de l’hiver prochain. Pour l’heure l’album publique été 2025 est en ligne, et je remercie MétéoSuisse de publier un deuxième bulletin climatologique mensuel pour l’été 2025, je vous propose au bout de ce lien le résumé IA de ce pavé, il faut vivre avec son époque. Je reste dubitatif et méfiant, mais je compter bien m’amuser avec les nouveaux jouets à notre disposition.

Paradigme de publication

Je modèle et remodèle annitrek.com depuis 2003, d’abord comme vitrine de mes activités professionnelles puis moyen d’expression. Vingt-deux ans plus tard le numérique a envahi nos vies. Mon pote dit que j’ai le cerveau sur une autoroute, j’établis des règles et m’y tiens farouchement, jusqu’à la catastrophe parfois. Où en suis-je avec le numérique ?

A futuristic robot holding a glowing orb in its hand, set against a dramatic mountain landscape at sunrise, with the text 'annitrek.com' overlaying the image.

La première règle veut que je ne publie que sur la vallée et sa région, c’est un trekking numérique en Anniviers comme son nom l’indique. A quelques rares exceptions vous ne trouverez rien d’ailleurs, pas d’orteils ni de spritz devant de lointaines plages, aucun paysage capable de concurrencer la Couronne Impériales et ses jaloux 4000. Ailleurs non

Après plusieurs essais j’ai adopté la suite Google, Androïd pour le mobile, YouTube pour le partage vidéo dont certaines monétisées, ma seule concession à la publicité. Ils sont avant-gardistes, leurs produits vont droit aux buts, la synchronisation est parfaite et le tout bien sécurisé. Comme j’aime pas les pubs je paie pour ces services. Navigateur Chrome, natel Pixel, Chromebook, suite bureautique en ligne sur GoogleDrive, du tout bon. Je déplore juste l’abandon sans pitié ni recours des produit peu rentables, Reader, Google+, et d’autres trucs sur lesquels on a perdu du temps. Google toujours oui

J’ai rapidement adopté Twitter, le petit oiseau bleu trop mignon et ses gazouillis qu’on pouvait implanter sur plein de pages consultables sans connection. J’y diffusais tous les matins d’hiver les mesures du vallon de Zinal. L’oiseau bleu est mort, enseveli sous un X noir que seuls les connectés peuvent consulter. J’ai gardé le compte comme poubelle à idées bizarres, il m’en passe tout plein. X-Or

Il m’a fallu du temps pour adopter Facebook et Instagram, ceux qui s’intéressaient savaient où trouver mes publications et le reste du monde on s’en fout. Le comité a ouvert des comptes pour l’association Ayer pour demain, c’était dans l’air du temps difficile d’y échapper, je m’en suis servi comme un gros voyeur. En 2021 j’ouvrais des pages annitrek sur les deux réseaux, avec toujours l’idée de ne publier que sur la vallée, je m’y suis tenu. Si je partage avec mes connaissances des bouts d’ailleurs et des morceaux de moi en goguette aux quatre vents, j’utilise les actus de WhatsApp très rarement. Je n’ai pas essayé d’autres réseaux; il y a une idée d’archivage dans mes publications, l’éphémère ne m’amuse pas. Pour l’actu locale rien de tel que Facebook, je consulte tous les matins après les journaux. Rester sur les réseaux oui

Mais il y a un gros problème. Les algorithmes à la con cachent les nouvelles des amis pour servir une daube truffée de pubs tirée d’une pseudo analyse de la navigation, ça va loin. Ces boîtes revendent les données pour encore plus de ciblage, on se retrouve à la fois client et produit. Quand on publie quelque chose de sympa qui a du succès dans tout le fond de vallée, c’est au final les pires bousilleurs de planète sans déontologie qui en profitent. A l’avenir, mes publications géniales seront pour annitrek et son blog avec juste un lien sur Meta pour piéger le surfer. Publier sur les réseaux non

Reste le tournant tech du jour, la généralisation de ce qu’on a baptisé IA certainement pour faire honneur à Morpheus. C’est bluffant d’efficacité et de facilité, niveau photo on fait en un prompt ce qui demandait des heures autrefois, je n’ai pas exploré les capacités en vidéo mais on va s’amuser. Les autres fonctions comme le résumé et l’analyse de documents sont aussi géniales, je reclasse mes docs pour les soumettre par sujet à Gemini, puis je cause à mes sources. Comme tous les outils à mesure qu’ils sont apparus je vais utiliser cette fameuse IA, mais pas pour rédiger. Le français permet toutes les subtilités, si je m’exprime c’est pas un machin qui dit. J’écouter volontiers Gemini Claude et autres, ils hallucinent moins que beaucoup d’humains et c’est plus facile à vérifier. Restera toujours le poème de fond, pour faire un prompt il faut de l’imagination. C’est la plus grande capacité humaine avec la Foi dit-on. Mon Dieu il me vient un doute, que ce passera-t-il si l’IA trouve la Foi avant nous, quelle montagne déplacera-t-elle ? Asimov n’est plus là pour spéculer. L’IA oui, non, peut-être

Tout orbite autour du sujet. La localisation c’est réglé, moyens et supports aussi, reste le sujet. Les relevés de neige précis drainaient 80% des lecteurs du blog, peu s’attardaient sur mes analyses et ma tendance à pondre des pavés, ce qui fait mal. Si je documente ma vie de cuniculiculteur avec moult images de lapinous, j’aurais à coup sûr plus de visiteurs qu’en philosophant sur la météo du val d’Anniviers. Les stats sont pour l’amateur une flatterie de l’ego aussi satisfaisant que les revenus YouTube pour Inoxtag. Vaut mieux savoir de quoi on parle quand on s’étale sur le web, je dois rester à mes sujets d’expertise, la météo, la pratique en sécurité des sports de neige, le sauvetage, la culture, l’histoire du pays. Comme d’habitude en gros, mais mieux, et selon ce que tisseront les Moires. Culture, nature, neige, sport oui, lapins non