Eté 2014

2014 – L’été des champignons

31.10.2014 – 20h30  Dès demain, les pages numérique annitrek focaliseront sur la neige. Tentons une synthèse de cet été mitigé; les données des derniers étés tirées de la station urssteiner.net sont affichées dans ces tableaux, 2014 fut bien le plus froid et le plus pluvieux des cinq derniers millésimes. Avec un record historique de pluviométrie pour juillet et un mois d’août tristounet. la situation s’inverse en octobre, le plus chaud et le moins pluvieux de la série, le quatrième depuis le début des mesures selon le bulletin climatologique de MétéoSuisse. Il manque les données d’octobre 2010.

Graphique des températures estivales moyennes et pluviométrie sur cinq ans à Grimentz, mesurées à 1550m, illustrant les variations de chaque été de 2010 à 2014.

Le tourisme, et les touristes, ont souffert de la météo; la saison est déjà courte pour les commerçants de montagne, alors quand le ciel ne coopère pas c’est vite la soupe à la grimace. Et pour avoir vu des groupes de randonneurs et de cyclistes arriver en station trempés et transis de froid, je crains que certains ne visent plus au sud l’été prochain. Pour ma part et comme affiché sur mes pages web, j’ai suspendu mes activités touristiques cet été pour assainir une propriété familiale, la météo est moins importante sur un chantier qu’en randonnée. Les principales manifestations de plein air, camp des Moyes, Sierre-Zinal et Grand Raid, ont été épargnées par les eaux.

La nature ne semble pas avoir souffert des conditions, l’herbe était abondante dans les alpages et une fenêtre météo providentielle du 14 au 19 juillet a permis d’effectuer la grosse partie de la fenaison. La plupart des espèces de champignons surabondent. Les prés et les alpages sont restés verts jusqu’au début octobre, le danger d’incendies n’a pas quitté le premier degré de tout l’été. C’est une année « à mougnettes », les pins d’arols produisent une grosse qantitié de pives remplies de graines commestibles. La limite supérieure des forêts, où ces arbres adaptés aux pires conditions luttent pour coloniser la montagne, est bruyamment animée par les casses-noix mouchetés et les écureuils qui profitent de cette manne. Quelques attaques fongiques sur les mélèzes et les épicéas ont été observés sur les versants les plus ombragés comme la forêt des Morasses. Il semble que la croissance annuelle des arbres est inhabituelle, il faudra attendre les coupes de l’été prochain pour confirmer. Comme l’an passé, la vendange des vignes anniviardes près de Sierre a été excellente en quantité et qualité, elle avait une à deux semaines d’avance sur 2013. A ce propos, ont m’a fait remarquer que j’annonçais une bonne vendange au bilan de l’été 2013 sur ce blog alors que tous les médias pleuraient un millésime catastrophique. La grêle avait ravagé les vignobles sur le plateau et sur le bas du canton, le Valais central n’avait pas été touché. De même cette année, la mouche suzuki a épargné les vignes situées sur l’adret sierrois. J’ai été marqué par la quantité inhabituelle de coquelicots, ils ont égayé les prairies (habituellement) sèches de mai à mi-octobre.

Un champ de coquelicots rouges et de fleurs blanches sur un chemin de montagne, avec des montagnes et des forêts en arrière-plan sous un ciel bleu partiellement nuageux.
Route de Nava le 28 juillet 2014.

Les rapaces se portent bien, merci pour eux; en tous cas trois couples d’aigles dans la vallée en amont de Vissoie et des immatures de passage, des buses, des éperviers et des faucons ont colonisé des territoires où je ne les avais jamais observés. Des couples de grands corbeaux se partagent tout le territoire. Notons que le lièvre réapparaît progressivement dans la forêt d’Ayer, mais on est loin de l’abondance des années 90. Les cervidés sont toujours nombreux voire envahissants, mais les chamois semblent décliner, pas encore de signe formel de la présence permanente de loups. Sauf dans les journaux…

Des docteurs nous font chaque automne des prévisions sur l’enneigement à venir, parmi leurs signes préférés les guêpes et les sorbes. L’abondance des premières est ou subjective, ou très régionale; les pompiers ont battu un record d’interventions pour éradiquer des nids alors que je n’ai dû en éliminer aucun aux Moyes ni à Zinal ce qui est rare. Plus qu’une augmentation du nombre de guêpes, j’y vois une baisse de courage de la population à affronter ce fragile mais piquant ennemi. Les sorbiers dont l’abondance de fruits serait un indicateur de l’enneigement à venir… sont vides! Et j’ai fait le tour du vallon pour l’affirmer, pas une sorbe cet automne à Zinal! Nous comparerons dans six mois l’enneigement avec la production des sorbiers, mais l’hiver des oiseaux sera long, qu’il neige ou pas.
Depuis cette année, les photos sont au format 16:9 et regroupées dans un album estival et un album hivernal sur la page annitrek sur Google+. Retrouvez l’album été 2014 au bout de ce lien.

Le pire juillet

Vue d'un paysage montagneux avec des nuages sombres, un chalet en bois au premier plan, et des arbres sur le côté.
Eclaircie sur le mayen des Moyes le 17 juillet 2015.

02.08.2014 – 11h30  On ne parle que d’elle, après avoir copieusement arrosé juillet, on compte déjà 8mm de pluie à Zinal pour la première journée d’août. On nous promet encore quelques litres d’ici au mercredi 6 où une amélioration est envisagée. La terre est gorgée, le réseau hydrique joue bien son rôle pour l’instant, seuls quelques petits talus ont cédé, aucune catastrophe à déplorer. J’attendais la fin du mois pour analyser les données régionales, MétéoSuisse n’a pas eu cette patience et publia une page intitulée Un mois de juillet pourri le 28 du mois. Ils referont certainement le travail avec les données complètes prochainement. Une chose est sûre, le Valais Central comme presque toute la Suisse a enregistré le juillet le plus pluvieux et le moins ensoleillé depuis l’établissement des mesures. La norme dans la région oscille entre 40 et 70mm de pluie, 1mm donne 1 litre par mètre carré. Que disent les stations de mesure de la région? Commencons par la station IFKIS (prévention des dangers naturels) de Tracuit et le vallon de Zinal :

Graphique des précipitations à Tracuit (2590 m) montrant les totaux de pluie (PSUM) et la quantité d'eau par précipitation (PSUM_E) entre juillet et août 2014.
PSUM = total des précipitations PSUM_E = quantité d’eau par précipitations.

236mm de pluie sont tombés tout au long du mois, 4 jours de suite sont restés secs et radieux du 15 au 18. Le 14 n’a subi que quelques pluies résiduelles, l’accalmie a duré jusqu’au 19 en fin d’après-midi quand un orage mit fin a la seule belle période du mois. A 1725m au village, la station amateur Annitrek enregistra 166.5mm, celle de Mottec 200mm à 1550m.

Une station automatique de qualité à Grimentz met ses informations a disposition sur internet, elle enregistra 183mm à 1550m. Pour la même période, la station IFKIS d’Orzival à 2600m affiche 236mm de précipitations.  Les précédents records à Grimentz de ces 63 dernières années pour juillet étaient de 166mm en 2007 et de 158mm en 1965. La norme de la station est de 40mm répartis sur 6 jours.

Voilà les chiffres pour notre région, ils pulvérisent les records! En mai 2013, nous craignions pour nos cours d’eau après un printemps exceptionnellement pluvieux, ces trois derniers hivers étaient enneigés au-delà de la moyenne. Nos glaciers se retirent, ils agonisent j’ose le mot.  Les questions climatiques, raillées il y a peu, provoquent maintenant un malaise général.

MétéoSuisse publie des actualités météorologiques précises et un premier Rapport climatologique juillet 2014 est en ligne. En farfouillant, j’ai trouvé ce fichier kml qui permet de visiter via GoogleEarth les stations automatiques du pays et d’accéder aux données en direct. MétéoSuisse est à la pointe! Une station météo est en construction à Pralong, espérons que les mesures seront publiques.

Dehors, il pleut par 13.5°. Le village de Mayoux fête aujourd’hui sa patronne, Notre-Dame des Neiges.