Bienvenue sur le blog qui a subi quelques transformations. Né en 2008 chez Blogger, je l’ai transféré en 2022 sur WordPress. La mise en page des publications s’est modifiée, ce que j’ai corrigé en 2025 sur 400 articles.

Une belle archive des conditions météo et d’enneigement, mais pas de mesures actualisées. Il faudra faire confiance aux infos officielles pifométriques sur InfoLive. Pour l’enneigement et le danger d’avalanche référez-vous au SLF, à MétéoSuisse pour la météo ils sont au top. Ce qui ne veut pas dire infaillibles, ça ne doit pas empêcher de réfléchir local dans notre vallée au climat si particulier.

Je conseille cette page pour les infrastructures de Zinal, les infos regroupées et lisibles. Mes publications restent centrées sur la météo, la neige et les phénomènes naturels en Anniviers. Merci, bonne visite de mon trek numérique !

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  • par annitrek.com le 21 août 2026 à 11 h 32 min

    Enfin de vraies précipitations emmenées par un front froid qui fera descendre le 0° vers 3000m. Il faut admettre que le vallon de Zinal n’a pas trop souffert de cet été caniculaire, la végétation est restée belle verte. Juin a dépassé la norme de 25mm, il ne manquait que 15mm en juillet, août passe au 21 les 30mm pour une norme à 93mm. Ajoutez la terrible fonte des glaciers, on a pas manqué d’eau.


  • Hiver 2020 – Conclusions

    Juin 2020 – Les hivers récents sont marqués par des températures clémentes et des épisodes brutaux, les contrastes influent rapidement sur un manteau neigeux difficile à appréhender. Quand les beaux jours, les apports de neige et les vacances s’ordonnent, le tourisme montagnard baronne. J’ignore si nos décideurs remarquent la coopération du ciel ces dernières saisons, ou s’ils s’attribuent les mérites d’une économie locale florissante. Pour résumer, il a fait froid en novembre pour produire la couche de fond artificielle, la neige est tombée pour Noël puis beau jusqu’à fin janvier, beaucoup de neige pour les vacances de carnaval, enfin un printemps radieux. Les stations battaient tous les records de fréquentation au début du confinement, mars et avril furent ensoleillés comme jamais avec un enneigement suffisant. Nous vivons des années de vaches grasses, le coronavirus a juste gâché la magnifique coopération du ciel au chiffre d’affaire des stations alpines. 

    Je constatais la première petite coulée sur les Gardes le 22 novembre, mais rien de sérieux en vue dans l’immensité du panorama. Le samedi 30, une skieur déclenchait une plaque artificielle dans la noire du Col en cours d’enneigement. Assez de neige pour ensevelir un malchanceux ou le coincer sur un canon en aval. J’eus été curieux des gesticulations juridiques en cas d’accident. Cet hiver encore nous n’avons que de légers incidents à déplorer dans le vallon, beaucoup d’émois peu de dégâts. La saison fut globalement facile à gérer au niveau des avalanches, les incidents sont arrivés dans la périphérie du domaine, loin des pistes que nous devons garantir. 

    Le secteur était fermé.

    Les responsabilités laissent peu de marge à l’exploitation qui ferme les installations dès que le vent dépasse les 60km/h; ce n’est pas le seul critère. Le samedi 14 décembre fut perturbé par des vents à plus de 130km/h, les remontées ferment. Les abonnements ne sont pas remboursés, les employés congédiés, leurs heures déduites. Nous avons vécu 5 tempêtes avec des vents à plus de 100km/h dont 3 à plus de 130km/h cette saison. La station ferme, un grand minage est indispensable même si les précipitations restent faibles, du travail et des soucis dont tous se passeraient. Les clients ne comprennent pas toujours que la situation sur le domaine skiable est bien plus venteuse qu’en vallée. Après les neiges de Noël, les températures ont pris l’ascenseur jusqu’à provoquer des avalanches de glissement le premier janvier déjà. L’ensoleillement de Sorebois en janvier modère le risque, mais de belles plaques menaçaient et se déclenchaient dans les pentes sud. Le yoyo des températures nous confronte désormais tout l’hiver aux problèmes printaniers. Janvier est resté beau et les explosifs au coffre jusqu’au 29, puis commença février et ses tempêtes qui apportèrent 135cm en 4 épisodes remarquables. 

    Le jour de la St-Valentin par grand beau temps et sous des températures plus qu’agréables un deltiste s’est pris dans la ligne de communication du Chiesso. L’évènement a évidemment fait le buzz, gâchant la journée d’une centaine de personnes bloquées sur la ligne pendant presque deux heures. L’imprudent n’était pas blessé, mais imaginez le même scénario par -15° avec une petite bise, on se plaignait déjà d’un froid insupportable sur les sièges et il faisait -1.2° par vent nul. La propension des amateurs de vol libre à frimer en rasant les pistes, les installations et les terrasses est responsable de nombreux problèmes.  

    Le ski hors-pistes et de randonnée sur le domaine skiable provoque son comptant d’accidents et de situations déplorables, les employés et les patrouilleurs n’ont pas l’autorité pour raisonner les utilisateurs de la montagne. Les zones de tranquillité du gibier en aval du domaine skiable peu respectées ne font qu’augmenter le sentiment de non-droit et d’anarchie autour des stations de ski.

    Fin janvier, la totalité du paysage observable était sillonné de traces de ski ou de raquettes. Le gibier autour des domaine est habitué aux skieurs; refoulés dans les forêts sauvages les adeptes de nature dérangent une faune farouche. Il eut été plus profitable de protéger de vastes zones sauvages que de petites région autour des domaines skiables. Mais bon… 

    Changement technologique important: des caméras et radars surveillent la montagne de Combe Durand jusqu’à la Lée. Les images sont stockées et nous pouvons reconstituer les événements, vérifier que personne ne parcours la montagne, ôter le doute sur certaines situations. Ces moyens complètent les Gazex qui sécurisent désormais la rive gauche. Des journalistes enquêtent et j’espère un beau reportage sur ces dispositifs que je ne manquerai pas de partager. Autre changement matériel important, le téléphérique a vécu sa dernière saison et laissera la place à un télécabine qui doublera au bas mot le débit de l’installation de base l’hiver 2021. C’est donc une des dernières mythiques « grosses queues de Zinal » que j’ai immortalisé par drone. Ce sera la photo de l’hiver 2020 :

    Le 28 février 2020 à 10h.

    Pour revenir à la météo et ses conséquences, nous avions 150cm de neige à Sorebois et 50cm à Zinal quand fut décrété le confinement le vendredi 13 mars. Une période printanière incroyable s’installa, avec des journées ensoleillées et des nuits assez fraîches pour maintenir et stabiliser la neige. Une montagne parfaite et fermée. Il fallut attendre les quatre derniers jours d’avril pour dépasser les 6m au cumul saisonnier, ce qui place l’enneigement du millésime bien au-dessus de la moyenne. 

    Pension de la Poste à Zinal, avril 2020.

    Comme ressenti et constaté, il a fait trop doux, le rapport climatologique Hiver 2019-2020 de MétéoSuisse proclame l’hiver le plus chaud depuis le début des mesures. On s’habitue… Comme je décris des hivers de six mois de novembre à avril, je partage également le rapport climatologique Printemps 2020 de MétéoSuisse, sur le podium des mesures  jusqu’à l’an prochain je suppose. Retrouvez au bout de ces liens l’album public Hiver 2020 et les feuilles de calcul pour Novembre 2019Décembre 2019Janvier 2020Février 2020Mars 2020Avril 2020.

    L’hiver 2020 fut parfait pour la pratique des sports d’hiver à Zinal, sans extrême météo. 620cm de neige, température minimale à 2900m de -17.7°, un peu plus d’agitation côté vents avec une rafale record à 137.5km/h. Parfait sans un certain vendredi 13…


  • La couche 2020

    La neige naturelle et les températures pour produire une base artificielle sont arrivées tôt, les entraînement débutèrent le 12 novembre sur l’arête de la Corne, les premières compétitions le 20. L’ouverture au public prévue le 16 fut déplacée au 23 novembre pour garantir des pistes de qualité. Décembre garantit un bon enneigement pour les vacances de fin d’année avec un magnifique minage le jour de Noël. La neige est mesurée à Sorebois 2500m sur un carré protégé de 9m de côté, le cumul en 24h est relevé tous les matins sur une planchette blanche. Le cumul de 620cm du 1er novembre au 30 avril place cet hiver au-dessus de la moyenne. Ces bons chiffres sont valables au-dessus de 2200m, en station les épisodes finissent souvent en pluie.

    Le cumul par quinzaines

    L’enneigement atteint son sommet la première quinzaine de mars pour s’effondrer ensuite sous les rayons d’un printemps précoce. Il n’y eut que quelques randonneurs pour apprécier ces excellentes conditions.

    L’évolution de la couche par quinzaines.

    03.11.2019 = 02 cm, 04.11.2019 = 04 cm, 05.11.2019 = 08 cm, 06.11.2019 = 05 cm, 08.11.2019 = 09 cm, 09.11.2019 = 10 cm, 15.11.2019 = 06 cm, 18.11.2019 = 06 cm, 28.11.2019 = 08 cm, 29.11.2019 = 08 cm, 30.11.2019 = 15 cm

    Total novembre = 81 cm

    02.12.2019 = 07 cm, 09.12.2019 = 04 cm, 10.12.2019 = 18 cm, 12.12.2019 = 09 cm, 13.12.2019 = 07 cm, 14.12.2019 = 32 cm, 21.12.2019 = 06 cm, 22.12.2019 = 08 cm, 23.12.2019 = 26 cm, 24.12.2019 = 31 cm, 25.12.2019 = 15 cm, 27.12.2019 = 12 cm, 28.12.2019 = 12 cm

    Total décembre = 187 cm

    18.01.2020 = 10 cm, 28.01.2020 = 12 cm, 29.01.2020 = 36 cm, 30.01.2020 = 14 cm, 31.01.2020 = 04 cm

    Total janvier = 78 cm

    03.02.2020 = 27 cm, 04.02.2020 = 11 cm, 5.02.2020 = 13 cm, 11.02.2020 = 08 cm, 12.02.2020 = 03 cm, 14.02.2020 = 19 cm, 18.02.2020 = 04 cm, 20.02.2020 = 07 cm, 26.02.2020 = 07 cm, 27.02.2020 = 15 cm, 28.02.2020 = 21 cm

    Total février = 135 cm

    01.03.2020 = 13 cm, 02.03.2020 = 10 cm, 03.03.2020 = 21 cm, 05.03.2020 = 09 cm, 06.03.2020 = 22 cm, 09.03.2020 = 05 cm, 11.03.2020 = 18 cm, 13.03.2020 = 08 cm, 30.03.2020 = 06 cm, 31.03.2020 = 03 cm

    Total mars = 115 cm

    27.04.2020 = 04 cm, 28.04.2020 = 04 cm, 29.04 2020 = 12 cm, 30.04.2020 = 04 cm

    Total avril = 24 cm

    Total hiver 2020 = 620 cm

     


  • Les records 2020

    La saison a battu plusieurs records de chaleur, et les extrêmes de températures ne sont pas descendus bien bas. La station SLF de Sorebois à 2890m mesure les températures et les rafales de ce palmarès.

    Les vents se sont montrés plus intéressants, rappelons que je ne retiens que la plus belle rafale de chaque épisode tempétueux. 

    Suivent : 124.6 km/h WNW 291° le 28.01.2020 à 06h30, 112.7 km/h SE 143° le 14.11.2019 à 23h30, 95.4 km/h SE 144° Le 23.11.2019 à 05h00


     


  • La nébulosité 2020

    Sur 182 jours observés, année bissextile oblige, 66 jours étaient parfaits, 53 jours étaient agréables avec une nébulosité jusqu’à 50%, 63 jours l’impression était mauvaise avec plus de 50% de nébulosité, dont 40 au ciel complètement bouché. J’estime la nébulosité entre 8h et 8h30 chaque matin à Sorebois, sur la webcam de la Vouarda en cas d’absence.

    Une saison bien équilibrée, des vacances de Noël enneigées suivies d’un beau mois de janvier. Mais le beau temps est réellement arrivé avec la fermeture des stations et le confinement la deuxième quinzaine de mars. Des week-ends ensoleillés et des périodes de pointe ponctuées de très belles journées. La saison avant sa fin abrupte dépassait tous les précédents records de fréquentation.


  • Le danger 2020

    Le SLF émit le premier bulletin d’avalanches le 13 novembre déjà, 170 jours sont observés jusqu’au 30 avril. 22 jours étaient placés le matin en degré 1 et l’après-midi en degré 2, au total on compte 27 jours en degré 1 faible, 82 jours en degré 2 limité, 56 jours en degré 3 marqué et 5 jours en degré 4 fort.

     Le millésime 2020 est assez similaire au précédent, décembre et février concentrent les journées dangereuses. En général, nous approuvions le pronostic du SLF à quelques grosses absurdités près, mais l’institution réagit rapidement et corrige les erreurs.


  • Avril 2020

    Les commerces sauf le supermarché fermés, des randonneurs au départ de Singlinaz, de nombreux pomeneurs, une neige en fonte rapide sous un ciel magnifique, avril ressemblait à mai. On connaît ici le semi-confinement, on le vit tous les creux quand touristes et saisonniers désertent. Depuis le 16 mars je n’ai plus accès à mon champ de mesures de Sorebois, j’ai envoyé six fois le drone photographier la règle, et me suis aligné aux mesures des sondes pour estimer la fonte journalière. Le résultat est précis sans atteindre l’exactitude habituelle. Nous avions 130cm à 2500m au début du mois, il n’en restait qu’une vingtaine en station, le cumul frôlait les six mètres. Les conditions sont restées parfaites, le ciel limpide, jusqu’à la date de fermeture des pistes. Un ciel couvert et un redoux le lundi 20 provoqua la première avalanche de la période sur les Gardes et la montée sur 3 du degré de danger; ils ne dormaient pas à Davos. Le 11 avril, impressionné par l’avancée du printemps, j’envoyais le drone faire un bilan du vallon.

    Le vallon de Zinal et Sorebois le 11 avril à 13h.

    La neige disparut de mon champ de mesures en station le 6, le 11 la fonte est bien engagée jusqu’à 2000m, les pentes sud sont libres jusqu’à 2800m, on pourrait facilement skier à Sorebois mais impossible déjà de descendre en station. A ce stade on peut qualifier de normal l’enneigement pour mi-avril. Vers 16h, le drone reprenait du service pour les pompiers, l’hôtel des Diablons brûlait. Les images spectaculaires appartiennent au service du feu qui m’a mandaté pour les faire, survoler ce genre d’événement est interdit. Vers 19h, le vent de montagne entraînait la fumées dans toute la vallée. 

    Le 11 avril à 19h30, la toiture de l’hôtel des Diablons flambe.

    Il fit un rien moins beau la fin du mois, mais les températures dépassaient allègrement les normes. Il fallut attendre le 27 pour recevoir les 4cm qui permirent au cumul de dépasser les six mètres, 20cm allaient s’ajouter les trois derniers jours d’avril. La situation nivologique est restée absolument neutre et calme pendant la durée de la crise du coronavirus. Je cessais mes mesures le 30 avril, il restait 72cm au jalon de Sorebois 2500m. Comme l’indique MétéoSuisse dans son bulletin climatologique avril 2020, avril fut parfait, beau, évidemment trop doux et beaucoup trop sec. Retrouvez les données résumées dans le tableau ci-dessous dans la feuille de calcul avril 2020.

    Cliquez pour agrandir.

  • Mars 2020

    Février fut le mois des tempêtes, mars devait être celui des giboulées pour se conformer aux dictons. Ce fut le cas la première semaine, nous avons trouvé tous les matins assez de neige fraîche pour effacer les traces de la veille, sauf le magnifique mercredi 4 entièrement voué à Phoebus. Un minage à skis suffit à sécuriser le domaine le 3, un grand minage avec peu de résultat secoua le vallon le 6. La météo est ensuite restée mitigée jusqu’au 11 quand 18cm supplémentaires nous renvoyèrent à la mine. Nous étions après ces épisodes sûrs d’une chose: nous aurions largement assez de neige pour terminer la saison quoi qu’il arrive. Ce fut le cas, je ne m’attarde pas ici sur le sujet de l’article précédent, tout s’est terminée abruptement le vendredi 13.

    Le Besso fait sa pub le 4 mars à 10h.

    Nous observions en début de mois dans le paysage de vastes plaques spontanées, toute la couche glissait avec des résultats parfois spectaculaires. Nous nous sommes alarmés quand des talus entiers se déchargeaient au passage de freeriders à proximité du domaine. Une couche humide surplombait directement les gobelets au contact du terrain. Si nous avons rapidement remédié au problème près des pistes, nous craignions pour les nombreux et totalement indisciplinés randonneurs. A ce niveau, on peut affirmer que le coronavirus a sauvé quelques vies.

    Les pentes ouest du Val des Arpettes le 12 mars, une cassure estimée à 2 mètres.

    Le 7 mars à 12h30, soit le lendemain d’un minage hélico décevant, une longue corniche céda au sommet des Gardes de Bordon. De gros panaches d’aérosols envahirent les Plats de la Lée ouverts, une branche déborda sur Singlinaz et sa poussière atteint la piste suscitant quelques émotions. Nous étions interloqués, le lendemain d’un grand minage..? Sur place, nous avons constaté que ce n’étaient que de petites coulées confinées dans les couloirs bien loin du domaine skiable, mais que la poudre en surface avait provoqué de spectaculaires nuages, la vogra des anciens. Ainsi la petite coulée de la photo ci-dessous photographiée à 2200m projeta son aérosol jusqu’en vallée 400m plus bas. La neige des autres couloirs resta sur les déversoirs de la Lée.

    Singlinaz au niveau de la Latta le 7 mars à 13h.

    Les pentes exposées au soleil sous 2500m furent rapidement purgées à skis ou avec des explosifs, les endroits délicats sur les routes du Chiesso et de la Latta ne devaient plus poser de problème. Restait le « couloir à Georgy » dont la partie basse s’était déclenchée en janvier. Un minage réduit le danger le 11, si bien que nous n’avions plus de crainte lors du redoux du 13, la piste de l’Aigle ouverte tardivement allait le rester pour… pas bien longtemps hélas.

    La route de la Forêt le 11 mars, juste assez pour décimer un petit groupe.

    Du semi-confinement entamé le 14 à la fin du mois, le soleil domina le ciel et les nuits furent assez découvertes et fraîches pour garder un manteau stable. Quelques nuages nous visitèrent en fin de mois, les conditions pour les loisirs en montagne restèrent parfaites, un gâchis intégral. Le bulletin climatologique mars 2020 montre un mois globalement anticyclonique avec des températures, comme désormais de routine, en dessus de la norme. Retrouvez toutes les mesures de mars résumées dans le tableau ci-dessous sur la feuille de calcul mars 2020.

    Cliquez pour agrandir.

  • Fin de saison abrupte

    24.03.2020  –  La décision est tombée le vendredi 13 mars, tous les domaines skiables du pays devaient fermer immédiatement pour éviter la propagation du coronavirus. Les employés des remontées mécaniques et de l’école de ski sont montés lundi 16 pour ranger le matériel de protection et de balisage. Nous avons délaissé un domaine skiable parfait avec 160cm de neige bien tassée au point de mesure à 2500m et 34cm en station à 1700m.

    Barrage à l’entrée des Plats de la Lée.

    Communiqué du service de sécurité de la commune d’Anniviers : Les chemins pédestres hivernaux, les sentiers raquettes, les rando parc ne sont plus ni sécurisés, ni surveillés. Les pistes de ski de fonds, par exemple les Plats de la Lée à Zinal, ne sont plus ni sécurisées ni entretenues, le balisage a été retiré, il en est de même pour les domaines skiables. Il est absolument nécessaire que les personnes qui souhaitent faire des randonnées en peau de phoque, raquettes, s’informent sur le danger d’avalanche. Ces personnes doivent connaitre le milieu alpin,  elles doivent avoir les connaissances suffisantes et le matériel adéquat. Ces sorties se font sur la base de la responsabilité individuelle de chacun.

    En clair, les règles de la haute montagne « libre » s’appliquent sur ce qui était le domaine skiable, les piste de ski de fond des Plats de la Lée, les chemins pédestres et raquettes.  Au-delà des barrages et sur tout le territoire, plus rien n’est fait pour protéger les itinéraires contre les dangers de la montagne. De plus, les hôpitaux étant saturés et le personnel soignant mis à rude contribution, il serait malvenu de mobiliser les moyens des systèmes sanitaire et de sauvetage pour une imprudence.  

    Depuis la fermeture générale du 14 mars, les conditions printanières sont, hélas, idéales pour la randonnée. Les hautes températures mouillent la neige la journée et le ciel nocturne dégagé fige le manteau. En-dessus de 2200m, la quantité de neige ne permet pas à l’humidité de pénétrer en profondeur, la masse reste stable. Jusqu’à 2600m, les pentes exposées au sud sont dégagées, souvent purgées par les minages près des domaines skiables. 

    Jusqu’en début d’après-midi, le danger d’avalanches maintenu sur deux limité dans la région est quasi nul. Aucune avalanche notable sur les Gardes de Bordon où seules quelques chutes de pierres ont attiré mon attention. J’ai cessé de publier les mesures le matin sur Twitter, vous pouvez les retrouver directement sur la feuille de calcul mars 2020 régulièrement mise à jour. Je surveille le jalon de Sorebois avec le drone, les autres mesures sont disponibles via des stations en ligne et la webcam de la Vouarda. Les cabanes de haute montagne sont fermées, y compris les locaux d’hiver dans bien des cas. A Tracuit par exemple, seul un local de secours pour les personnes blessées ou perdues sera accessible. 

    Le centre du domaine skiable fermé, le 18 mars à 10h. 

    Confiné dans mon mayen je ne peux me plaindre, le temps est un luxe dont je profite avec bonheur. Reste à digérer cet énorme gâchis, et à lever les doutes sur le traitement des employés saisonniers souvent négligés par le système. Le magasin du village est bien alimenté, aucun produit ne semble manquer, je souhaite aux anciens venus se réfugier dans leurs résidences secondaires un printemps doux et ensoleillé

    Si l’hiver rappelle son bon souvenir, Zinal et la montagne en général seront bien moins confortables. Retrouvez les pages internet officielles sur la gestion du coronavirus : la page de la confédération, celle du canton du Valais, et celle de la commune d’Anniviers, et daté de ce jour ce mot diffusé par Anniviers Tourisme.

    La Chine, l’Italie, le Tessin, un premier cas dans le Haut-Valais… J’ai vu arriver la crise avec une totale nonchalance, comme on regarde des informations lointaines au téléjournal. La décision de fermeture du domaine skiable m’a désarçonné. Dix jours plus tard le monde est à l’arrêt, même Trump commence tout doucement à entrevoir le problème malgré son système nerveux centralisé près des hanches. L’autorité élue a repris un pouvoir abandonné depuis longtemps à l’économie. Beaucoup l’avaient bien dit après coup, mais seul Bill Gates criait au loup sur les dangers d’une épidémie mondiale il y a quatre ans. L’humanité fait silence, les machines qui sillonnent et polluent la planète sont en pause. Seuls les chasseurs de l’armée s’en donnent à coeur joie depuis trois jours, histoire de détendre l’atmosphère je présume. Espérons que les hommes profitent de cette pause forcée pour réfléchir, et changer ce qui doit l’être.


  • Février 2020

    Février confirme sa réputation de mois des tempêtes, avec quatre événements remarquables. Différents organismes s’amusent à nommer les phénomènes atmosphériques, cette page wikipédia recense les tempêtes hivernales en Europe. Pour résumer, Petra nous a occupé les 3-4-5 avec une rafale à 133.9 km/h 321°, puis vint Ciara les 10-11-12 avec un record saisonnier à 137,5 km/h 315°, suivie de près par Ines dans la nuit du 13 au 14 et son modeste 109.1 km/h 290° qui n’entrera même pas dans le palmarès. Bianca clôt le mois avec un 124.6 km/h 304° le 27 à 20h. Comme les transports à câbles sont impactés dès 60 km/h, j’ai aussi recensé un 62.3 km/h 311° le 17, 67.3 km/h 280° le 20, 62.3 km/h 268° le 23. Saupoudrez les frasques d’Éole de quelques 135cm de neige pour comprendre les 8 minages dont 2 par hélicoptères et les 9 tirs de Gazex nécessaires pour sécuriser le vallon. Ce qui représente 1455kg de Tovex, et 471 explosions. Pour ceux qui aiment les chiffres… 

    Les vents à la Corne 2900m en février 2020. Cliquez pour agrandir.

    Ramenons le propos un peu plus à droite du cerveau; nous nous demandions après chaque tempête où se cachait la neige. Les arêtes et les bosses pelées par le vent laissaient une montagne à l’aspect dénudé, mais à y regarder plus près, des vallons avaient disparu, des pentes semblaient raccourcies. Les aspérités nivelées laissaient de grandes surfaces lisses à la place des terrains tourmentés. Comme nous minons au sommet des pentes, nos résultats restaient moyens. Nous avons dépassé le mètre au point de mesure le 3, Sorebois est toujours excellent à skier dès cette marque. En station à 1700m par contre, la couche oscillait autour des 30cm. Pour cause, malgré une météo dynamique, nous avons vécu le troisième février le plus doux depuis le début des mesures. La photo de Sorebois ci-dessous prise par drone le 9 montre déjà des pentes magnifiquement enneigées. Une dizaine de jours de beau temps bien répartis offrirent de belles vacances à la majorité. Les remontées ont fermé plusieurs jours de tempête, les stratèges semblent toutefois satisfaits de la fréquentation. 

    Sorebois le 9 février 2020. Cliquez pour agrandir.

    Au niveau des surprises, je retiens cette grosse plaque déclenchée à mi-pente sur les couloirs nord de l’arête de la Corne. La bombe a glissé, la cassure de plus d’un mètre et la quantité de neige déplacée sur ce secteur régulièrement skié m’ont laissé perplexe. Restait-il d’autres pièges similaires autour du domaine skiable?

    Les pentes nord de l’arête de la Corne le 5 février 2020. 

    Un ciel magnifique permit le minage des quelques 40cm bien soufflés de l’ultime coup de tabac du mois, Bianca, le 28 au matin. J’avais congé et me levais pour filmer les Gardes de Bordon, braqué sur l’avalanche de la Lée, ultime géante échappant aux purges des Gazex. Un résultat moyen mais les images sont belles. Comme la deuxième partie est prise de drone, sans le son, j’ai accompagnée le film d’une version libre de l’Apprenti Sorcier. A retrouver aussi sur YouTube, partage plus facile mais risque de pub.

    Pour résumer, un mois tempétueux avec deux épisodes dangereux au début et à la fin, entre-deux des vacances de carnaval à la météo satisfaisante, une neige magnifique,avec de petits apports réguliers. Des températures qui passent du coq à l’âne sans toucher d’extrêmes, -2.2° au plus chaud et -16° au plus frais à la Corne à 8h00. Retrouvez les mesures sur la feuille de calcul février 2020 que résume le tableau ci-dessous.

    Cliquez pour agrandir.

  • Enneigement 2000-2019

    Mesure du cumul de neige avec une règle verticale devant un paysage alpin enneigé.

    Mesures du cumul de neige à Sorebois 2500m, chaque saison d’hiver du 1er novembre au 30 avril :


    Hivers 1999-2000 à 2008-2009

    1999-2000 = 490 cm 2000-2001 = 580 cm

    2001-2002 = 415 cm 2002-2003 = 390 cm

    2003-2004 = 608 cm 2004-2005 = 435 cm

    2005-2006 = 560 cm 2006-2007 = 457 cm

    2007-2008 = 542 cm 2008-2009 = 677 cm

    Moyenne 2000-2009 = 515.4 cm

    Hivers 2009-2010 à 2018-2019

    2009-2010 = 422 cm 2010-2011 = 243 cm

    2011-2012 = 669 cm 2012-2013 = 731 cm

    2013-2014 = 502 cm 2014-2015 = 514 cm

    2015-2016 = 643 cm 2016-2017 = 411 cm   

    2017-2018 = 842 cm 2018-2019 = 608 cm

    Moyenne 2010-2019 = 558.5 cm

    Moyenne 2000-2019, 20 ans = 536.45 cm


  • Janvier 2020

    Après les dernières précipitations du 28 décembre, un temps ensoleillé et doux s’installait pour une longue période sur l’Europe centrale. Dans la continuité du troisième décembre le plus doux depuis le début des mesures, janvier se préparait à pulvériser les précédents records de chaleur. Nous entamions l’année avec une température positive à 2900m dès le matin, un peu plus tard dans la journée, je photographiais la première avalanche de glissement dans la zone exposée au sud du vallon d’Abondance à Bendolla.

    Le vallon d’abondance le 1er janvier à 10h20.

    Que dire de la suite? Nous avons bien ressenti quelques variations du mercure, avec un minima à -16.9° le 19 à 20h, et mesuré 10cm de neige fraîche le 18 au matin, mais le mois est resté terriblement ensoleillé, doux et sec jusqu’au 28. Le ciel dégagé permettait au manteau neigeux de serrer pendant la nuit, assurant une bonne stabilité de l’ensemble, les faces exposées au sud perdirent rapidement leur couverture jusqu’à 2700m. La neige vieillissante se transformait en profondeur, le 20 déjà la trentaine de cm en station n’était plus que gros sel et se skiait comme de la poudre. Un profil effectué par les répondants locaux du SLF le 24 janvier dans le secteur des Italiens montre une vingtaine de cm de gobelets surmontés d’une couche dominée par des grains à faces planes. Nous nous attendions à des déclenchements faciles au retour des précipitations. Je ne publie pas directement ce profil sous copyright du SLF, je contourne…

    Le 27 au matin, de magnifiques nuages lenticulaires sur le Weisshorn
    annonçaient la fin de la période anticyclonique.

    Dès le 26, enfin, le baromètre chuta et MétéoSuisse annonça le retour tant attendu des perturbations et des précipitations. Je mesurais les 12 premiers cm le 28 au matin, chiffre peu représentatif car troublé par des courants d’ouest qui culminèrent à 124km/h vers 6h du matin. Éole s’est mêlé de l’ensemble des mesures de la période, les quelques 60cm cumulés avant le grand minage du 30 sont néanmoins représentatifs de ce que nous avions sous les skis. Le danger monta rapidement en degré 3 dès les premières précipitations pour atteindre un 4 justifié le 29 suite aux 34cm bien tassés mesurables sur la planchette au matin. La couche à Sorebois dépassa le mètre, on trouvait encore plus de 40cm à Zinal malgré le gros réchauffement du 31. L’éclaircie du 30 permit de constater que la plupart des pentes s’étaient spontanément purgées pendant la tempête, le minage ne fut spectaculaire que sur les Gardes de Bordon où subsistaient de belles plaques déclenchées par hélico.

    Minage des Gardes de Bordon le 30 janvier 2020 au petit matin.

    La montagne est belle et nos jours agréables durant ces longues périodes ensoleillées et douces, mais la succession de records de douceur commence à faire sérieusement flipper. On ressort les travaux de James Hansen qui publiait dans les années 1980 un scénario de réchauffement hélas vérifié quarante années plus tard. Insuffisant pour que la majorité suffocante impose une certaine décence aux plus gros pollueurs. On retrouve une description de ce mois de janvier particulièrement doux et ensoleillé sur le blog de MétéoSuisse et le rapport climatologique janvier 2020 par la même institution interprète le même air sur une mélodie plus chiffrée. En suivant ce  lien vers la feuille de calcul janvier 2020 vous pouvez consulter les données résumées sur le diagramme ci-dessous.

    Janvier 2020 dans le vallon de Zinal. Cliquez dessus pour agrandir.

  • Décembre 2019

    Avec une trentaine de cm de neige à 2500m et des températures plus fraîches, les premiers jours de décembre inaugurèrent une certaine ambiance hivernale. Lundi 2 vers midi, les nuages se dissipaient lentement, les cristaux en suspension dans l’air donnaient au soleil un air d’improbable soucoupe volante de lumière. Une zone anticyclonique nous accompagna ensuite jusqu’au 9 du mois, quand une situation d’ouest entrouvrit l’espoir d’avoir quelques pistes naturelles à préparer pour Noël.

    Le soleil du lundi 2 décembre.

    Du 9 au 14, quelques 70cm de neige s’accumulèrent sur la planchette sous un régime d’ouest, qui tourna franchement nord-ouest avec force et régularité les deux derniers jours de l’épisode. La plus belle rafale atteint les 130km/h le 14 au matin, plaçant haut le record saisonnier provisoire. Ce jour-là, la station est restée fermée, nous avons tenté de monter au Col miner l’amont de la piste noire et, curieusement, les bombes glissaient jusqu’en fond de pente. C’est le machiniste qui déclencha la coulée en ouvrant la route en amont plus tard en soirée. Nous étions impressionnés par la taille et la neige déplacée par cette avalanche, qui traversa largement la piste et remplit la digue de protection du Chiesso. 

    Avalanche déclenchée par une machine le 14 en soirée.

    Je mesurais une cassure de 2m, la neige était homogène, fortement tassée et très dure ce qui explique le glissement des bombes. Lors de la tentative de minage sous des vents à 130km/h, nous estimions notre position. Par mauvaise visibilité, on se retrouve facilement en aval de la zone de rupture, il vaut mieux laisser une belle marge de sécurité. Dans cette tempête, un sauvetage eut été extrêmement compliqué voire impossible sans mettre en danger d’autres patrouilleurs. Le 15, un minage par hélico permit l’ouverture des derniers secteurs et des Plats de la Lée.

    La cassure perpendiculaire à la pente mesurait 200cm exactement.

    Suivit une semaine de foehn régulier, sans excès, sans soleil ni neige. Les arêtes et bosses exposées au vent du sud étaient pelées, la neige entassée dans les combes au fond des pentes. En observant le domaine de haut, on pouvait se demander où elle était passée. Dès le 21, un chapelet de perturbations d’ouest nous envoya la neige commandée au Père Noël. Au 28, j’avais mesuré 110cm de fraîche judicieusement tombée, à point pour ouvrir les dernières pistes avant la grosse semaine de vacances. 

    Les vents de décembre 2019 à la Corne de Sorebois 2900m.

    Ce sont deux périodes de précipitations entraînées par des courants du nord-ouest qui sauvèrent notre début de saison. Leur traitement nécessita un peu plus de 500kg d’explosifs et deux grands minages en hélico les 15 et 25. Les Gazex des Gardes de Bordon on purgé les pentes le 23, je consacrerai mon prochain article à cette installation. Nous avons entamé l’anticyclone de Noël avec une couche de 80cm à 2500m et de 40cm en station, vous pouvez retrouver toutes les données du vallon sur la feuille de calcul Décembre 2019. Je note que deux freeriders se sont fait paqueter dans des avalanches qu’ils avaient déclenché, bien équipés, ils furent sauvés par leurs camarades. Dans les deux cas, ils ont défloré des secteurs juste avant le passage de l’équipe de minage qui ne peut pas être partout. Les stations ont cartonné pendant les fêtes. Au niveau Suisse, ce mois fut un des décembres les plus chaud depuis le début des mesures selon le le bulletin climatologique décembre 2019.

    Décembre 2019, cliquez pour agrandir.