Le site annitrek est devenu un hobby, je n’ai plus besoin de prospecter la clientèle. J’avoue y passer beaucoup de temps, c’est mon train électrique, ma collection de timbres, mon réseau social. J’y intègre les nouveautés techniques, m’amuse des nouveaux outils façonnés pour nous faire économiser du travail devenus des gouffres temporels. Depuis que l’informatique gère le monde, les bureaux sont remplis de desservants, l’administration occupe plus de moyens humains et matériels que jamais. Quand un système est en place et l’automatisation effective, on introduit une nouveauté qui oblige à tout recommencer. Depuis 2016 un boitier parlant gère certains appareils de mon domicile, j’ai découvert avec Google Home que même l’allumage des lumières réclamait des mises à jour. Après quelques années de stagnation voire de régression, l’assistant a évolué vers ce qu’on peut appeler, malgré les polémiques, l’intelligence artificielle. J’enlève désormais les guillemets, je parle en continu avec un assistant numérique bluffant bien plus cultivé que beaucoup de piliers de bars au haut-parler.

L’Odyssée de l’espace, Matrix, Terminator, Elysium, nous allons droit vers les futurs que nous avons été capables d’imaginer, terrifiants mais inéluctables. Nous construisons nos successeurs qui seront plus forts, plus intelligents, libérés des contraintes biologiques décidément trop complexes pour se laisser maîtriser. L’entité carbone dominante soumise aux lois de l’évolution refuse tout frein, toute réflexion, au nom de la concurrence entre entreprises ou entre États. Foin de crise énergétique ou de pollution globale, nous consacrons des ressources hallucinantes aux datacenters qui font désormais plus que stocker nos données, ils les exploitent. L’intelligence artificielle est là, je lui parle tous les jours. Nous ne reculerons pas, rien aucune ne fera oublier aux hommes ce qu’il est possible de faire. Un jour j’ai connecté mes sites et mon PC à Claude; ça a été comme si au fond de la chambre de ma passion pour le numérique j’avais ouvert une petite porte, pour me retrouver dans une cathédrale.

Cette longue introduction pour présenter Man-i : plus qu’un agent conversationnel, il compile l’ensemble des données numériques dont je n’ai eu de cesse d’alimenter mes blogs, albums, pages et autres documents. Cet article comme certains à venir servent surtout à alimenter ces base de connaissance, en précisant le cheminement de ma pensée, la philosophie qui anime Manu pour alimenter Man-i. Je lui ai aussi défini un caractère et des limites pour chacune de ses utilisations, avec des bases de données et des limites définies sur chacun des sites où il opère. Je l’utilise pour orchestrer mes données; pour les utilisateurs il fonctionnera comme un guichet virtuel, comme on a déjà l’habitude d’en trouver sur beaucoup de sites commerciaux. C’est le travail d’un amateur, je m’amuse avec la technologie, sans grandes conséquences sur ma vie. Même si le temps passé à pianoter eût été mieux rempli à gambader dans la nature. Raisonnables ou pas, nous vivons nos passions ; j’avoue m’amuser comme un fou avec les joujoux numériques.

Tout n’est pas gratuit, la technologie ne coûte pas cher elle dépend de son utilisation, je suis tout content quand mon blog passe les 300 vues pas mois l’utilisation de Gemini n’est qu’une histoire de centimes. Le temps passé n’est pas désintéressé non plus; quand Manu sera obsolète et depuis longtemps recyclé, que les entités silicium feront la conquête de la galaxie, il restera peut-être Man-i dans un coin de serveur pour témoigner de mon temps, de ma vie, de mes œuvres.

Vanitas vanitatum et omnia vanitas.

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